Selon ce baromètre, 61 % des Français pensent qu’il faut se méfier de ce que disent les médias sur les grands sujets d’actualités, contre 31 % de Français qui estiment pouvoir faire confiance. Une majorité presque écrasante pour les sceptiques, qui met en lumière plusieurs tendances, la première étant la fatigue des médias.
La même étude révèle que 82 % des Français déclarent éprouver une forme de fatigue, voire de rejet, à l’égard de l’actualité, dont 51 % de manière fréquente. Ce sentiment de lassitude s’explique à la fois par la perception d’une répétition des thèmes abordés dans les médias (44 %) et par une angoisse ou un sentiment d’impuissance de plus en plus marqués face aux informations (41 %).
Un autre ressenti largement partagé par les Français concerne l’exposition fréquente aux fausses informations. Celle-ci se manifeste principalement sur les réseaux sociaux (53 %, soit une hausse de 4 points par rapport à novembre 2023), mais également à la télévision (45 %, +9 points) ainsi que sur les sites internet et applications de la presse nationale (35 %, +6 points).
Les médias régionaux sont populaires, mais souvent attaqués
Le baromètre La Croix–Verian–La Poste met en lumière un véritable paradoxe. La presse quotidienne et hebdomadaire régionale, qu’elle soit diffusée sur papier, en ligne ou via les réseaux sociaux, demeure l’un des médias les plus consultés et les plus crédibles aux yeux des Français.
72 % déclarent y recourir régulièrement pour s’informer sur l’actualité. Seules les chaînes d’information en continu, consultées par 76 % des Français, et les journaux d’information, plébiscités par 85 % d’entre eux, enregistrent des niveaux de consommation supérieurs.
Pourtant, les journalistes de ces médias régionaux sont devenues des cibles sur le terrain. Par exemple, à Tours quatre agressions de journalistes ont eu lieu en seulement trois mois. D’abord, une équipe de Val de Loire TV a été agressée en octobre alors qu’elle couvrait une manifestation. Ensuite, la radio Ici Touraine a été la cible de menaces émanant d’un boucher des Halles, irrité par un article consacré au Pot-au-Feu géant. Et le huit janvier dernier, deux nouveaux faits préoccupants portant atteinte à la liberté de la presse se sont succédé à Tours, en marge des manifestations d’agriculteurs. Des journalistes de la radio Ici Touraine ont été insultés et intimidés, une plainte a été déposée. La confiance du public ne protège pas les reporters.
Vers un label des médias sur internet ?
Mi-novembre, le Président Emmanuel Macron avait affirmer vouloir intervenir au sujet des fake news et des médias frauduleux, notamment sur les réseaux sociaux. Il avait évoqué un label, porté par des « professionnels des médias », dans le but de « distinguer les réseaux et les sites qui font de l’argent avec de la pub personnalisée, et les réseaux et les sites d’informations ».
Et d’après le baromètre, six Français sur dix sont favorables à cette idée. Ce label pourrait permettre de lutter contre la désinformation, de renforcer la confiance des Français dans les médias, et rendre les pratiques journalistiques plus transparentes et accessibles. Il est toutefois significatif que seuls 35 % des Français estiment que cette initiative ferait peser une menace sur la liberté de la presse.
En parallèle, les médias du groupe du milliardaire Vincent Bolloré, relayés par des responsables de la droite et de l’extrême droite, accusent Emmanuel Macron de vouloir instaurer un « ministère de la Vérité », évoquant une supposée « dérive totalitaire » ou une « tentation autoritaire







































































