Deux siècles du Figaro : les moments qui ont façonné le journal

, par redaction@clubdelapressenpdc.fr

Pour fêter cet anniversaire historique, Le Figaro organise une exposition du 14 au 16 janvier à Paris, au Grand palais. L’occasion pour les visiteurs de re-découvrir des Unes, des portraits et des dessins de presse parus dans le journal.

Selon l’historienne Claire Blandin, dans un article publié sur le site de l’INA, le premier numéro du Figaro paraît en 1826, en pleine Restauration, période où la presse politique est étroitement surveillée. Pour contourner la censure, Maurice Alhoy, chansonnier, et Étienne Arago, romancier, créent un journal satirique et humoristique, qu’ils baptisent Le Figaro, en hommage au valet de Beaumarchais, défenseur de la liberté de la presse. Pour se protéger, ils signent leurs articles avec des noms de personnages de la pièce et commentent l’actualité à travers de courtes saynètes. Les débuts du journal restent instables : il naît et disparaît à plusieurs reprises pendant près de trente ans, sans jamais renier sa ligne éditoriale.

Le Figaro relancé : du journal politique au quotidien des loisirs parisiens

Le 2 décembre 1852, l’instauration du Second Empire renforce strictement le contrôle de la presse. Dans ce contexte contraignant, Hippolyte de Villemessant tente un pari audacieux : relancer Le Figaro. Après plusieurs échecs éditoriaux, l’homme d’affaires transforme le journal en hebdomadaire mondain destiné à un public aisé. Écartant la politique pour contourner les taxes, Le Figaro se consacre aux loisirs parisiens et publie, le 4 juin 1854, son premier grand reportage lors de l’inauguration d’une ligne de chemin de fer au départ de Paris.

Pierre Brisson orchestre le retour clandestin du Figaro pendant la Libération

Dès 1943, Pierre Brisson prépare clandestinement le retour du Figaro. Sous une fausse identité, il franchit la ligne de démarcation, entretient les réseaux intellectuels de la Résistance et anticipe la reprise du journal. Promesse faite aux abonnés dès 1942, le Figaro reparaît le 23 août 1944, en pleine bataille de Paris, dans un premier numéro non signé. Après la Libération, les ordonnances du Gouvernement provisoire officialisent sa reparution, ouvrant une nouvelle ère sous la direction de Brisson, marquée par l’influence de François Mauriac.

1946 : un nouveau chapitre avec le Figaro littéraire

Le 23 mars 1946, Le Figaro franchit une étape clé avec la parution du premier Figaro littéraire indépendant, vendu séparément du quotidien. D’abord intitulé Le Littéraire, faute d’autorisation officielle, l’hebdomadaire affirme la volonté de Pierre Brisson et de son équipe de donner à la littérature une place centrale dans le paysage intellectuel de la Libération. Refusant l’engagement militant prôné par d’autres revues, le journal privilégie une approche littéraire ouverte, accueillant les grandes voix des lettres françaises. Au début des années 1960, sous la direction de Michel Droit, il élargit son champ éditorial et amorce son évolution vers le magazine.

Robert Hersant prend les rênes du Figaro et restructure la rédaction

En 1975, Le Figaro est racheté par Robert Hersant, qui complète ainsi la construction de son empire de presse. Cette reprise provoque une vive crise interne et le départ de nombreux journalistes, inquiets des orientations du nouveau propriétaire. Malgré les tensions, Hersant parvient à restructurer la rédaction. Le quotidien quitte alors les Champs-Élysées pour s’installer rue du Louvre, dans l’ancien immeuble de Paris-Soir.

Madame Figaro, l’extension féminine du Figaro

À la fin des années 1970, Robert Hersant engage une diversification du Figaro avec le lancement de suppléments au format magazine, destinés à séduire annonceurs et lectorat aisé. En 1978 naît Le Figaro Magazine, porté par Louis Pauwels, puis Madame Figaro en 1980, dirigé par Marie-Claire Pauwels. Cette stratégie inscrit le quotidien dans un mouvement plus large de spécialisation de la presse généraliste.

Le Figaro se réinvente avec une nouvelle formule

Après le rachat de la Socpresse, ancien groupe de Robert Hersant, et son déménagement boulevard Haussmann en 2004, Le Figaro lance une nouvelle formule destinée à enrayer la baisse des ventes. Le quotidien adopte alors un format plus maniable et une organisation en trois cahiers thématiques, confirmant l’importance de l’« art de vivre » dans sa ligne éditoriale.

Le Figaro accélère sa transformation numérique avec FigaroVox et CCM Benchmark

En février 2014, Le Figaro lance FigaroVox, un espace de débats d’idées visant à suivre et commenter l’actualité politique, économique et sociétale relayée sur les réseaux sociaux. L’année suivante, le journal renforce sa présence numérique avec une offre premium et l’acquisition du groupe CCM Benchmark, propriétaire de sites populaires comme Commentcamarche et Le Journal du Net.


 

 

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