Florence et Hussein - Après le soulagement, maintenir le cap - Lettre du Club n°68 - juillet/août 2005

Y a-t-il eu rançon ? Les journalistes roumains de Prima TV et de Romania Libera ont-ils été détenus dans la même cave ? Florence Aubenas a-t-elle vraiment découvert quelques jours avant sa libération que son compagnon de captivité n’était autre que son guide syrien ? Quel rôle le député UMP Didier Julia a-t-il joué dans cette affaire ? A-t-il eu des contacts directs avec les ravisseurs ? Qui est ce fameux « imprécateur » que Libération a eu plusieurs fois en ligne ? Plusieurs de ces questions resteront probablement dans le flou, du moins pour le grand public que nous sommes. Florence Aubenas, très sollicitée, a cependant eu l’occasion de raconter ses 157 jours de captivité. La conférence de presse organisée le 14 juin à Paris a attiré des dizaines de journalistes. L’enlèvement par des hommes armés à l’Université de Bagdad (où la journaliste venait interviewer des réfugiés de Fallouja), les cinq mois sur un matelas, bandeau sur les yeux, pieds et mains liés, les enregistrements vidéo (dont le fameux « S’il vous plaît M. Julia, aidez-moi »), la douche mensuelle, la « pause » toilettes, les 24 pas et les 80 mots quotidiens, le moral en dents de scie… Florence Aubenas a dit tout cela, en gardant ce ton ironique et d’autodérision qui détonne.

Rassemblement devant l’Opéra de Lille

Depuis, la dernière journaliste française présente à Bagdad, Anne-Sophie Le Mauff, a dû plier bagages, expulsée par les services irakiens quelques jours après avoir reçu une lettre de l’ambassade de France à Bagdad l’invitant à quitter le pays. Elle assurait des correspondances pour L’Humanité, la RTBF (télévision publique belge) et le quotidien bruxellois Le Soir. De leur côté, plusieurs directeurs de médias français réfléchissent à mutualiser les moyens de sécurité pour les journalistes qu’ils enverront peut-être à nouveau sur place.
A Lille, quelques heures avant cette conférence de presse, une centaine de personnes étaient devant l’Opéra pour dire leur soulagement. Lancé à l’origine par le Comité de soutien à Florence et Hussein pour ce qui devait être leur 160e jour de captivité, l’appel a été maintenu par le Club, pour remercier tous ceux qui ont suivi ses initiatives, lancées depuis août 2004, après l’enlèvement de Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Le dernier rendez-vous en date avait été l’exposition d’une série d’œuvres (intitulée « Otages ») du peintre Edouard Trémeau, dans les locaux du Club. Ce rassemblement a aussi été l’occasion de rappeler que d’autres journalistes manquent à l’appel, comme Guy-André Kieffer (enlevé en Côte d’Ivoire en avril 2004) et Fred Nérac (disparu à Bassora en mars 2003), et d’appeler à toujours entretenir la vigilance. Les rapports de Reporters sans Frontières, qui fête ses 20 ans cette année, continueront malheureusement à signaler des atteintes graves à Cuba, en Chine, en Russie, en Tchétchénie, en Iran, au Bangladesh, au Nigéria, etc., etc.

Un combat moins consensuel

En Algérie et au Maroc aussi, deux pays avec qui la France entretient des rapports étroits, voire parfois passionnels, et où le pouvoir instrumentalise la justice pour régler ses comptes avec une presse trop curieuse ou irrévérencieuse. Au Maroc, un directeur de journal, Ali Lmrabet, s’est ainsi vu interdire d’écriture pendant 10 ans… En Algérie, la sale habitude des « mardis noirs de la presse » est désormais prise : chaque semaine, des journalistes sont condamnés, souvent à de la prison ferme et à de fortes amendes, pour des délits de presse. Youssef Rezzoug (aujourd’hui installé à Paris) est de la liste des condamnés. Il est venu au Club, en mai dernier, parler de ce climat délétère. El Watan, Liberté, Le Soir (sans oublier Le Matin, dont le directeur Mohamed Benchicou est en prison) font partie des cibles favorites. Il y a quelques semaines, le Club a édité une affiche dénonçant une première série de condamnations, malheureusement vite devenue incomplète… Des représentants de la Bourse du Travail de Lille (rue Barthélemy Delespaul) sont prêts à afficher un tel message sur leur façade. En revanche, les quelques mairies sollicitées dans la métropole lilloise ont poliment décliné l’offre... Il faut croire qu’il est des combats pour la liberté de la presse moins consensuels que d’autres. Le soir même de la conférence donnée par Florence Aubenas, un rassemblement était organisé à Paris pour dénoncer la situation en Algérie. Une poignée de personnes y a répondu. Le Club a décidé de suivre ce dossier et envisage notamment de publier des écrits des journalistes condamnés.■

L. F.


 

 
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Faouzia Allienne