Aujourd’hui, dans la presse régionale - Dimanche 25 et Lundi 26 juin 2006

Le sondage Ifop - Voix du Nord sur l’action municipale lilloise remis en cause ; une marche à Gravelines pour la "décroissance économique" ; l’illettrisme ; la fête du cinéma ; l’attente des touristes dans la région ; les sans papiers ; une odeur de racisme ; les filles et le mondial. L’actualité de ce dimanche n’est pas si tranquille.

Réserves sur le sondage Ifop - Voix du Nord. On se souvient que le sondage Ifop publié le 14 juin par La Voix du Nord mettait en relief un paradoxe sur l’action municipale à Lille. Il indiquait en effet que 72% des Lillois approuvaient l’action de Martine Aubry alors que, dans le même temps, 59% ne souhaitaient pas la voir se représenter aux prochaines élections municipales. « Aubry : le paradoxe n’existe pas… », titre ce dimanche matin Nord Eclair, sous la plus de son directeur de la rédaction Jean-René Lore. Et pour cause. Saisie par Mme Aubry, la Commission des sondages « vient de lui donner raison en émettant les « plus extrêmes réserves sur la fiabilité » des réponses aux trois dernières questions », apprend-on dans le quotidien roubaisien. Illustré d’un portrait de la principale intéressée, l’article occupe le haut de la page sept.

Dès le lendemain de la publication par La Voix du Nord (qui a commandé ce sondage), le service de presse de Mme Aubry soulignait que seuls 65% de l’échantillon (« les personnes inscrites sur les listes électorales », précise Nord Eclair) savaient été interrogés pour la seconde partie du sondage. Nord Eclair en avait fait état dans son édition du 15 juin, rappelle Jean-René Lore. Ce dernier explique que « ce sondage, réalisé par notre confrère La Voix du Nord, constituait un événement politique, d’autant plus qu’il intervenait dans un contexte lillois plutôt tendu, y compris au sein du PS ». Défendant la bonne foi de son journal, il conclut ainsi : « Dès lors que ces résultats ne peuvent être retenus, les conclusions que nous en tirions doivent être considérées comme nulles et non avenues ».

Le rédacteur en chef de La Voix du Nord, Jean-Michel Bretonnier s’exprime en page 3 dans un austère encadré de deux colonnes sur fond bleu et titré : « Martine Aubry conteste les résultats du sondage Ifop - Voix du Nord ». Comme son confrère de Nord Eclair, il admet qu’au vu de la mise au point de la Commission de sondage (que La Voix publie à la suite de cet article), « Nous ne pouvons donc plus évoquer cet écart entre le jugement sur le bilan et le souhait de réélection ». Lui aussi se défend de l’honnêteté de son journal, « qui n’a jamais été mise en cause ». Après avoir justifié l’utilité de ce type de sondage « pour compléter l’information politique que nous donnons », il plaide encore : « Si nous avons publié ce sondage réalisé par l’Ifop, c’est bien parce que nous avions toute confiance dans la rigueur et la compétence de cet institut » Et de nous promettre, pour ce mardi, les résultats d’un nouveau sondage réalisé de « la seule initiative » de l’Ifop et « cette fois auprès de mille personnes résidant à Lille, et portant sur les mêmes questions ». Le premier sondage portait sur un échantillon de 504 personnes.

La 22e fête du cinéma, c’est à partir de ce dimanche et jusqu’à mardi. Durant ces trois jours, pour une place achetée au tarif plein, les spectateurs peuvent voir les autres films à l’affiche pour deux euros la séance. « Cette édition 2006, écrit Christophe Caron dans La Voix du Nord, intervient dans un contexte extrêmement favorable. En France, les salles de cinéma ont enregistré au cours des cinq premiers mois de l’année 91,12 millions d’entrées, soit 22% de plus que pour la même période de 2005 ». Dans le Nord - Pas de Calais, cette embellie profit essentiellement aux multiplexes alors que « l’art et essai est sensiblement distancié ». En juin, la tendance est cependant moins bonne. Selon les professionnels interrogés par La Voix, il faut y voir l’effet conjugué du beau temps et de la Coupe du monde de football.

En ce début d’été, Nord Eclair choisit d’ouvrir sur le tourisme dans la région. Mathieu Hébert se souvient de cette campagne publicitaire pour l’Eurostar qui vantait la « folle ambiance de Londres » à deux heures de « la pluie et de l’ennui » du Nord - Pas de Calais. Une campagne qui, à le lire, était particulièrement injuste au regard des chiffres. « Avec environ 50.000 emplois et 14 millions de visiteurs par an, écrit-il, le tourisme est devenu un des secteurs essentiels de la région. Et de citer la présidente du comité régional de tourisme, Régine Splingard : « Quand on a découvert la région, on a tendance à y revenir ». Les grandes ville, le littoral, les sites naturels et les grands équipements (Nausicaà, la Coupole d’Helfaut….) constituent les « principales zones d’attraction ». Les professionnels du tourisme se sont adaptés pour accrocher les visiteurs, à l’image de l’Office de Tourisme du Touquet, apprend-on encore. En revanche, les hôteliers de la métropole lilloise connaissent un creux à partir de juillet. Normal : 75% de leur chiffre d’affaires « provient du tourisme d’affaires », explique Catherine Rougerie . Pour renverser la tendance, « il faudrait poursuivre et renforcer le travail avec les offices de tourisme, à l’instar de la collaboration mise en œuvre pour Lille 2004 », écrit-elle. Didier De Weerdt, président du club hôtelier de Lille Métropole, suggère pour sa part « un raisonnement plus eurodistrict », par exemple en faisant de Lille « le point de départ pour visiter Bruges ou Gand ».

