Martinez Zogo, « connu pour ses dénonciations de personnalités publiques », a été enlevé et assassiné en janvier 2023, rapporte Radio France Internationale (RFI). Il dirigeait la radio privée Amplitudes FM, où il animait l’émission Embouteillage, consacrée aux affaires publiques.
Sa disparition est signalée le 17 janvier 2023 et il est retrouvé mort le 21 janvier dans la banlieue de Yaoundé, capitale du Cameroun. « Son corps présentait des sévices physiques et sexuels choquants », rapporte le média Jeune Afrique. Sous la pression de l’opinion publique camerounaise et de plusieurs organisations internationales, le président du Cameroun, Paul Biya, a dû réagir. « J’appelle les autorités nationales à ne pas laisser ce crime impuni », déclare Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO. « Ils [les journalistes] méritent toute la protection nécessaire », ajoute-t-elle dans une tribune publiée sur le site de l’organisation.
Au cours de l’enquête, plusieurs personnalités publiques camerounaises ont été mises en cause, dont Justin Danwe, directeur des opérations à la Direction générale de la Recherche extérieure (DGRE). Il est présenté par DW comme un intermédiaire entre les ravisseurs et les commanditaires.
« Si le tribunal s’appuie sur ce rapport, il aura déjà fait 98 % du travail »
L’audience de lundi a été consacrée à l’intervention du professeur Georges Bell Bitjocka, expert en sécurité informatique et en cybercriminalité. Au cours de l’enquête, il a été chargé d’analyser les conversations téléphoniques entre le commando soupçonné d’avoir enlevé et assassiné le journaliste et les commanditaires présumés. Son expertise a notamment permis d’établir un lien entre Justin Danwe et Godje Oumarou, membre présumé du commando.
Lors de l’analyse du téléphone de Godje Oumarou, l’expert a découvert des vidéos montrant la torture de Martinez Zogo. « Juste à la fin de la vidéo, j’ai tourné la tête », déclare l’avocat d’Amplitudes FM. « Émotionnellement, c’est très, très fort », ajoute-t-il. Selon RFI, « plusieurs personnes étaient en larmes au moment de la diffusion », témoignant de la violence des images. « Le procès a pris un nouveau tournant », estime l’avocat de l’État du Cameroun.
L’expert en cybercriminalité reconnaît lui aussi l’importance de son travail : « Si le tribunal s’appuie sur ce rapport, il aura déjà fait 98 % du travail. »







































































