ILS L’ONT DIT AU CLUB

L’Automobile club : un pionnier plus que centenaire

L’Automobile Club du Nord de la France (ACMN) célèbre un siècle d’activités. Il donne rendez-vous au public, samedi 21 et dimanche 22 septembre, à l’hippodrome de Marcq-en-Barœul. Au programme : présentation des multiples faces de l’association, contrôles gratuits des véhicules, simulateurs de conduite, exposition de voitures de collections et de voitures électriques et hybrides. Un avant goût a été donné lundi 10 septembre aux membres du Club de la presse. Vous saurez tout sur cette association nordiste dont Robert Hersant avait voulu s’emparer !

Telle que contée par son actuel président, Marc Jeansou, l’histoire de l’Automobile Club du Nord de la France ressemble à un roman. Presqu’un polar. Normal, avant de prendre les rênes de l’association nordiste, son narrateur était commissaire de police.

De gauche à droite : Dany Kowalczyk, Marc Jeansou, Président, Yves Birenbaum, attaché de direction, Philippe Dutrieu, directeur.

A vrai dire, l’ACNF n’a pas cent ans, mais cent douze ! Par centième, il faut entendre la centième assemblée générale qui s’est tenue en juin dernier. Emanation d’une association plus ancienne encore, « Nord-touriste » créée en 1899, l’ACNF est née en 1900, à Roubaix. Pour marquer le coup, ses responsables ont demandé à une école de commerce lilloise de réaliser une étude de notoriété. Il en ressort que, si le nom est connu, ses activités le sont beaucoup moins.

Or, ses activités sont aussi riches que son histoire est palpitante. De Roubaix (son premier président était un industriel roubaisien, Auguste Fraignac), l’association a essaimé sur l’ensemble du territoire français où elle réunit aujourd’hui près de 250 000 adhérents. L’ACNF (8 agences dans le Nord – Pas de Calais) en compte 10 000. « En 1914, ils étaient 13 000 », souligne Marc Jeansou. « Parce qu’à l’époque, on était à Roubaix et que les adhérents de l’association mère, Nord-Touriste, étaient essentiellement cyclistes ».

Développement tous azimuts

Mais dès 1902, l’Automobile Club a également créé l’ « Aéro-Club du Nord ». En 1908, il a lancé le « Moto Club du Nord de la France ». Très vite, il s’est investi dans le sport en créant le circuit des routes pavées en 1922 et en organisant, pour son cinquantenaire, en 1950, un grand prix automobile autour du parc Barbieux, à Roubaix. Pour cette course, la municipalité de Roubaix avait investi 20 millions de francs pour la réfection d’une ligne droite de 900 mètres.

Une autre étape importante porte sur la création d’un service contentieux en 1936. Il sera par la suite enrichi d’un service de défense pénale et d’un service technique. De ces trois entités est née la protection juridique. Elle sera étoffée une trentaine d’années plus tard, en 1979, avec la mutuelle ACDR.

Le service contention et la protection des automobilistes sont sans doute ce qui parle le plus à ces derniers. « On a souvent recours à nous en cas de litige avec un garagiste, et puis bye bye », regrette Dany Kowalczyk. Ce gendarme retraité a notamment en charge la prévention et la lutte contre l’alcoolisme. Cela fait l’objet d’un programme spécifique, en lien avec le Tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer.

Pionnier du contrôle technique

Pionnier du contrôle technique en 1952, quarante ans avant l’obligation légale, l’ACNF a fait de la sécurité routière une des priorités en découvrant les stations services de sécurité aux Etats-Unis. Après l’installation de centres de sécurité, il a lancé les Junicodes (1953), a financé les panneaux de signalisation, a fourni des véhicules équipés à la gendarmerie pour accueillir les blessés, etc. On apprend même que dans les années 80, les futurs moniteurs d’auto-écoles venaient se former dans les centres de l’ACNF.

La formation au rendez-vous

Le catalogue des initiatives et des compétences et long. Il faut par exemple y ajouter le service d’assistance dépannage lancé en 1969, avant les compagnies d’assurance, et la formation développée à partir des années 2000. L’ACNF est notamment agréée depuis 2002 pour organiser des stages de récupération de points du permis de conduire.

