Le principe est simple : plus on consomme d’eau, plus on paie. En France, la tarification repose principalement sur le volume utilisé par les ménages et les entreprises. Les recettes des opérateurs dépendent donc directement de la quantité d’eau distribuée.
Mais ce système montre aujourd’hui ses limites. Les pouvoirs publics encouragent de plus en plus les économies d’eau pour faire face aux sécheresses et à la raréfaction de la ressource. Problème : si les usagers consomment moins, les recettes des services de l’eau diminuent aussi. Dans certains cas, les collectivités sont alors amenées à augmenter le prix du mètre cube afin de compenser la baisse des volumes facturés.
Le mythe d’une ressource infinie
Pour l’économiste Alexandre Mayol, cette contradiction s’explique par l’histoire même du modèle économique de l’eau.
« Le paradigme de l’abondance en eau est profondément ancré dans le modèle économique de l’eau. Il faut en finir avec ça », estime-t-il.
Pendant longtemps, l’eau a en effet été considérée comme une ressource quasiment illimitée. Le système de financement des services d’eau s’est construit sur l’idée que la ressource serait toujours disponible et que la consommation continuerait d’augmenter avec la croissance des territoires.
Une tarification progressive pour encourager la sobriété
Face à ces limites, certains économistes plaident pour des modes de tarification différents. Parmi eux, la tarification progressive.
« Le but de la tarification progressive est d’inciter à la baisse de la consommation », explique Alexandre Mayol.
Le principe consiste à appliquer un tarif faible sur les premiers volumes d’eau, correspondant aux besoins essentiels, puis à augmenter progressivement le prix pour les consommations plus importantes. Les gros consommateurs se retrouvent ainsi à payer davantage.
L’équation sociale
Mais la mise en place d’un tel système soulève aussi des questions d’équité. « Petit consommateur ne veut pas dire consommateur pauvre », rappelle l’économiste.
Dans une étude menée à Dunkerque, il a observé que les familles nombreuses figuraient parmi les plus gros consommateurs d’eau. Or, souligne-t-il, « les familles nombreuses ne sont pas les familles les plus riches ».
La ville de Dunkerque a justement expérimenté ce type de tarification. Les premiers volumes d’eau y étaient facturés à un prix réduit, tandis que les consommations plus importantes étaient plus coûteuses.
L’objectif : garantir l’accès à l’eau pour tous tout en encourageant un usage plus responsable de la ressource.






































































