Jorge Semprun : fil rouge pour carte blanche - 25 février 2003


Qu’est-ce qui vous a amené à vous investir de la sorte dans "Dunkerque l’Européenne" ?

Jorge Semprun : J’ai rencontré Michel Delebarre à l’occasion de l’année Malraux. L’une des célébrations les plus importantes s’est déroulée à Dunkerque, ville avec laquelle la famille d’André Malraux a des liens. Plus tard, Michel Delebarre m’a expliqué son projet. J’ignorais ce qui s’était passé le 25 juin 1658, lorsque Dunkerque est devenue tour à tour espagnole, française puis anglaise. J’ai trouvé l’idée amusante et intéressante. J’ai accepté tout de suite la carte blanche qui m’était proposée.

Depuis combien de temps y travaillez-vous ?

J.S.  : L’idée est née il y a un an. Depuis, il a fallu prendre les contacts. Nous avons eu le temps, mais pas trop ! Si des artistes, comme le peintre Eduardo Arroyo, ont accepté d’emblée de participer, certaines institutions et certains musées ont été exclus en raison d’une programmation très chargée.

Comment avez-vous opéré vos choix artistiques ?

J.S. : Ils sont à la fois le produit d’un travail solidaire et d’un travail d’équipe. Je me suis surtout intéressé aux échanges culturels entre Dunkerque et Barcelone. Ce sont deux villes ouvertes sur le large. Aucune de mes suggestions n’a rencontré de problème. Pour les concrétiser, les responsables des structures culturelles dunkerquoises ont fait de nombreux déplacements en Espagne. Il est très agréable de constater que les idées, une fois lancées, peuvent ensuite prendre corps.

Quels sont vos regrets ?

J.S. : J’en ai au moins un : c’est de n’avoir pas pu faire venir, ni travailler avec Sarah Wilson, la conservatrice de la National Galery, à Londres. J’aurais souhaité qu’elle puisse réfléchir à l’"esprit de Dunkerque". L’esprit de Dunkerque, c’est l’esprit de la Résistance. C’est un axe que j’aurais aimé développer.

Michel Delebarre vous a d’ores et déjà proposé une nouvelle carte blanche pour la prochaine édition de "Dunkerque l’Européenne". Cela pourrait être l’occasion de revenir sur cet "esprit de Dunkerque"…

J.S. : Pourquoi pas ? J’ai bien entendu son appel et j’y répondrais. De la même façon, on pourrait imaginer centrer les prochaines journées, en 2005, sur les relations entre la Flandre et l’Espagne. La peinture flamande a été une peinture européenne.

Question plus personnelle : quels sont vos projets littéraires ?

J.S. : Je suis en train de mettre la dernière main à un roman. Je dois remettre le manuscrit à mon éditeur dans les semaines qui viennent. Sa particularité sera d’être écrit en espagnol. Je ne pouvais pas faire autrement parce que c’est une histoire espagnole, celle d’une famille qui se plonge dans les souvenirs de la guerre civile. Gallimard le publiera dans une collection de traduction.

(Photo Gérard Rouy)


 

 
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