Plus de 20 minutes de tension. Sur le plateau de Franceinfo mercredi 28 octobre 2026, trois protagonistes : Simon Le Baron et Audrey Tison, deux journalistes du service public, et Sarah Knafo, eurodéputée Reconquête. D’après Libération, et 20 Minutes, il a suffit d’une question évoquant les multiples condamnations pour incitation à la haine d’Eric Zemmour, président du parti Reconquête, pour que l’interview devienne ingérable. L’eurodéputée coupe la parole, répond aux journalistes par des questions, refuse de répondre aux questions… Malgré les tentatives de Simon Le Baron de recentrer l’interview, l’exercice se révèle impossible, « madame Knafo, ce n’est pas vous qui imposez les règles », a notamment répété le journaliste face à l’attitude de la femme politique.
« Les deux journalistes ont fait face à une invitée qui n’est pas venue pour répondre à leurs questions, mais pour dénigrer et délégitimer l’audiovisuel public. […] Pendant près d’une demi-heure, Sarah Knafo a refusé de se plier à l’exercice démocratique de l’interview journalistique », déplore la Société des Journalistes (SDJ) de Radio France. Rappelant que le travail et le « respect des règles déontologiques » de Simon Le Baron et Audrey Tison « sont irréprochables ».
La direction de Radio France a aussi pris la défense de ses employés : « Nous condamnons avec la plus grande fermeté les attaques, les menaces ou les tentatives d’intimidation dont nos journalistes font l’objet sur les réseaux sociaux ».
Les journalistes victimes de cyberharcèlement
Juste après l’interview, Sarah Knafo s’est empressée de poster ses ressentis sur les réseaux sociaux. Au total, neuf messages à ce sujet sur X, qui accusent les deux journalistes d’être des « militants d’extrême gauche qu’on paie avec nos impôts ». Avec ses quelque 250 000 abonnés, Sarah Knafo dispose d’une large audience, qui n’a pas tardé à prendre pour cible Simon Le Baron et Audrey Tison. « Depuis, les deux intervieweurs sont la cible sur Internet de nombreux messages haineux, insultants et menaçants. C’est inacceptable. », condamne la SDJ de Radio France.
La direction de la radio a, de son côté, démenti une information de presse selon laquelle le directeur adjoint de la station se serait excusé auprès de Sarah Knafo à la suite de cette interview.
Par : Juliette Carlier











































































