Présenté lors de plusieurs comités sociaux et économiques (CSE), le projet s’inscrit dans la stratégie de redressement engagée par Michèle Benbunan, nommée à la tête du groupe en janvier dernier. Chargée par l’actionnaire LVMH d’améliorer les résultats financiers du pôle presse, la dirigeante estime que les pertes enregistrées par l’activité médias ne permettent plus de maintenir l’organisation actuelle.
Les services support dans le viseur
Le plan concerne exclusivement les fonctions support, avec 37 postes supprimés aux Echos et 24 au Parisien, dont plusieurs déjà vacants. Les activités commerciales, les ressources humaines, la communication, les services informatiques, la comptabilité, le juridique ou encore la régie publicitaire figurent parmi les secteurs les plus touchés.
Au Parisien, la réorganisation vise particulièrement Team Diffusion, où l’activité de prospection commerciale doit disparaître au profit de prestataires externes. La quasi-totalité des postes de prospecteurs est ainsi appelée à disparaître, tandis que d’autres fonctions liées à la diffusion et aux études seraient également réduites.
La direction affirme vouloir privilégier les départs volontaires et limiter autant que possible les licenciements contraints. Les discussions avec les représentants du personnel doivent s’ouvrir début juillet et se poursuivre jusqu’à l’automne afin de définir les modalités d’accompagnement des salariés concernés.
Les syndicats dénoncent un plan social de trop
Pour les représentants du personnel, cette nouvelle annonce intervient dans un contexte déjà fortement dégradé. Ils rappellent qu’un précédent plan de restructuration avait déjà été engagé l’an dernier, entraînant la suppression de plusieurs dizaines de postes.
Dans un communiqué commun, les syndicats estiment que cette nouvelle réduction d’effectifs risque d’alourdir encore davantage la charge de travail des équipes restantes. Ils dénoncent également la disparition de certaines activités historiques, notamment dans la prospection commerciale, progressivement externalisée au fil des années.
Si la direction met en avant le volontariat, les organisations syndicales craignent que le dispositif puisse déboucher sur des départs imposés si les objectifs ne sont pas atteints.
Une stratégie de recentrage chez LVMH
Cette restructuration intervient alors que LVMH poursuit la réorganisation de ses activités dans la presse. Après avoir acquis, fin 2025, les publications Challenges, Sciences et Avenir et La Recherche, le groupe a rapidement revu sa stratégie en annonçant son intention de céder les deux titres scientifiques afin de concentrer ses investissements sur le développement de Challenges.
Le propriétaire des Echos et du Parisien cherche également à réduire les pertes de son pôle médias, dans un environnement économique de plus en plus difficile pour la presse écrite.
Un secteur confronté à des restructurations en série
Le groupe Les Echos-Le Parisien rejoint une liste grandissante d’entreprises de presse contraintes de revoir leur organisation. Depuis plusieurs mois, plusieurs éditeurs nationaux et régionaux ont engagé des plans d’économies ou des réductions d’effectifs afin de faire face à la baisse des revenus publicitaires, au recul de la diffusion papier et à la concurrence des plateformes numériques.
Pour les salariés du groupe, les prochaines semaines seront désormais consacrées aux négociations autour du plan de réorganisation. L’information-consultation des instances représentatives du personnel doit débuter le 9 juillet, avec une issue attendue à l’automne.
Par : Faouzia Allienne Abdouh






































































