Aujourd’hui dans la presse régionale - vendredi 1er septembre 2006

L’épidémie nosocomiale n’est pas terminée et les quotidiens en disent plus. Tandis que « Le Point » publie un classement des établissements scolaires en fonction de la violence (et fait réagir la presse régionale), la rentrée s’annonce une fois de plus difficile. Manque de profs, classes trop chargées, affectations tardives, etc. Heureusement, il y a la Braderie. Mais, décidément, que la moule est triste !

INFECTION NOSOCOMIALE, suite - Parfois pris de court hier, les quotidiens poursuivent aujourd’hui leurs enquêtes sur l’épidémie d’infection nosocomiale qui aurait provoqué 14 décès dans la région. Due à une souche appelée « 027 », elle est « d’un genre nouveau dans la région » écrit « Nord Eclair ». Agressive et résistante, cette souche est à prendre très au sérieux, selon Gilles Beaucaire, infectiologue au CHRU de Lille. « En Angleterre, confie-t-il à Raphaël Tassart, elle a tué deux fois plus que le staphylocoque doré (…) » . Il ajoute que les personnes âgées ne sont pas seules en danger. « Il y a d’ailleurs dans la métropole lilloise, un service pédiatrique qui est contaminé (…). Quand on dit qu’il va falloir vivre avec, c’est une évidence. Tous les services vont recevoir des circulaires pour renforcer les mesures d’hygiène ».
Les articles parus hier semblaient plus rassurants en parlant d’« épidémie maîtrisée ». Les informations de ce matin sont donc beaucoup plus nuancées. Si elle semble maîtrisée à l’hôpital de Valenciennes, l’un des plus touchés, l’infection serait à l’origine de 9 décès au CH de Lens, où 97 cas ont été recensés à ce jour. Djamel Mézine, dans « La Voix du Nord », souligne qu’« après l’épisode de gale qui a sévi début août, le voilà de nouveau sous les projecteurs pour être l’établissement de la région à payer le plus lourd tribut à cette épidémie de diarrhées infectieuses. » Pour son directeur, « ça s’explique par le fait que nous sommes dans un bassin de vie important ».
Bruno Vouters, toujours dans « La Voix du Nord », donne un autre avis en se référant à un document de la préfecture : « Les études sur l’offre médicale en région, cite-t-il, aboutissent toutes à la même conclusion : le Nord - Pas de Calais souffre d’un sous-équipement sanitaire, qu’il s’agisse de personnel (médecins généralistes, spécialistes, chirurgiens, infirmières, pharmaciens) ou d’équipements médicaux (nombre de lits d’hôpital, appareillages, établissement). » Et le journaliste pose la question : « Puisque l’Etat dresse un tel constat, comment ne pas se retourner vers lui ? Hélas, place aux rigueurs budgétaires ». Poursuivant le tableau, il conclut : « Dans ces conditions, une région sous-équipée, mal éduquée et surexposée peut-elle espérer mieux surmonter les crises à venir ? »

En Belgique, le correspondant de « La Voix », Jean-Frédérick Deliège, se fait l’écho de la surprise et de la colère des Belges qui dénoncent « des critiques injustifiées ». Il rapporte les propos de Karim Ibourki, le porte-parole du ministre fédéral belge de la Santé pour qui « notre système est unanimement reconnu comme très efficace et, en tout cas, beaucoup plus que celui en vigueur en France. ». Dans « Nord Eclair », Raphaël Tassart va dans le sens inverse : « Chez nos voisins, écrit-il, le système de surveillance sanitaire est beaucoup moins contraignant et efficace que l’Institut de veille sanitaire en France. (…) Sur les 120 établissements de soins belges, seuls 80 ont pour l’heure accepté de suivre les nouvelles préconisations préventives. Pas de quoi juguler une bactérie que la Drass présente comme très contagieuse… »
De son côté, le quotidien « Le Monde » relève que « l’annonce de ces 14 décès a fait réagir le "Lien", une association qui vient en aide aux victimes des maladies nosocomiales. "Le Lien" réclame le lancement "sans délai d’une étude exhaustive tant en milieu hospitalier qu’en ville, au niveau national, afin de s’assurer qu’il n’existe pas d’autres foyers inconnus sur le territoire", et "demande au ministre de la Santé de mettre en place de lourdes sanctions pour le non-signalement de toute infection nosocomiale (IN) à signalement obligatoire". "Le signalement des infections nosocomiales, obligatoire depuis 2001, est encore vécu par certains médecins et directeurs d’établissements comme une ingérence insupportable", déplore l’association, qui avance que "sur 800 000 IN survenant chaque année, seulement 2 000 font l’objet d’un signalement" ».
Enfin, comme le développe Bruno Deseure, qui, pour « La Voix du Nord », a visité une maison de retraite de la métropole lilloise, « la difficulté est d’éviter la panique tout en faisant de l’information ».

