Seule salariée permanente dans ce vaste territoire, Emmanuelle Lesquel anime un réseau de pigistes qu’elle sollicite selon les besoins et les sujets. Son rôle est donc autant de produire ses propres enquêtes et reportages que de coordonner ce maillage de correspondants. Chaque mois, les sept correspondants régionaux ( Nord, Ouest-Centre, Est, Sud-Ouest, Auvergne – Rhône-Alpes, Méditérranée, et Grand Paris – Ile-de-France) se retrouvent à Paris pour une réunion commune avec la rédaction nationale, l’occasion d’échanger sur les dossiers en cours et de coordonner les angles de couverture.
Un journal pour les professionnels
Fondé en 1903, Le Moniteur tire aujourd’hui à 45 000 exemplaires et reste l’hebdomadaire de référence des professionnels du bâtiment et des travaux publics. Chaque semaine, la journaliste correspondante de la région Nord doit livrer trois pages pour l’édition papier et un article pour le site. Le journal s’adresse à un public averti, explique l’invité du Club. « Nos lecteurs savent ce qu’est une station d’épuration, ils ne confondent pas microgrammes et milligrammes », rappelle-t-elle. Ce ciblage permet aux journalistes de l’hebdomadaire d’aller plus loin dans l’analyse technique. L’hebdomadaire couvre l’actualité du secteur du BTP, de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire, et des politiques publiques liées au cadre de vie. « Il privilégie la mise en avant de solutions et de retours d’expérience, y compris sur des projets qui n’ont pas fonctionné, mais dont on peut tirer des enseignements, » confie-t-elle.
Le modèle économique repose principalement sur les abonnements, près de 1 100 € par an, complétés par la publicité et la publication d’appels d’offres. Tous les quinze jours, une newsletter régionale renforce le lien avec les lecteurs.
Au-delà de l’actualité hebdomadaire, le journal organise chaque année les Prix Moniteur de la construction, qui mettent à l’honneur des PME du BTP pour leurs performances économiques, sociales ou environnementales. « Ces entreprises sont souvent surprises d’être distinguées, car elles n’ont pas candidaté. C’est une reconnaissance rare pour des petites structures familiales », raconte-t-elle. Le Moniteur est aussi présent lors de grands rendez-vous comme le Salon des maires, où la rédaction participe à des dossiers thématiques et rencontre de nombreux acteurs institutionnels.
Les Hauts-de-France, une région dynamique
Dans les Hauts-de-France, les sujets ne manquent pas. Emmanuelle Lesquel souligne que la région se distingue en matière d’aménagement et d’innovation dans les métiers du bâtiment. Elle cite le Canal Seine-Nord Europe, un chantier colossal qui commence à susciter débats et tensions, l’implantation des gigafactories à Dunkerque ou encore les futurs travaux de tramway. Autant d’exemples qui témoignent d’un territoire en mouvement.
Emmanuelle Lesquel observe « un véritable esprit de coopération entre collectivités, services de l’État, entreprises et bureaux d’études ». Un climat propice à l’émergence de projets ambitieux, qu’il s’agisse de construction durable ou de reconversion urbaine.
Les innovations techniques ne sont pas en reste : matériaux biosourcés, économie circulaire, réemploi du béton ou encore photovoltaïque sur les grandes toitures logistiques. Autant d’actualité dans la région et qui nourrissent ses reportages. La réversibilité des bâtiments, la transformation des friches commerciales en logements et espaces verts font aussi partie des thèmes qu’elle aborde.
Face à une réglementation en constante évolution, Le Moniteur consacre par ailleurs plusieurs pages à l’analyse juridique, confiées à des experts, pour accompagner les professionnels.
Le réseau essentiel
Pour couvrir efficacement les Hauts-de-France et la Normandie, l’ancrage local est essentiel. La journaliste s’appuie sur un réseau solide mêlant collectivités, maîtres d’ouvrage, architectes, entreprises du BTP et bureaux d’études. « Il faut être présent partout », résume-t-elle.
La clé pour apparaître dans Le Moniteur ? Proposer des projets innovants… et anticiper. Les pages étant bouclées quinze jours avant parution, les dossiers doivent être transmis en amont.








































































