Opposée à la construction de Grimonprez-Jooris II

L’association « Sauvons le site de la citadelle de Lille » saisit la justice - 14 juin 2004

Le vendredi 11 juin à 11 heures, le tribunal administratif de Lille doit examiner le requête en « référé-suspension » déposée par l’association « Sauvons le site de la citadelle de Lille » qui demande l’interdiction du démarrage des travaux pour faire passer la capacité du stade Grimonprez-Jooris de 21 à 35 000 places. Elle juge ce projet incompatible avec la préservation du patrimoine et le respect de l’environnement.

En présentant ses arguments à la presse, Frédéric Sawicki (notre photo), porte-parole de « Sauvons le site de la citadelle de Lille » ne mâche pas ses mots. Le stade va doubler de hauteur pour passer de 14 à 29 mètres, explique-t-il. De cette façon, il va « assiéger » la citadelle, joyau de l’architecture militaire de Vauban.

Dans ces conditions, les défenseurs du site se demandent « comment espérer un jour le classement de la reine des citadelles au patrimoine mondial de l’humanité avec un stade écrasant ses remparts et un vaste parking la jouxtant ce qui est la fin certaine de toute mise en valeur ».

Et de poursuivre en se demandant ce que les militaires du nouvel état-major opérationnel multinationalisé de l’armée de terre vont penser de cette installation donnant une vue directe sur leurs petits et grands secrets... Rappelant que cette année 2004 a été la dernière pour la visite de la citadelle par le commun des mortels.

L’association rappelle qu’en septembre 2002, la commission nationale des monumants historiques a rendu un avis négatif (mais qui n’est que consultatif). Non seulement elle s’oppose à l’extension de Grimonprez-Jooris, mais elle prône la démolition du stade actuel afin de rendre à la citadelle la « totalité de son glacis ancien ». En décembre 2002, Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture, passe outre et donne son feu vert au permis de construire.

Pour lutter contre la construction de Grimonprez-Jooris II, l’association « Sauvons le site de la citadelle de Lille » a été créée en janvier 2003. Forte de ses 670 adhérents, elle a les moyens de faire appel à un avocat, Me Manuel Gros, qui a déposé deux recours devant le tribunal administratif, l’un réclamant l’annulation du permis de construire, l’autre dénonçant la régularité de la délibération de la communauté urbaine de Lille.

Soulignant que le nouveau stade sera « une verrue sur un site historique », Me Manuel Gros fera valoir devant le tribunal que le terrain sur lequel doit être bâti le stade est un terrain militaire appartenant par conséquent au domaine public de l’État et non à la communauté urbaine ou à la ville de Lille.

Il soulignera également l’aspect financier de l’opération puisque Grimonprez-Jooris II sera le stade le plus coûteux jamais construit en France par une collectivité locale et payé essentiellement par les contribuables.

« On parlait en 2001 de 38 millions d’euros » explique-t-il avant de poursuivre qu’« aujourd’hui, avant même le premier coup de pioche on en est à 53 millions d’euros (pour 7 à 8 000 places supplémentaires) et Lille Métropole Communauté Urbaine a pris ses précautions en provisionnant 60 millions d’euros. Et à cela il faut ajouter les deux millions d’euros indispensables pour mettre aux normes le stadium Nord qui accueillera le LOSC pendant la durée des travaux ».

Pour « Sauvons le site de la citadelle de Lille », il existe d’autres alternatives, l’agglomération lilloise ne manquant de friches susceptibles d’accueillir dans d’excellentes conditions un tel équipement. Et le stadium Nord est justement une des alternatives possibles puisqu’il appartient déjà à la communauté urbaine et qu’il bénéficie de la présence de nombreux parkings et de la proximité du métro ce qui n’est pas le cas pour Grimonprez-Jooris.


 

 

 

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