« J’avais mon sac photo, ma pochette contenant mon passeport et mon téléphone, suspendue à une corde autour de mon cou. Ils me l’ont arrachée, ils m’ont arraché mes appareils photo, ils ont déchiré mon sac et ils ont continué à me donner des coups de pied », raconte-t-elle à CNN.
Selon le HuffPost, la photojournaliste a été agressée alors qu’elle couvrait des violences visant des agriculteurs palestiniens pendant la récolte des olives. « J’ai vu plus de 50 hommes masqués », armés de bâtons et de barres de fer, « et puis, d’un coup, ils m’ont attaquée », poursuit Heidi Levine. « Ils ont essayé de me mettre debout, juste pour me faire retomber et continuer à me donner des coups de pied. »
Au moment de l’attaque, elle portait un gilet pare-balles sur lequel figurait la mention « PRESSE ». Habituée à couvrir les conflits au Moyen-Orient, la journaliste travaille dans la région depuis plusieurs décennies. « C’était de la folie pure et simple, et je n’ai vu personne intervenir », témoigne-t-elle.
Transportée à l’hôpital Beilinson, à Petah Tikva, en Israël, Heidi Levine souffre de quatre vertèbres fracturées et doit subir une intervention chirurgicale.
Le bureau de Benjamin Netanyahu renvoie la responsabilité aux Palestiniens
« L’enquête doit établir les faits, notamment déterminer qui a déclenché les hostilités », a déclaré le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, dans un communiqué.
Le communiqué ne mentionne pas explicitement les colons israéliens. Il évoque plutôt « une quarantaine de jeunes Israéliens » confrontés à « quelque 200 Arabes et militants d’extrême gauche ». Le terme « Arabes », employé dans cette déclaration, désigne ici les Palestiniens.
De son côté, l’armée israélienne a confirmé qu’une « journaliste avait été blessée ». La police israélienne a ouvert une enquête.
L’attaque a également suscité des réactions politiques en Israël. Gadi Eisenkot, principal rival électoral de Benjamin Netanyahu, a dénoncé un « terrorisme juif, sous les auspices du gouvernement ». Le président Isaac Herzog a, de son côté, qualifié l’agression contre Heidi Levine de « scandaleuse et choquante ».
Les organisations de défense de la presse dénoncent l’agression
L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a réagi en dénonçant une « violence décomplexée », qui « témoigne de l’impunité dans laquelle agissent les colons juifs extrémistes, bien souvent sous la protection des forces armées israéliennes ».
Le Washington Post, pour lequel travaille Heidi Levine, s’est également dit « indigné par cette attaque injustifiée contre une journaliste qui faisait son travail ».
Début octobre 2026, Jaafar Ashtiyeh, photographe de l’Agence France-Presse (AFP), avait lui aussi été roué de coups par des colons israéliens en Cisjordanie occupée. Ces agressions s’inscrivent dans un contexte de violences persistantes contre les Palestiniens et les professionnels des médias dans le territoire, depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023.
Par : Juliette Carlier






































































