Interrogée mercredi 9 septembre par la médiatrice de France Inter, la directrice Céline Pigalle a affirmé qu’il n’était pas question pour elle de revenir sur son choix. Elle souligne avoir recruté Charles Sapin alors qu’il était encore journaliste au Point. Ce n’est qu’après ce recrutement, explique-t-elle, qu’il a été embauché par « Valeurs Actuelles », le magazine d’extrême droite dont le milliardaire Pierre-Édouard Stérin est l’un des trois nouveaux propriétaires.
Charles Sapin affirme que sa mission, au sein de « Valeurs Actuelles », serait de changer la ligne éditoriale. Avec Pierre-Édouard Stérin, une telle mission semble peu réaliste. Comme le rappelle Lionel Thomson, journaliste à France Inter et membre du SNJ CGT de Radio France, le milliardaire affiche un « clair agenda d’extrême droite ». Par ailleurs, poursuit-il dans les colonnes de l’Humanité de ce lundi 14 septembre, « Valeurs Actuelles n’est pas seulement un journal problématique ’’par le passé’’. C’est un journal d’extrême droite qui continue de publier des articles déontologiquement inacceptables. » « Valeur Actuelles » a été condamné à plusieurs reprises pour injures à caractère raciste (on se souvient du dessin de Danièle Obono représentée en esclave), provocation à la haine raciale et diffamation.
Samedi 12 septembre, dans « Le Parisien », 300 artistes ont signé une tribune de soutien à la mobilisation contre l’éditorial de Charles Sapin. C’est bien l’appartenance de ce dernier à « Valeurs Actuelles » (et non le contenu de ses derniers éditoriaux) qui font l’objet de la colère des syndicats et des salariés. Les auditeurs ont également été nombreux à protester.
La direction de France Inter campe néanmoins sur ses posistions. Céline Pigalle répète avoir confiance en sa nouvelle recrue et se défend en invoquant le pluralisme à l’approche de la campagne présidentielle. Les grévistes voient dans ce recrutement un dangereux penchant vers une banalisation des idées d’exrême droite et une capitulation après le rapport parlementaire du député UDR Charles Alloncle. On sait par ailleurs que « Valeurs Actuelles » n’a pas ménagé ses critiques contre le service public de l’audiovisuel.
Ph. A






































