« Pendant un mois, ils marchent pour la décroissance économique ». Sous ce titre, Nicolas Faucon, dans La Voix du Nord, explique l’engagement d’un « collectif de citoyens » parti ce dimanche « de Gravelines pour une marche d’un mois à travers la région. Histoire de mettre en cause le mode de vie occidental et le dogme de la croissance ». Matthieu Millecamps, pour Nord Eclair, a interrogé trois de ces marcheurs. « Le fait que 20% de la population de la planète consomme 80% des ressources n’est pas tenable », explique ainsi Cécile Dubart. Et quand le journaliste lui demande s’il ne lui semble pas difficile de prôner la décroissance dans une région où la désindustrialisation a entraîné beaucoup de casse sociale et de drames humains, elle répond qu’il « « s’agit de relocaliser l’économie plutôt que d’instaurer un système où les industries sont transférées en Chine ou ailleurs ». D’ailleurs, ajoute-t-elle, « depuis le temps qu’on nous parle du mythe de la croissance, il n’y a jamais eu autant de chômage. ». Le collectif compte sur 50 à 100 marcheurs.

Pour essayer de protéger de l’expulsion les jeunes sans papiers et leurs familles, le Réseau éducation sans frontières (RESF) multiplie les parrainage, partout en France. La Voix du Nord y revient longuement à six jours de la fin du sursis accordé par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. David Monnery raconte l’histoire de Nasra Salim, une jeune Somalienne arrivée il y a trois ans à Calais, sans argent, sans papiers et sans connaître un mot de français. Elle fuyait son pays où sa vie était en danger. Après l’avoir interpellée, la Police de l’air et des frontières l’a emmenée au Centre d’observation et de traitement Anne-Franck de Saint-Omer. Prise en charge, elle a suivi des cours d’alphabétisation. Quelques mois plus tard, elle a obtenu son brevet des collèges et elle est actuellement déléguée de sa classe de 1ère S avec une moyenne générale de 13,6. Effrayée par le projet de loi Sarkozy sur l’immigration, elle a plaidé sa cause devant la commission de recours des réfugiés, à Montreuil. Elle vient d’obtenir le statut de réfugié. « Le droit de vivre », conclut David Monnery.

C’est une autre histoire, beaucoup moins optimiste, que raconte Patrick Jankielewicz dans l’éditorial (« Le temps fort ») de La Voix du Nord. Celle d’un « couple mixte » -Fabienne et John- qui vit depuis 15 ans, avec ses deux enfants, dans une coquette maison de la métropole lilloise, avec un grand jardin. Alors que la famille fêtait la communion de la plus jeune, en compagnie du narrateur, Fabienne s’est mise à parler de leurs voisins. Nouvellement arrivés, ils auraient critiqué leur beau jardin pour lancer : « Des gens comme vous ne devraient pas avoir le droit de vivre là. Vous devriez habiter un HLM et ce serait déjà bien ! ». Ce n’est pas tout. « A mon travail, poursuit Fabienne, certains étaient persuadés que j’avais pris un mari noir pour coller avec mes enfants métis. Ils pensaient que je les avait adoptés. ». Sans compter la petite fille, traumatisée d’avoir été « insultée dans la cour de l’école à cause de sa couleur ». Devant l’étonnement de son public, Fabienne sourit : « Quand j’étais plus jeune, j’étais comme vous, je ne m’imaginais pas que les Noirs vivaient ça au quotidien (…) ».
« Vendredi soir, imagine Patrick Jankielewicz, John et ses enfants devaient être devant la télé pour France-Togo. Son fils avait dû enfiler son tee-shirt bleu de l’équipe de France. (…) Ils ont dû vibrer (…) quand Vieira a fait sa passe décisive à Thierry Henry et que tous les amateurs de foot se sont levés la larme à l’œil en hurlant : "Allez les Bleus !" ». L’édito s’intitule « Bleu, blanc, black ».

A propos de football, qui a dit que les filles n’aiment pas ? « Le foot, ce n’est pas qu’une affaire de mecs ! », s’exclame Valérie Rambaux, dans Nord Eclair. Elle consacre un article au foot féminin du district Flandre dont elle interroge la présidente de la commission féminine, Marie-Hélène Dumont. « Les mentalités des dirigeants évoluent, explique celle-ci. Avant, une fille dans une équipe, c’était un boulet. A présent, il y a non seulement de plus en plus de joueuses, mais aussi de dirigeantes et d’arbitres. » Pour sa part, l’entraîneur des féminines de l’O.S Leers, Jean-Pierre Gydé, confie à Valérie Rambaux que les filles ont « un jeu plus technique et moins violent ».

Pas de dimanche sans « Dimanche annonces », le supplément commun à La Voix et Nord Eclair. Cette semaine, Sylvain Marcelli consacre sa page Formation à l’illettrisme. Dans la région, cela concerne au moins une personne sur dix. Mardi dernier se tenait à Tourcoing une rencontre du Comité de coordination régional de l’emploi et de la formation professionnelle (CCREFP). Il s’agit d’une instance de concertation qui se penche sur la question de l’illettrisme. « Pour compléter son diagnostic, rapporte notre confrère, le CCREFP s’est tourné vers l’armée qui dispose de chiffres collectés lors de la journée de préparation à la Défense. Chaque année, plus de 8.000 jeunes (sur un total de 57.700 dans la région) rencontrent des difficultés lors des tests de lecture et d’écriture organisés durant cette journée. » En dépit des efforts des acteurs locaux, « l’offre de formation actuelle et le repérage des personnes en difficulté restent insuffisants » conclut Sylvain Marcelli.

Philippe Allienne


 

 

 

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