Invité du Club de la presse des Hauts-de-France, Gilles Van Kote est venu présenter la 10e édition du Festival international du journalisme, organisée du 10 au 12 juillet à Couthures-sur-Garonne. Une rencontre placée sous le signe de l’éducation aux médias, dans un contexte de défiance croissante envers l’information.
Pendant trois jours, le village de Couthures-sur-Garonne accueillera journalistes, professionnels des médias et visiteurs venus débattre de l’actualité et des métiers de l’information. Créé en 2016, le Festival international du journalisme fête cette année sa 10e édition. Partenaire de l’événement depuis 2018, le groupe Le Monde en a repris l’organisation après les difficultés financières rencontrées par sa fondatrice.
« Nous n’étions pas destinés à reprendre le festival, mais nous avons saisi cette opportunité, car il est essentiel de favoriser les échanges entre journalistes, professionnels des médias et citoyens », explique Gilles Van Kote. Le président du festival souligne l’importance de cette manifestation, qui permet aux « amateurs d’information de rencontrer de grands professionnels et de mieux comprendre les enjeux de l’actualité ».
Le cadre de Couthures-sur-Garonne participe également au succès du rendez-vous. Certains festivaliers reviennent chaque année, parfois en famille ou entre amis. Gilles Van Kote évoque même « un couple venu accompagné de seize personnes » lors d’une précédente édition.
L’intelligence artificielle au cœur des débats
Cette année, les questions liées à l’immigration, le #MeToo, les difficultés rencontrées par les journalistes dans certains pays, ou encore l’IA feront parties des 7 thèmes qui seront traités.
Interrogé sur la gestion de l’Intelligence artificielle dans le monde du journalisme, Gilles Van Kote a expliqué qu’une charte de déontologie détaille les contours pour « Le Monde ». « Nous nous interdisons, dit-t-il, de publier des contenus éditoriaux à partir de l’IA. Celle-ci peut-être un outils d’assistance, mais nous nous engageons à signaler qu’on l’utilise à tel endroit ». Tout est d’ailleurs expliqué aux lecteurs du Monde, sur son site internet et dans la rubrique ’’Le Monde et Vous’’. » En clair, les journalistes de la rédaction peuvent utiliser des outils de traduction ou de vérification mais en le signalant aux lecteurs. Néanmoins, malgré l’importance que prend l’IA, Gilles Van Kote ne croit pas à une disparition des journalistes. Selon lui, « l’IA comme ChatGPT ne sait pas faire du travail de terrain et n’est pas totalement fiable ».
Grands noms du journalisme et des médias
Au total, 150 invités participeront à plus de 200 rendez-vous destinés à explorer l’actualité, comprendre le fonctionnement des médias et interroger les grands enjeux contemporains. Journalistes, experts, chercheurs, enseignants, députés, historiens, écrivains, avocats, lanceurs d’alerte ou encore dessinateurs échangeront avec le public tout au long du festival. C’est un événement qui ne s’adresse pas seulement aux professionnels, mais aussi aux étudiants et au grand public, « il a une valeur citoyenne » souligne son président .
« En plus de plusieurs journalistes du groupe Le Monde, parmi les invités annoncés figurent ; Titiou Lecoq l’autrice de plusieurs essais féministes, la députée écologiste Sandrine Rousseau, qui participera à un débat face à Frédéric Beigbeder, le directeur général du quotidien Le Figaro (le journal fête ses 200 ans), ainsi que le prix Nobel de la paix 2021 Dmitri Mouratov, rédacteur en chef du journal russe Novaïa Gazeta et invité d’honneur de cette édition », annonce Gilles Van Kote.
Le directeur délégué du Monde a également confirmé la venue de Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission d’enquête sur l’audiovisuel. Il estime le député Horizons « légitime pour participer à ce débat », contrairement au rapporteur Charles Alloncle, dont il juge les intentions davantage politiques que centrées sur l’avenir du service public.
Samedi, pour célébrer la 10e édition du festival, le président précise que la soirée sera animée par Charline Vanhoenacker, journaliste et humoriste belge de radio en France, déjà présente lors de l’édition 2021.
Un engagement fort pour l’éducation aux médias
Président de l’association Entre les lignes, Gilles Van Kote, qui rencontrait le jour même près de 200 élèves dans le cadre du concours de journaux scolaires Médiatiks, a enfin insisté sur la nécessité de renforcer l’éducation aux médias auprès des jeunes générations.
Il regrette que l’ Éducation nationale ne sensibilise pas assez aux dangers des réseaux sociaux et d’Internet. Pour cela, l’association organise chaque année des centaines d’ateliers dans les établissements scolaires avec des bénévoles. Pour Gilles Van Kote, il est « essentiel d’expliquer le métier de journaliste aux futures générations, dans une période où les médias sont régulièrement remis en cause ». Exemple d’application : il a appliqué ses dires en participant, l’après-midi même, à un atelier avec de jeunes élèves, en marge de la remise des Prix Médiatiks 2026, au Forum des Sciences de Villeneuve-d’Ascq.







































































