Insultes, défiance et parfois violences physiques : les équipes de reportage disent subir directement les conséquences des polémiques qui entourent leur antenne. « On subit ce qu’il se dit en plateau », résume le journaliste. La situation est telle que les reporters doivent désormais être accompagnés par des agents de sécurité. Certains apparaissent anonymisés à l’écran et les logos BFMTV ont même disparu des micros pour éviter d’être identifiés.
Pour Igor Sahiri, cette hostilité ne date pas d’hier. Apparue dès le mouvement des Gilets jaunes, elle se serait accentuée ces dernières semaines. Il évoque notamment l’incident survenu à Trappes, où deux journalistes de la chaîne ont dû être exfiltrées lors d’un hommage aux victimes d’un attentat raciste. Une scène particulièrement éprouvante pour le grand reporter, qui redoute une escalade des violences. « Il reste six mois de campagne, c’est long, ça va finir par un drame. On a peur d’un drame en réalité », confie-t-il, visiblement ému.
Mais au-delà de l’insécurité sur le terrain, c’est aussi la ligne éditoriale de BFMTV qui suscite des interrogations en interne. Le journaliste reconnaît que certaines critiques adressées à la chaîne sont « justes », notamment lorsque des propos controversés tenus par des invités ne sont pas suffisamment repris ou contestés à l’antenne. Il refuse toutefois de réduire le travail de la rédaction à ces dérives.
Des prises de parole insuffisamment encadrées.
L’arrivée de Sonia Mabrouk, fin août, cristallise également les tensions. « Elle cristallise la haine à l’extérieur de BFMTV », estime Igor Sahiri, reconnaissant que certains journalistes s’interrogent sur ce choix. La présentatrice défend, de son côté, l’équilibre de ses plateaux.
Ce malaise a pris une nouvelle dimension avec la publication d’un courrier signé par plus de 160 techniciens de la chaîne. Ils alertent la direction sur une « lente dérive idéologique » de l’antenne et dénoncent des prises de parole qu’ils jugent insuffisamment encadrées.
Entre contestation de sa ligne éditoriale et mise en danger de ses reporters, BFMTV se retrouve ainsi confrontée à une crise qui dépasse largement les débats de plateau.
Par Faouzia A A









































