Aujourd’hui, son pôle de formation compte une panoplie d’outils conséquente : une voiture tonneau (pour les tests de ceinture de sécurité), des simulateurs de conduite deux roues et quatre roues, un DVD de prévention contre l’alcool et les drogues, des formations pour personnes handicapées avec une piste de sécurité routière spécifique, etc.

Philippe Allienne

www.autoclubnord.com

Le saviez-vous ?

Quand Hersant et Balestre ont tenté de prendre le pouvoir sur l’ACNF

Les vilains putshistes ont manqué leur coup. Mais il était moins une. L’histoire commence en 1950, année du lancement de l’ « Auto Journal » par Robert Hersant et Jean-Marie Balestre. Les deux compères, qui se connaissaient depuis leur militantisme à l’organisation d’extrême droite « Jeune Front », dix ans plus tôt, n’en étaient pas à leur premier mauvais coup.

Une « grande besogne »

Dans le numéro daté du 15 novembre 1950, les lecteurs de l’ « Auto Journal » apprennent la création d’un « Club Auto Journal », concurrent de l’Automobile Club. Le 1er décembre, un second article apporte des précisions. Ainsi, les initiateurs du « Club Auto Journal » ne « souhaitaient pas créer une association supplémentaire, mais avaient le désir de faire vite une grande besogne et de modifier totalement la face des choses ». A travers ces propos menaçants, il annonçaient leur volonté de faire mieux que l’Automobile Club pour l’amélioration des routes, une fiscalité moins élevée sur les voitures, un prix de l’essence plus abordable.

Tout cela sentait le coup fourré. En fait, Robert Hersant et plusieurs membres de son équipe avaient adhéré, très discrètement, à l’Automobile Club du Nord de la France. Ensuite, le patron de l’ « Auto Journal » avait contacté les dirigeants de l’ACNF afin d’insérer une page de publicité de son périodique dans « Nord Automobile », le journal de l’association. Bien sûr, le conseil d’administration de l’ACNF a refusé.

Les « amis du Nord »

Qu’à cela ne tienne. Robert Hersant a poursuivi sa campagne en diffusant des appels aux « amis du Nord » et en contactant des personnalités pour les convaincre d’adhérer à son club. Puis, il a abattu ses cartes. Il a rencontré le directeur général de l’ACNM, Marcel Dehédin, ainsi que les membres du bureau de l’association. Son but : les convaincre de souscrire un abonnement à l’ « Auto Journal » pour l’ensemble des sociétaires. Si ses interlocuteurs acceptaient sa proposition, le futur papivore s’engageait à cesser sa campagne. Echec à nouveau.

Jusque là, la volonté des dirigeants de l’ « Auto Journal » était juste de trouver facilement des abonnements en nombre, grâce au fichier de l’ACNF. La création d’un club concurrent était une menace, un moyen de pression, du bluff. Mais devant le refus des nordistes, Hersant et Balestre sont allés plus loin. Quelques jours avant l’assemblée générale de l’ACNF, le 9 mars 1951, ils ont suscité une multitude de candidatures pour investir le conseil d’administration. Ils comptaient pour cela sur le faible taux de présence lors des AG. En obtenant la majorité, et soutenus par une campagne de l’ « Auto Journal », ils auraient pu prendre le contrôle de l’association et lui imposer leurs volontés.

2000 fidèles contre les putschistes

Le 9 mars 1951, jour de l’AG, la salle Wattremez, à Roubaix, peinait à accueillir les membres. A l’appel du conseil d’administration de l’ACNF, 2000 sociétaires fidèles avaient fait le déplacement. Pour entrer, il fallait exhiber sa carte de membre, une pièce d’identité et se soumettre à une ultime vérification avant de recevoir un bulletin de vote.

On devine la suite. Malgré leurs tentatives pour convaincre, à force de motions et de plaidoyers, Robert Hersant et Jean-Marie Balestre durent se résigner face aux huées. Leurs forces étaient trop peu nombreuses. La 39ème assemblée générale de l’ACNF fit date. Bien plus tard, Robert Hersant créa le groupe de presse que l’on sait et son complice devint le puissant président de la Fédération internationale du sport automobile. Mais c’est une autre histoire.

Ph A


 

 

 

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