Fréquence Nord a l’âge de raison (juillet 2000)

Fréquence Nord, autrement appelé « La fille aînée de l’Église » (surnom qu’on a donné pendant de longues années, dans les couloirs de Radio France, à cette toute première radio décentralisée) a fété ses 20 ans en mai 2000.

À l’époque, c’est une bande de fêlés (professionnels mais fêlés) qui s’est lancé dans cette aventure sur laquelle devait reposer l’axe essentiel du développement de la « maison ronde »… En 1974, à l’éclatement de l’ORTF, le pouvoir politique décide, dans sa grande logique, de confier les ersatz de radios publiques « provinciales » qui existent à l’époque à la 3ème chaîne de télévision. Conséquence : l’audience de ces radios ne crève pas le plafond.

Le choix de Jacqueline Baudrier

À leur corps défendant, elles souffrent de handicaps majeurs. Elles ont quotidiennement moins de deux heures de programme propre : une demi-heure dans le créneau de la matinal (de 7h à 7h30) et une heure et demi en fin de matinée, avec infos et animateurs. Surtout, les journalistes qui sont affectés aux éditions d’information sont « ponctionnés » sur les effectifs de la télévision. Et comme chacun le sait, un boulanger à qui l’on demande de vendre des fringues, ça ne fait pas forcément un heureux, ni des clients fidèles… Et puis, dans cette période de son histoire, Radio France a la chance d’avoir à sa tête une véritable patronne, une très grande dame de l’audiovisuel Jacqueline Baudrier.
Elle défend tout de suite l’idée qu’il est plus logique de confier tout ce qui est radio de service public à la seule entreprise dont le métier est justement de faire de la radio. Elle s’emploie donc à « récupérer » d’une façon ou d’une autre ce que la loi vient paradoxalement de confier à une entreprise dont la vocation est de faire de la télévision !
Et finalement, en 1979, elle obtient de la tutelle l’autorisation de lancer trois expériences différentes et complémentaires sous les couleurs de Radio France. Un an plus tard, la première à voir le jour sera donc, le 19 mai, Fréquence Nord, à l’échelle des trois départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme (près de 4 millions d’habitants).

Premiers pas folkloriques

La deuxième expérience sera rurale et départementale, en Mayenne, à Laval (moins de 300.000 habitants). Enfin, la troisième sera urbaine, à Melun, ville dortoir de la banlieue parisienne. De ces trois radios, Fréquence Nord est d’ailleurs la seule à avoir, pendant les trois premières années de son existence, un statut juridique hybride puisqu’il s’agit d’un GIE regroupant Radio France et F3.
Les premiers pas de Fréquence Nord sont plutôt folkloriques : les locaux tiennent plus de la radio libre ou du terrain de camping que du média pro. Une surface de 150m2 au premier étage d’un immeuble de bureaux, 209 rue Nationale, quelques, deux ou trois tables, et à 5h du matin, ce 19 mai, le premier disque qui refuse de partir à cause d’une tête de lecture mal positionnée… et l’angoisse dans la voix des pionniers matinaliers : Yann Aribar comme animateur et Jean-Marie Ragot aux infos.
Et surprise, c’est très vite un succès d’audience. On l’espérait, mais on ne s’y attendait pas ! L’antenne devient rapidement incontournable. En moins de deux ans, la courbe de sondage qui au départ frisait l’électroencéphalogramme plat, grimpe à près de 20 points. Fréquence Nord s’installe hardiment en 2ème position du classement radiophonique régional, loin derrière RTL, certes, mais aussi loin devant Inter et Europe…

Merveilleux fous parlants

Les raisons de ce succès ? D’abord, c’est la nouveauté. Nouveauté dans le produit et nouveauté dans la proximité. Deux notions aujourd’hui communes et qu’est à peine en train de découvrir, 20 ans après, le monde de la télévision. Et pour « touiller » cette sauce, une poignée de « merveilleux fous parlants », dont le seul mérite a été d’avoir de la terre du Nord accrochée à ses semelles. Et cela a été, pendant des années, de grands moments de bonheur et d’émotions, partagés avec les auditeurs.
En vrac et dans le désordre : la fermeture des mines et de la sidérurgie dans le Valenciennois, bien sûr, mais aussi la fameuse « danse des canards » lancée par la station, la randonnée Lille-Hardelot, l’Endurock.
Bien d’autres événements ont jalonné les débuts de la station, des coups mémorables, comme cette année 1983 où, à la veille de la rentrée, l’Éducation Nationale, en manque de volontaires, se lamentait de ne pouvoir attirer les enseignants dans la région. Il fallait des profs ? Fréquence Nord allait en trouver… Et en une journée, grâce au réseau naissant des locales Radio France, à coups d’appels sur les diverses antenne du Sud, de directs, d’émissions spéciales et de standards téléphoniques bloqués, il a été déposé sur le bureau du recteur de l’époque, plusieurs centaines de candidatures de sudistes prêts à « l’expatriation » chez les nordistes.
Mais surtout, Fréquence Nord, c’était d’abord des coups radiophoniques et il y en a eu … à la pelleteuse, notamment avec l’émission QQPO (QuoQ’t’enPens’Organisation), dont on ne retiendra qu’une citation qui apprend l’humilité : « te n’seras jamais aussi fort qu’eun mouch’, te n’chiras jamais au plafond ’ ! »


 

 
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