« Nous condamnons fermement cette attaque grave, une de plus, contre des journalistes qui tentent de rendre compte des événements en Cisjordanie et exigeons l’ouverture d’une enquête approfondie », affirme Phil Chetwynd, directeur de l’information de l’Agence France-Presse (AFP). Selon Le Monde, ces déclarations font suite à l’attaque subie par Jaafar Ashtiyet, photographe palestinien de 58 ans.
Le photographe et son collègue John Wessels, directeur de la photographie de l’AFP pour Israël et les territoires palestiniens, réalisaient un reportage sur la récolte des olives, perturbée par des attaques de colons israéliens contre des Palestiniens, en Cisjordanie. La situation a dégénéré alors qu’ils assistaient à l’arrestation d’un Palestinien par un soldat israélien. Un véhicule s’est approché des deux journalistes, et l’un des passagers s’est mis à tirer dans leur direction, et environ six personnes ont rejoint les tireurs. Jaafar Ashtiyet a tenté de fuir en montant dans le véhicule de l’AFP, mais deux des assaillants l’ont rattrapé et roué de coups, avec une crosse. John Wessels était, quant à lui, tenu en joue par un autre agresseur. « Je l’entendais crier », a notamment raconté le directeur de la photographie. Actuellement hospitalisé à Naplouse dans le nord de la Cisjordanie, Jaafar Ashtiyet est sous surveillance médicale, même si aucune fracture n’a été observée.
Une attaque contre la liberté de la presse
« Il est inacceptable que des journalistes soient frappés et dépouillés par des colons armés sous les yeux de membres des forces de sécurité israéliennes qui n’ont même pas essayé d’intervenir », s’est insurgé Phil Chetwynd. De nombreuses déclarations ont suivi, notamment celle de Reporters sans frontières (RSF), qui revient notamment sur le caractère répétitif de ce genre d’attaque en Cisjordanie. Selon l’organisation, depuis l’attaque du 7 octobre 2023 du Hamas contre Israël, les autorités israéliennes ont détenu 19 journalistes en Cisjordanie.
« Cette attaque constitue une tentative flagrante d’intimider la presse etd’entraver la couverture précise de la situation en Cisjordanie. Les médias internationaux ont la responsabilité de rendre compte de tous les points de vue et ne se laisseront pas dissuader par des agressions physiques ou des menaces », insiste l’Association de la presse étrangère, qui représente les médias internationaux en Israël et dans les territoires palestiniens, dans un communiqué.
Par : Juliette Carlier







































































