Il y a encore quelques mois, Rima Abdul Malak abordait son retour à Beyrouth avec optimisme. Nommée à la direction exécutive du quotidien francophone L’Orient-Le Jour en novembre 2025, elle pensait s’installer dans un pays où les tensions s’étaient éloignées. Mais depuis le 2 mars, la guerre entre Israël et le Hezbollah a brutalement changé la donne.
Installée dans les hauteurs de la capitale, la rédaction du journal surplombe des zones régulièrement ciblées. D’après Le Monde, chaque soir, le bouclage se fait dans un climat d’incertitude, rythmé par les frappes et les colonnes de fumée visibles depuis les bureaux. Les nuits, elles, sont marquées par le fracas des bombardements qui résonnent jusque dans son appartement de Badaro, quartier pourtant relativement épargné.
Pour celle qui a grandi au Liban dans les années 1980, ces bruits ravivent des souvenirs d’enfance. Le conflit actuel fait écho à la guerre civile qu’elle a connue avant de quitter le pays avec sa famille, selon Gala.
À la tête d’un journal en temps de crise
En prenant les rênes de L’Orient-Le Jour, Rima Abdul Malak succède à une direction confrontée à des années de crises politiques et économiques profondes. Sa mission est claire : renforcer le rayonnement international du titre, accélérer sa transformation numérique et élargir son audience.
Dans un contexte de guerre, ces objectifs prennent une dimension particulière. Le journal devient plus que jamais un espace d’information fiable et indépendant, au cœur d’un pays fragilisé. Fidèle à ses valeurs humanistes, la nouvelle directrice entend maintenir une ligne éditoriale exigeante, tout en consolidant le lien entre le Liban et sa diaspora.
Son ambition reste intacte malgré les circonstances : faire du média un pont entre les cultures et un acteur majeur du débat public.
Un parcours entre culture, diplomatie et engagement
Le parcours de Rima Abdul Malak illustre une constante : le dialogue entre les mondes. Née à Beyrouth en 1979, elle grandit entre le Liban et la France, avant de s’engager dans l’humanitaire puis dans le secteur culturel.
De ses débuts avec Clowns sans frontières à ses responsabilités à l’Institut français, en passant par la mairie de Paris et la diplomatie culturelle à New York, elle construit une carrière tournée vers l’échange et la création. En 2019, elle rejoint l’Élysée comme conseillère culture, avant de devenir ministre de la Culture en 2022, une fonction qu’elle occupe jusqu’en 2024.
Une fidélité à ses racines et à ses convictions
Son retour à Beyrouth marque autant un tournant personnel qu’une continuité. En rejoignant L’Orient-Le Jour, Rima Abdul Malak renoue avec ses origines tout en poursuivant son engagement pour une information libre et accessible.
Aujourd’hui, malgré les bombes, elle incarne une forme de résistance : celle de la culture, du journalisme et du lien entre les peuples. Dans un Liban une nouvelle fois éprouvé, son parcours et ses convictions résonnent avec une acuité particulière.







































































