ILS L’ONT DIT AU CLUB

Jean-Claude Casadesus invité du Lundi du Club

A l’occasion de la sortie de son second livre, « la partition d’une vie » entretiens avec Frédéric Gaussin, Jean Claude Casadesus était l’invité du Club le lundi 11 février. Une rencontre animée par Paul K’ros, chroniqueur « spectacle vivant » à Liberté Hebdo et Mathieu Hébert, président du Club de la presse.

Jean Claude Casadesus, chef d’orchestre de l’ONL, est venu présenter sa biographie « la partition d’une vie » entretiens avec Frédéric Gaussin (Photo G.Rouy)

Spécialiste des double-croches et triolets, c’est pourtant sans note que Jean-Claude Casadesus s’est livré pendant plus d’une heure, abordant l’exercice des questions-réponses avec une disponibilité qui a séduit les participants. Celui qui se définit comme un russo-catalan né à Montmartre a partagé de nombreuses réflexions sur son parcours, son métier de chef d’orchestre et de directeur de l’ONL.

C’est un concert symphonique à l’âge de 11 ans qui a éveillé la vocation de chef d’orchestre. Un désir qu’il concrétisera 33 ans après avoir multiplié les rencontres en tant que percussionniste et soliste symphonique (Boulez, Ménuhin, Brel, Aznavour...). Un titre prestigieux, un métier mystérieux pour le public. Tenir la baguette, être chef, une appellation à laquelle Jean-Claude Casadesus préfère sa version anglophone, conductor, c’est avant tout être seul. Seul pour travailler l’œuvre sans trahir la pensée de son auteur tout en osant quelques transgressions pour en donner une interprétation personnelle. Seul face à l’orchestre dont il faut gagner le respect, ces « 100 mitraillettes » qui vous testent derrière leur pupitre. Seul face à la critique, dont Jean-Claude Casadesus regrette la baisse de compétence. « Aujourd’hui ce sont les chefs que l’on vire » déclare-t-il avant d’ajouter que « tout est pratiquement de la faute du chef ». Loin d’être subi, ce choix est totalement assumé «  ça se paie d’être chef, il faut être sans entraves... ». Des contraintes effacées par une passion communicative, « la musique est un univers magique », une « religion de la précision et de la rigueur qui offre la possibilité de s’envoler ».

Un ancrage régional

L’histoire a mal commencé et aurait pu tourner court entre Jean-Claude Casadesus et le Nord – Pas de Calais. Arrivé à Lille en 1976 pour prendre la direction de l’orchestre de la radio, un « cadeau empoisonné » selon ses propres mots car il était envoyé pour « finir le contrat d’un orchestre viré » suite à la réduction des crédits de l’Etat. Le jeune chef saisit l’opportunité et décide de proposer un projet à Pierre Mauroy, président du conseil régional : « défricher le terrain » et porter la musique dans toutes les couches de la société, même celles qui peuvent se sentir exclues d’une culture perçue comme élitiste. Il prend alors son bâton de pèlerin et emmène son orchestre à travers la région dans les écoles, les prisons, les usines. Une fidélité mutuelle se crée entre le chef d’orchestre et son territoire d’adoption ; il refuse des postes flatteurs à l’étranger et continue son travail, conscient de participer à la reconversion de la région. Symbole de sa réussite, l’orchestre compte aujourd’hui 126 salariés et vient d’inaugurer récemment une salle du Nouveau Siècle totalement repensée. Un écrin pour ses « OS de la double croche, aujourd’hui sur un petit nuage » de jouer dans une des plus belles salles d’Europe.

Le Festival international de piano sauvé

Jean-Claude Casadesus n’occulte pas pour autant les difficultés rencontrées, cette tournée en Chine par exemple, annulée faute de financement ; ou le Festival international de Piano qui pourrait recevoir le soutien du conseil général du Nord après que le conseil régional a décidé de s’en désengager. Et quand on lui parle d’avenir, il évoque avant tout le public qu’il faut reconquérir après les deux années d’itinérance liées aux travaux du Nouveau Siècle, et la nécessité de changer les codes pour toujours susciter l’étonnement.


La Partition d’une vie : Entretiens avec Frédéric Gaussin, aux éditions Ecriture

N.B.
M.D.

Jean-Claude Casadesus au coté de Mathieu Hébert, président du Club de la presse et de Paul K’ros, chroniqueur « spectacle vivant » à Liberté Hebdo


 

 

 

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