Mme Dahmani est poursuivie dans plusieurs affaires liées à des déclarations publiques sur l’existence du racisme en Tunisie. Très critique envers le président Kaïs Saied, elle a été arrêtée le 11 mai 2024 à Tunis, dans les locaux de l’Ordre des avocats, par des policiers masqués. Son interpellation brutale, jugée illégale par ses confrères, avait été filmée en direct par France 24.
En juin dernier, elle a été condamnée à deux ans de prison pour une intervention radiophonique dénonçant l’existence de cimetières et de bus réservés aux personnes noires dans certaines régions du pays. Auparavant, elle purgeait déjà deux peines totalisant vingt-six mois de prison, prononcées en vertu du décret 54 sur les « fausses informations », adopté en 2022 et largement critiqué par les défenseurs des droits humains. D’après Le Monde, au total, elle fait l’objet de cinq procédures judiciaires.
Parmi les condamnations, figure une peine de dix-huit mois pour avoir ironisé, en mai 2024, sur un plateau télévisé, à propos des migrants subsahariens accusés de vouloir s’installer durablement en Tunisie malgré la crise économique. Ses propos faisaient écho au discours du président Saied, qui, en février 2023, avait dénoncé l’arrivée de « hordes de migrants illégaux » et évoqué un « complot » visant à modifier la composition démographique du pays.






































































