L’évolution du nombre de cartes de presse montre la précarité croissante des journalistes

Le nombre de détenteurs de la carte de presse a augmenté en 2012. On compte aussi plus de journalistes précaires.

Après deux années de baisse, le nombre de journalistes ayant obtenu leur carte auprès de la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels (CCIJP) repasse à la fin de 2012 au-dessus de 37 000, un seuil dépassé seulement entre 2007 et 2010 : 37 012 cartes délivrées, pour 36 815 en 2011, dont 35 012 journalistes en renouvellement annuel de leur carte et 1993 en premières demandes.

Cette évolution s’explique par la création d’un certain nombre d’entreprises accédant au statut d’éditeur de média, notamment dans l’information en ligne : beaucoup de premières demandes concernent le web.

46 % de femmes

D’autre part, depuis plusieurs années, la CCIJP a décidé de maintenir à 500 euros le seuil minimum du revenu nécessaire pour retenir l’exercice du journalisme comme « activité principale », ouvrant droit à la carte professionnelle. Au-dessous du seuil d’un demi-Smic, la Commission réunie en formation plénière apprécie les demandes au cas par cas. Compte tenu des difficultés de l’emploi, notamment en province, cette mesure permet à des professionnels au statut très précaire d’obtenir ou de maintenir leur carte.

Le nombre des femmes chez les titulaires de la carte de presse est régulière depuis 2002 (+ 17 %). Au 3 janvier 2013, les femmes journalistes représentent 46 % des effectifs de la profession, contre 41 % dix ans plus tôt.

La précarisation augmente aussi depuis cinq ans. En effet, depuis 2008, année du plus grand nombre de journalistes mensualisés, le nombre de salariés mensualisés est en baisse de 5,5 % (soit 1.612 personnes), alors que le nombre de pigistes augmente de 17 % (1.155 personnes). Le taux de pigistes parmi les titulaires de la carte est passé de 18,2 % en 2008 à 21,4 % en 2012.

Parmi les nouveaux professionnels de 2012, 1.227 (62 %) sont des pigistes, pour 766 mensualisés (38 %). 293 sont diplômés d’écoles de journalisme au cursus reconnu.

Quant aux titulaires de la carte demandeurs d’emploi, leur nombre augmenté dans la période de 162 (+12 %), le taux de chômage évoluant de 3,4 % à 4 %.

Et dans le Nord-Pas de Calais ?

Dans le Nord-Pas de Calais, on comptait, fin 2012, 764 journalistes salariés au mois et 178 journalistes salariés à la pige ou en CDD.

Plus largement, la Commission a, depuis quatre ans, ouvert ses fichiers (dans le respect de la confidentialité des données personnelles) aux chercheurs de l’université Panthéon-Assas (Paris), qui publient une étude décennale sur « les journalistes français » (1990, 2000 et 2010), ainsi qu’à l’Observatoire des métiers de la presse, qui en produit une étude annuelle, disponible sur son site. L’étude 2012, pas encore en ligne, confirmera au moins deux tendances figurant dans le rapport 2011 : plus de journalistes précaires et plus de femmes, qui demeurent cependant minoritaires aux postes de décision.


 

 

 

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