Dans un communiqué, le groupe salue « son engagement, son exigence éditoriale et sa loyauté » et souligne le travail mené par le journaliste pour transformer le titre. Tugdual Denis avait pourtant conservé son poste après le rachat de Valeurs actuelles par un trio d’investisseurs composé de Benjamin La Combe, Alexis Caude et du milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin.
Son départ intervient alors que les nouveaux propriétaires ont affiché leur volonté de rendre le magazine rentable et de faire évoluer sa ligne. Benjamin La Combe expliquait ainsi au Monde, début 2026, vouloir investir entre 6 et 10 millions d’euros et renouer avec la ligne de Raymond Bourgine, fondateur du journal, davantage centrée sur l’économie et les sujets patrimoniaux.
Des résultats en baisse
Selon une source proche du magazine citée par Libération, l’éviction de Tugdual Denis serait notamment liée à de « mauvais résultats », à des ventes et à un site « en berne », ainsi qu’à sa « trop » forte présence sur les plateaux de télévision.
Les chiffres de l’ACPM témoignent effectivement d’une nette érosion de la diffusion. Entre juin 2024 et juin 2026, Valeurs actuelles serait passé d’environ 54 000 à 37 000 exemplaires vendus chaque semaine. Les abonnements numériques auraient, eux, chuté d’environ 15 000 en 2023 à 3 000 récemment.
Une nouvelle étape éditoriale
Le départ de Tugdual Denis pourrait aussi marquer la volonté des propriétaires de refermer la « page Lejeune ». Ancien adjoint de Geoffroy Lejeune, le journaliste avait défendu une ligne plus libérale-conservatrice, notamment incarnée par son soutien à François Fillon puis à Bruno Retailleau. La direction affirme qu’il avait « élargi le spectre des sensibilités » accueillies par le titre.
Son remplacement se prépare déjà. Charles Sapin, arrivé du Point, et Marc Baudriller, venu du site internet d’extrême droite Boulevard Voltaire, doivent rejoindre la nouvelle équipe dirigeante. L’arrivée de Sapin avait récemment contribué à la crise de rentrée à France Inter, après sa nomination comme éditorialiste politique. Après plusieurs jours de tensions, le journaliste avait finalement refusé une proposition de débat d’éditorialistes et quitté la station.
Avec le départ de Tugdual Denis, Valeurs actuelles ouvre donc une nouvelle séquence, entre impératif de rentabilité, recomposition de son équipe et interrogation persistante sur sa ligne éditoriale.






































































