Le mot d’ordre est clair : un journaliste ne doit pas être emprisonné pour avoir exercé son métier ni pour sa passion.
Sur le parvis de l’Hôtel de Ville, journalistes, citoyens et élus sont venus manifester leur solidarité. Arnaud Deslandes, maire de Lille, aux côtés de Philippe Allienne, président du Club de la presse, et d’Antoine Bernard, directeur du plaidoyer de RSF, a salué l’organisation de ce rassemblement. Il a également souligné la présence d’élus ainsi que de représentants de l’ESJ Lille et de Sciences Po Lille, où Christophe Gleizes a suivi ses études de journalisme.
« Cela fait sept mois que le journaliste de 36 ans, parti réaliser un reportage en Algérie, est détenu en prison. Il a été condamné le 29 juin dernier à sept ans de prison ferme pour “apologie du terrorisme et possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national”, une peine confirmée mercredi 3 décembre par la justice algérienne », a rappelé le maire de Lille. Une condamnation qui a plongé ses proches et ses soutiens dans la consternation.
Spécialiste reconnu du football, un domaine qu’il couvre avec passion, Christophe Gleizes « ne fait pas de politique », a insisté l’édile.
Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité des actions menées par les Clubs de la presse et RSF pour défendre les journalistes en difficulté. « Les Clubs ont toujours été présents pour soutenir les journalistes, comme ce fut le cas pour Christian Chesnot, Georges Malbrunot ou encore Florence Aubenas », a rappelé Philippe Allienne. Cette dernière avait d’ailleurs confié, après sa libération, que ces mobilisations lui « donnaient du baume au cœur » et l’aidaient à ne pas sombrer dans l’oubli.
Philippe Allienne souligne toutefois une différence notable entre ces précédents cas, liés à des enlèvements par des groupes terroristes, et la situation de Christophe Gleizes, arrêté puis condamné pour « apologie du terrorisme » par la justice d’un Etat souverain. « Cela ne tient pas, explique-t-il. Son seul tort a été de faire son métier : journaliste sportif passionné par le football africain, venu interviewer un responsable d’un grand club algérien. »
La mère de Christophe Gleizes a confié ce matin à France Info que la demande de grâce présidentielle, adressée au président algérien sept jours après la confirmation de la condamnation en appel, est bien parvenue jusqu’à Abdelmadjid Tebboune. Elle espère désormais une décision rapide en faveur de la libération de son fils, a précisé Antoine Bernard.
RSF organise par ailleurs, avec des artistes et des sportifs, une soirée de soutien au Bataclan afin d’exprimer sa détermination à accompagner les proches de Christophe Gleizes jusqu’à sa libération.
Ce rassemblement a également été l’occasion pour Étienne Peyrat, directeur de Sciences Po Lille, d’exprimer sa reconnaissance envers les participants et de rappeler que la défense de la liberté de la presse et de l’exercice du métier de journaliste exige une solidarité qui dépasse les convictions politiques.










































































