D’après CBNews, le rapport examine l’ensemble de l’écosystème de l’information locale, qu’il s’agisse de la presse écrite, presse quotidienne régionale (PQR) ou départementale (PQD), mais aussi des chaînes de télévision locales et des radios.
RSF identifie plusieurs menaces qui pèsent sur ces médias : des pressions économiques, marquées par la concentration des groupes et la fermeture d’agences ; des risques sécuritaires avec une hausse des violences visant les journalistes ; des pressions judiciaires liées à la multiplication des procédures-bâillons ; et enfin des tensions politiques, entre critiques et tentatives d’intimidation.
« À l’approche des élections municipales, scrutins essentiels pour la vie politique locale et nationale, il est urgent de replacer l’exigence de l’information de proximité au cœur de la vie démocratique et d’engager collectivement des réflexions pour revitaliser cette information indispensable à l’exercice de la citoyenneté », affirme auprès de CBNews, Laure Chauvel, responsable du bureau France de RSF.
Un maillage territorial menacé
Le rapport insiste particulièrement sur l’importance de maintenir un maillage médiatique dense afin d’éviter l’apparition de « déserts médiatiques », phénomène déjà observé aux États-Unis. RSF s’appuie notamment sur une étude menée par l’association Les Relocalisateurs et la Fondation Jean Jaurès, selon laquelle de nombreuses régions françaises ont vu disparaître au moins un média local.
La télévision locale apparaît comme le secteur le plus touché (19 % des disparitions), devant les médias numériques (15 %), la presse écrite (13 %) et la radio (13 %). Parmi les exemples cités figurent la disparition en 2024 du mensuel satirique vendéen Le Sans-Culotte 85 et celle du Journal de l’île de La Réunion.
Autre cas emblématique : l’arrêt de la chaîne régionale Wéo dans les Hauts-de-France en janvier 2026, après la liquidation judiciaire de sa société éditrice. Selon les informations recueillies par RSF, ses recettes publicitaires ont chuté de 1,2 million d’euros en 2022 à 535 000 euros en 2025. Son fondateur, Jean‑Michel Lobry, pointe la concurrence des géants du numérique : « Notre ressource publicitaire a été capturée par les GAFAM. Les premiers annonceurs de Facebook ou de Google sont souvent des commerçants locaux qui préfèrent investir quelques centaines d’euros dans une campagne sponsorisée en ligne. »
Le rôle clé des correspondants locaux
Le rapport met également en avant le rôle central des correspondants locaux de presse. En France, on compte environ 5,5 correspondants pour un journaliste régional, soit près de 33 000 correspondants pour environ 6 000 journalistes.
RSF critique cependant la précarité de leur statut, défini par la loi du 27 janvier 1987. Considérés comme travailleurs indépendants, ces correspondants perçoivent une rémunération très faible, estimée entre quatre et cinq euros de l’heure en 2021 selon le Collectif National des CLP.
Douze recommandations pour soutenir l’information locale
Malgré ces difficultés, RSF souligne certaines initiatives visant à renouveler l’offre d’information locale. L’organisation cite notamment le média en ligne Vozer, lancé en 2017 par La Voix du Nord, ou encore la chaîne Novo 19, récemment proposée sur la TNT par Ouest-France.
Au terme de son rapport, RSF formule douze recommandations à destination des pouvoirs publics et des acteurs des médias. L’association rappelle que l’information locale bénéficie encore d’un niveau de confiance élevé auprès du public et qu’elle constitue un contre-pouvoir essentiel.
« Et si l’information locale avait des leçons à donner à l’ensemble des médias ? Les sondages montrent l’attachement et la confiance du public envers les médias ancrés dans les territoires. Elle joue un rôle fondamental pour représenter la réalité des Françaises et des Français », conclut Laure Chauvel.






































































