En Bourgogne-Franche-Comté et de Bretagne, les lecteurs achetant Voici se voient proposer une offre groupée avec JDNews. Selon Le Monde, Pour 3 euros, ils peuvent repartir avec les deux magazines, contre 2,40 euros pour Voici seul, et 2,20 euros pour JDNews vendu séparément en milieu de semaine.
L’opération, qualifiée de « test » par la direction, vise selon le vice-président du groupe, Gérald-Brice Viret, à « optimiser les ventes au numéro ». Il assure qu’il n’existe « aucun lien avec les lignes éditoriales » des publications concernées.
Une « confusion manifeste »
D’après CB News, la Société des journalistes (SDJ) de Voici affirme avoir été informée à la dernière minute de cette distribution couplée. Dans un communiqué, elle exprime son « profond désaccord », estimant que l’association commerciale avec JDNews, « magazine à l’ancrage politique très marqué », crée « une confusion manifeste » sur le positionnement éditorial de Voici, qui revendique une ligne « claire, indépendante et apolitique ».
JDNews s’est en effet illustré récemment par des Unes et des entretiens avec des figures politiques situées à droite et à l’extrême droite, comme Marion Maréchal, Philippe de Villiers, Nicolas Sarkozy ou encore le député Charles Alloncle.
Pour la SDJ de Voici, cette stratégie commerciale s’ajoute à « plusieurs choix récents de la direction » suscitant « de vives inquiétudes » quant au respect de l’identité du titre. Les journalistes redoutent une transformation progressive du magazine en « média d’opinion ».
Des tensions accrues depuis la reprise par Vivendi
Les inquiétudes ne se limitent pas à Voici. Les SDJ d’autres titres du groupe, comme Géo, Ça m’intéresse et Femme Actuelle, ainsi que celles des pôles télé et féminin, ont apporté leur soutien à leurs collègues.
Ces instances de représentation ont émergé après le rachat de Prisma Media par Vivendi en 2021. Le groupe appartient désormais à Louis Hachette Group, entité issue de la scission de Vivendi dont l’actionnaire de référence est le milliardaire Vincent Bolloré.
Depuis septembre, la direction des rédactions et assurée par Serge Nedjar, également à la tête de la chaîne d’information CNews. Cette nomination avait déjà fait naître en interne des craintes de reprise en main éditoriale.
Numéro un de la presse magazine en France, Prisma Media se retrouve aujourd’hui confronté à une contestation inédite de ses rédactions, qui redoutent que des choix commerciaux répétés ne finissent par fragiliser l’indépendance et l’identité de leurs titres.







































































