Regards de Presse

La guerre en direct

Le 4ème Regards de Presse accueillait un invité particulier pour clore sa saison, Pierre Verborg, colonel au sein de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre. Après trois journalistes, c’est en effet un militaire qui est venu à la rencontre des lecteurs à l’occasion de la publication de son livre « Envoyez les Hélicos ». Faisant mentir la vocation de « grande muette » de l’armée de terre, le témoignage de Pierre Verborg a été l’occasion de mieux comprendre l’engagement et le vécu des soldats sur le terrain, plus particulièrement lors des récentes opérations de maintien de la paix ou de lutte contre le terrorisme en Afrique et au Moyen-Orient.

Pierre Verborg, colonel au sein de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre et Hervé Leroy, administrateur du Club de la presse

Fidèle à la description de l’ouvrage par Hervé Leroy, Pierre Verborg est un invité au ton direct, propre au monde militaire, qui réussit sans peine à faire partager ses expériences.

Interrogé sur son rapport aux médias, Pierre Verborg a resitué les enjeux de la diffusion d’informations liées aux opérations. « L’ennemi est intelligent, il cherche l’information ». Du côté de l’officier, l’objectif est « la réussite de la mission et de ramener tout le monde  ». « Le succès vient de l’effet de surprise et de la brutalité de l’opération » explique-t-il, citant en exemple l’opération Harmattan en Libye en 2011. En cela, presse et armée ne font pas toujours bon ménage, les médias étant toujours en recherche d’informations sur les engagements militaires en cours. Cette réserve est également nécessaire pour préserver l’entourage des soldats, notamment pour ne pas leur faire porter un stress trop important.

Cependant, l’image fait également partie de la guerre moderne, elle est donc devenue un enjeu important, forçant l’institution a évoluer. La tendance actuelle est aux journalistes « embarqués » (embedded en V.O.), accueillis au sein d’une unité. Une immersion « qui donne une meilleure perception de la réalité » et atténue «  une approche offensive » des journalistes, selon Pierre Verborg. Son livre s’intègre également dans cette politique de communication. En effet, c’est à la demande de sa hiérarchie qu’il s’est plié à l’exercice de l’écriture, lui qui se voit « bien soldat, pas auteur ».

Toujours en dernier recours ?

Plusieurs éléments importants ressortent de cet échange. Tout d’abord, la carrière militaire reste une vocation, les notions de sens du service et de fierté sont revenues plusieurs fois. « Le drapeau tricolore fait de l’effet à l’étranger », celle de dépassement de soi également. Du point de vue du pilote d’hélicoptère, le combat est un « choc de volonté » qui nécessite une préparation importante physique et psychique. Une exigence justifiée par le potentiel de destruction de ces machines coûtant plusieurs millions, elle impose d’ailleurs aux pilotes de revalider leurs autorisations tous les ans…

Des actions dont les résultats sont souvent sujets à discussions ? Pour lui, «  l’intérêt d’une intervention se jauge dans la durée, dans la succession d’actions économiques et diplomatiques ». Interrogé sur l’enlisement de la situation en Libye, Pierre Verborg estime que les observateurs ont tendance à oublier la chronologie et le contexte d’origine des conflits. Au lancement de l’intervention en Libye par exemple, le pays était classé comme terroriste, jouait de sa position de plaque tournante des flux de migrations, sans oublier les mouvements du printemps arabe à ses frontières. Des éléments qui justifient amplement selon lui l’envoi des troupes de l’opération Harmattan en 2011.

Pour Pierre Verborg, l’usage de la force s’est toujours fait en dernier recours, comme lors de l’opération Sangaris en République Centrafricaine en 2013, qui a permis d’éviter des massacres de civils. Un usage toujours encadré par des conditions strictes, notamment l’usage des armes uniquement en réponse à une agression, qui engagent la responsabilité pénale du soldat. Le colonel parle d’une « judiciarisation de la guerre ».

Pourtant confronté à de nombreuses situations difficiles, le Colonel Verborg reste «  optimiste pour le monde de demain  ». Une confiance basée sur « un système militaire » qu’il estime bon et surtout sur le sens du service qui anime les militaires et chefs qu’il a pu côtoyer. Les lecteurs pourront se faire leur propre idée en lisant « Envoyez les Hélicos ».

Rendez-vous en septembre pour de nouveaux Regards de presse...

N.B.


 

 

 

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