« Développement durable » : de quoi parle-t-on ? - 2 juin 2003

Une rencontre organisée le 27 mai au Club de la Presse a tenté de préciser ce qui se cache derrière le concept de « développement durable ».

« Développement durable », « économie sociale », « économie solidaire » (voire les deux à la fois)… Ces dernières années, de nouvelles expressions ont fleuri, utilisées d’ailleurs à deux reprises pour baptiser des secrétariats d’Etat. Sans que, pour autant, grand monde sache vraiment de quoi il retourne. Entre sommet du G8, contre-sommet « altermondialiste » et Semaine du développement durable (du 2 au 8 juin dans toute la France), la formule même de « développement durable » nourrit la discussion. Certains voient en effet une contradiction entre ces deux termes. Le premier peut renvoyer à l’idée de croissance économique et donc de compétition, quand le second s’accommoderait mieux d’un partage des ressources et des richesses (1).
C’est notamment pour essayer de clarifier quelque peu ces concepts, qu’une rencontre-point presse a été organisée le 27 mai au Club de la Presse, avec Simone Scharly, élue de Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU), chargée du développement durable. Outre la présentation des prochaines Assises nationales du développement durable, qui auront lieu du 25 au 28 juin à Lille (lire l’encadré), cette rencontre devait être l’occasion pour elle de détailler la politique de LMCU en matière de développement durable. Pour Simone Scharly, LMCU a choisi de privilégier les « actions concrètes », afin de « toucher les habitants dans leur vie quotidienne ». Et quoi de plus « quotidien » et de plus « concret » que le logement et le quartier dans lequel vivent les habitants de la métropole ?

« Penser l’habitat avec ceux qui y vivent »

La mise en application des principes de la Haute Qualité Environnementale (HQE), qui favorisent des constructions respectueuses de l’environnement (récupération des déchets du chantier, matériaux « propres », utilisation d’énergies renouvelables…) fait ainsi partie de la réflexion. De même que l’implication des habitants dans les projets de renouvellement urbain concernant leur quartier. « Il faut penser l’habitat avec ceux qui y vivent, les intégrer dans la vie du quartier », estime Simone Scharly. Un appel à projets, présenté lors de réunions publiques, a ainsi été lancé par LMCU. Le but étant de faire remonter du terrain les bonnes idées. Vingt-deux dossiers ont été déposés, dont 8 devraient être retenus en fin de compte. Selon les projets, la réalisation concrète pourrait s’étaler sur quelques années, à partir de 2004.
Il a malheureusement fallu attendre la toute fin de la rencontre pour voir se lever un petit coin du voile sur le style de projets susceptibles de voir le jour. Au risque d’accréditer l’idée que le « développement durable » se nourrit encore trop de discours… Le premier exemple cité concerne la requalification d’une école et de son restaurant scolaire, à Lompret, couplée à un projet d’éducation centré sur l’alimentation. Simone Scharly a également évoqué la requalification d’une courée à Roubaix selon les normes de la HQE. Dans ce domaine, le travail est immense, puisque l’élue a cité le chiffre de 12 000 habitations insalubres dans la métropole.

L. F.

(Photo Gérard Rouy)

(1) Lire notamment à ce propos la tribune, dans « Libération » du vendredi 30 mai, de Jacques Testart, démissionnaire de la présidence de la Commission française du développement durable.
A écouter également (sur le site www.campuslille.fr) les deux numéros de l’émission « Le Matou revient » de Radio Campus, consacrés au développement durable, avec une interview de Marie-Christine Blandin.

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