Une entreprise stratégique pour la souveraineté chimique
Intégrée au groupe belge Tessenderlo, Kuhlmann Europe emploie 180 personnes, dont 150 en France, et prévoit un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros en 2025. Spécialiste de la chimie minérale, elle produit notamment du chlorure ferrique, de la javel et de la soude caustique, indispensables au traitement et à la purification de l’eau.
« Nous fabriquons deux des quinze molécules stratégiques pour la sécurité de l’Europe », rappelle Éric Delhuielle. En 2024, les volumes sortis de l’usine ont permis de traiter l’équivalent de quatre millions de piscines olympiques. Dans un secteur dominé par quelques acteurs mondiaux, Kuhlmann Europe fait figure d’exception : le seul industriel européen dédié exclusivement à la protection de l’eau.
Un anniversaire tourné vers les salariés
Le bicentenaire a été célébré en présence des collaborateurs et de leurs familles, mais aussi d’élus locaux. « Si Kuhlmann existe encore aujourd’hui, c’est grâce à ses salariés », a insisté le directeur. Le vice-président de la Région, Philippe Beauchamp, a salué « la persévérance » de l’entreprise, tandis que la maire de Loos, Anne Voituriez a mis en avant « le dialogue constant entre l’usine et la collectivité ».
Un actionnaire est venu compléter les hommages : « Ici, on se bat, on travaille, on construit ensemble. Cette énergie collective est notre plus grande force. Nous travaillons pour les générations futures. Soyez-en fiers. »
Héritage et innovations
De l’abandon de l’électrolyse au mercure en 2018 au développement de solutions contre les micropolluants, Kuhlmann Europe n’a cessé de se réinventer. « Frédéric Kuhlmann serait fier de voir son usine transformée en une entreprise durable et solide », confie Éric Delhuielle.
L’entreprise s’appuie sur cinq axes stratégiques : des équipes engagées, l’innovation technologique, une supply chain résiliente, une maîtrise des coûts et une croissance responsable. Déjà dotée d’une empreinte carbone quatre fois inférieure à celle de ses concurrents, elle vise une réduction supplémentaire de 42 % de ses émissions d’ici 2032.
Des investissements massifs pour l’avenir
L’année du bicentenaire marque aussi le lancement de grands chantiers à Loos : 55 millions d’euros seront injectés dans l’usine. Parmi eux, le renouvellement des colonnes de chloration (35 M€) pour augmenter la production de chlorure ferrique de 60 000 tonnes, ou encore la connexion au réseau électrique très haute tension (15,5 M€) prévue en 2027, gage de baisse d’empreinte carbone et d’indépendance énergétique. Une nouvelle voie interne viendra, elle, fluidifier la logistique et renforcer la sécurité.
Parallèlement, plus de 20 millions d’euros sont investis chaque année dans la recherche et l’innovation. Et l’entreprise dispose encore d’un potentiel de développement avec 15 hectares disponibles sur son site loossois.






































































