Dans la nuit du lundi 11 août, plus de 130 personnes se sont rassemblées sur la Grand-Place de Lille pour participer à une veillée en hommage aux six journalistes tués dans la nuit de dimanche à lundi par l’armée israélienne à Gaza. Les participants, réunis en cercle autour de bougies formant le mot « Gaza », ont également appelé à un cessez-le-feu et rappelé que « le journalisme n’est pas un crime ».
Selon Reporters sans frontières (RSF), cinq des journalistes tués travaillaient pour la chaîne Al Jazeera, basée au Qatar. Parmi eux figurait Anas al-Sharif, 28 ans, reporter connu du public, que l’armée israélienne a reconnu avoir ciblé, le qualifiant de « terroriste » se « faisant passer pour un journaliste ». La sixième victime était un journaliste indépendant ne travaillant pas pour Al Jazeera. Trois autres journalistes indépendants ont été blessés.
Interrogé sur franceinfo, Thibaut Bruttin, directeur général de RSF, a dénoncé « un maquillage grossier pour tenter d’éliminer des journalistes qui dérangent ». Selon lui, « nous sommes face à des forces armées israéliennes qui ne se cachent pas, qui n’évoquent pas de bavure ou d’erreur. Ce sont des assassinats ciblés de journalistes pourtant clairement identifiés, connus et reconnus dans la profession ».
Il estime que les accusations de l’armée israélienne à l’encontre d’Anas al-Sharif visent à « délégitimer les journalistes palestiniens auprès de l’opinion publique internationale » et donnent « une sorte de permis de tuer » à ses forces armées. « À plusieurs reprises, elles nous ont présenté de prétendues preuves, complètement fabriquées ou invérifiables », ajoute-t-il.
Anas al-Sharif « était, depuis le début du conflit, l’une des figures montantes d’Al Jazeera. Il a fait preuve d’une résilience, d’un courage et d’une énergie hors normes qui ont conquis les téléspectateurs. Quelles que soient les accusations, l’engagement et le temps qu’il a consacrés à ce métier font honneur à la profession », souligne Thibaut Bruttin.
Al Jazeera a condamné « l’assassinat ciblé » de ses correspondants Anas al-Sharif et Mohammed Qraiqea, ainsi que des photographes Ibrahim al-Thaher et Mohamed Nofal, par les forces israéliennes.
Thibaut Bruttin rappelle enfin que « les journalistes sont des civils, et les civils doivent être protégés dans les conflits armés. De nombreuses résolutions de l’ONU vont dans ce sens. Ils ne devraient pas être pris pour cibles ».









































