VIOLENCES A L’ECOLE - L’hebdomadaire « Le Point », dans son édition du 31 août, se félicite « d’avoir réussi à obtenir les chiffres secrets de la violence de tous les collèges et lycées publics et publie la liste des établissements les plus dangereux. » Cette « enquête exclusive » fait réagir les quotidiens régionaux. Eric Dussart », dans « La Voix du Nord », note qu’« il a fallu aux journalistes du « Point » dix-huit mois d’une bataille juridique obstinée pour obtenir des données que la loi classe pourtant clairement dans le domaine public (…). Mais les réticences qu’éprouve le ministère de l’Education nationale à jouer la transparence sont parfois irritantes », s’agace-t-il. « Aujourd’hui, poursuit-il, sa publication fait hurler le syndicat des chefs d’établissements, ainsi que les principales fédérations de parents d’élèves. Celles-ci se disent "choquées", "scandalisées", les autres vont jusqu’à demander à leurs membres de ne plus nourrir le logiciel, "dans l’attente d’explications du ministère". ». Ce logiciel, Signa, « recense le nombre des faits de violence déclarés par les chefs d’établissement », rappelle « La Voix du Nord ».
Eric Dussart n’est pas content et il le l’écrit : « Violences physiques, insultes graves, menaces, rackets, trafics de stupéfiants… la situation est loin de s’arranger et il semble normal que chacun en ait la connaissance la plus pointue possible ».
Pour « Nord Eclair », Mathieu Hébert a fait réagir le proviseur du lycée Emile-Zola, à Wattrelos. Dans le classement du « Point », cet établissement figure en effet parmi « les plus dangereux de France ». Jean-Dominique Daux n’y va pas par quatre chemins : « Je suis en colère contre « Le Point ». Ce classement est absurde. C’est vrai qu’à Wattrelos ce n’est pas facile, facile. Mais nous ne sommes ni en réseau d’éducation prioritaire, ni en zone d’éducation prioritaire. ». Il dénonce la manière dont on a utilisé les « signalements » de violences transmises au logiciel cité plus haut. « Manifestement, s’insurge-t-il, dans ce classement (du « Point ») tout a été court-circuité : on a seulement utilisé les statistiques ». Les signalements transmis au logiciel sont pour lui destinés à ses supérieurs de l’Education nationale afin « qu’elle le sache et qu’elle nous aide, éventuellement, avec la Justice ». Le proviseur se sent donc trahi.

MANQUE DE PROFS - Il n’a pas échappé à Mathieu Hébert que les enseignants font leur rentrée aujourd’hui. Justement, « beaucoup dénoncent à nouveau la suppression des postes dans l’académie », écrit-il. L’ennui est que les chiffres ne devaient être annoncés que ce matin, lors de la conférence de presse du recteur. « On annonce 8.700 postes en moins sur la France », dit l’Unsa-Education. Les enseignants dénoncent également les classes surchargées. « Si le nombre global d’élèves diminue dans l’académie de Lille, le nombre d’élèves par classe, lui augmente », rapporte « Nord Eclair ». D’ores et déjà, « les syndicats appellent à un rassemblement devant le rectorat mercredi prochain. Ils prévoient aussi un mouvement de grève à la fin du mois ».

TRISTE MOULE, suite - Après « Nord Eclair » hier, c’est au tour de « La Voix du Nord » de s’attarder sur le prix et la qualité des moules qui seront vendues à la braderie de Lille. Le ton est le même. Sur la qualité, d’abord : « A Lille », explique Myriam Levain, on fait majoritairement venir les moules de Hollande, connues pour leur propreté et leur belle chair. Mais cette année, elles ne le sont pas, charnues ». Elle avance plusieurs explications : « La météo, qui n’a pas été au rendez-vous cet été. Faute de soleil et d’algues, les moules sont moins belles. Autre raison avancée dans un restaurant : le puissant lobby écologiste des Pays-Bas a fait restreindre les zones de pêche et la quantité de moules disponibles a baissé. Conséquence, pour la même qualité, il faut payer bien plus cher que l’an dernier à la même époque ». Alors, les prix, justement : « Au kilo, les moules hollandaises sont passées à 2,40 euros, soit une augmentation d’environ 80 centimes en un an. » Les restaurateurs sont donc confrontés à des choix comme acheter chez un grossiste discount, au détriment de la qualité, ou se tourner vers la « bouchot », plus fine et plus chère. Mais ce week-end, à la braderie, l’assiette de moules-frites ne coûtera pas moins de 10 à 12 euros. D’autant que le prix de la pomme de terre a également augmenté après les pluies d’août. Et dire que la moule de la Braderie aurait pris le dessus sur le poulet rôti, au Moyen-Age, suite à une maladie qui avait fait disparaître celui-ci temporairement, explique « La Voix ». Pourquoi la moule ? A cause de la proximité de la Belgique et à cause de son faible prix !

Philippe Allienne


 

 
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