La Voix du Nord : Un feuilleton à épisodes, des faits rien que des faits (mars 2000)

L’histoire de La Voix du Nord, premier quotidien de la région, est un véritable feuilleton à épisodes qui va de rebondissements en rebondissements. En quelques dates clés, il est cependant possible de retracer son existence mouvementée, de sa création à aujourd’hui.

u Nord commence à la Libération, le 5 Septembre 1944. Jules Houcke fait paraître au grand jour la feuille clandestine dont les fondateurs sont le journaliste Nathalis Dumez et le policier Jules Noutour. Commence une bataille de 25 ans qui va opposer le Mouvement de Résistance « Voix du Nord » et les dirigeants en place. Puis, un nouveau chapitre s’ouvre.
1978. Début du conflit ouvert entre René Decock, Président, et Robert Décout, rédacteur en chef. L’objet en est la succession du « président » ou la nomination d’un Directeur général. La rédaction souhaite cette transition.
Jean Louis Prévost est nommé Directeur Général adjoint. Journaliste au service économique puis à Bruxelles, il a été désigné comme secrétaire général de l’administration à la demande de Jacques Talpaert, administrateur du journal et ami de la famille Prévost (son père, calaisien, est un des dirigeants du groupe papetier Beghin)
1980. Licenciement de Robert Décout, rédacteur en chef depuis 27 ans
1988. René Decock, président du Conseil de surveillance, nomme Jean Louis Prévost Président du Directoire (ce qui correspond aux pouvoirs d’un Directeur Général).

R.E.S. : DES SALARIES PROPRIETAIRES ?
Janvier 1989. Trois agents d’affaires lillois, MM.Chuffart, Bensoussan et Bels, lancent une tentative d’O.P.A. sur la Voix du Nord.
Juin 1989. René Decock, 81 ans, retiré sur les bords du lac d’Annecy, fait publier une lettre qui propose un rachat des actions au prix de 2.500 F (381,12 euros). Elles étaient estimées auparavant entre 300 (45,73 euros) et 400 F (60,98 euros). René Decock possède la confiance des porteurs de parts du journal, anciens membres du réseau Voix du Nord ou leurs héritiers. Lors des assemblées générales, il reçoit 45.000 pouvoirs sur 60.000.
L’O.P.A. échoue finalement, les agents d’affaires lillois ont racheté 9.000 actions sur 60.000. Le Crédit Agricole les reprendra en 1974 au prix de 6.000 F (914,69 euros) l’unité.
Auparavant a été lancée une opération de R.E.S. (Reprise de l’entreprise par ses salariés). 320 membres du personnel (sur mille) prennent entre une et dix actions. Un « noyaux dur » constitué par quelques cadres dirigeants rassemblés autour de Jean Louis Prévost et du Crédit Agricole prend le contrôle du journal. Un prêt de cent millions de francs (15,24 millions d’euros) est contracté pour les nouveaux actionnaires afin de financer le rachat des titres. Les remboursements sont financés par l’attribution de dividendes avec des conditions fiscales particulièrement intéressantes (crédit d’impôts et déduction des intérêts). Par ailleurs les salariés participants au R.E.S. possèdent un droit de vote double. Pour mener à bien cette opération, est créée la société V.N.I., Voix du Nord Investissement. Tout est légal dans le montage juridique. Certains pensent toutefois que cet épisode a constitué une excellente occasion de rassembler en quelques mains un capital très dispersé et de régler en même temps le délicat problème de la succession de René Decock.
24 Janvier 1996, Mort de René Decock à l’âge de 88 ans. Il a dirigé la Voix du Nord de 1949 à 1996 pendant 47 ans (le premier président à la Libération ayant été Jules Houcke.)

GUERRE AU SOMMET

1996.Conflit déclaré entre Jean-Louis Prévost et Jacques Ménard. Ce dernier, directeur de la publicité, figure parmi les principaux actionnaires du RES, il est Vice président du Conseil de Surveillance. Il semblait donc devoir remplacer René Decock, ce ne sera pas le cas. Il doit au contraire s’en aller. Une nouvelle lutte pour le pouvoir commence.
Vendredi 10 Avril 1998. Les journaux parisiens annoncent que « la Voix du Nord est la cible depuis quelques semaines d’une offre d’achat hostile par un grand groupe ». L’allemand Bertelsmann est cité mais dément !
Le mercredi 15 Avril 1998, le repreneur se révèle, c’est Jacques Ménard, 69 ans, l’ancien directeur de la Publicité. Avec l’appui d’une banque et des groupes de presse intéressés, il offre un rachat de l’action à hauteur de 40.000 F (6.097,96 euros). Il reçoit l’appui au cours de son opération des héritiers de René Decock, qui s’estiment lésés. Du RASAR (Rassemblement des actionnaires salariés et retraités) présidé par Gille Dumortier, responsable du Livre CGT, de l’ancien secrétaire général (licencié) Jean-Pierre Fruit. Au départ le groupe possède 20 % des titres. Il veut atteindre le 33 % de la minorité de blocage.
Le 4 Mai 1998 se tient dans la vaste imprimerie de la Pilaterie, une Assemblée Générale extraordinaire. La Voix du Nord essaye de « verrouiller » le pouvoir en changeant de statut juridique, devenant une société en commandite par actions. Le « groupe Ménard » n’obtient pas la minorité de blocage. La direction en place refuse de valider certains droits de vote, en particulier ceux venant de la succession Decock . On croit que l’O.P.A a échoué, mais les minoritaires revendiquent 35 % des droits de vote... Le journal prévoit la mise en place d’un gérant : la société indépendance dirigée par Jean-Louis Prévost, Jean Louis Oliveau et André Soleau.
Coup de théâtre le 19 Mai 1998. Le Tribunal de Commerce de Lille valide les droits de vote contestés en affirmant que l’agrément de la cession des actions, valable pour les sociétés de presse, ne s’applique pas à Voix du Nord Investissement qui n’en est pas juridiquement une ! Jacques Ménard dispose maintenant de la minorité de blocage.
Le 29 Septembre 1998. On apprend que Jacques Ménard vient de vendre ses actions au groupe belge Rossel, propriétaire du Soir de Bruxelles et de la moitié des journaux de la presse wallonne. 40 % de Rossel est la propriété du groupe Hersant, résultat d’une OPA inamicale menée, il y a 14 ans par... Yves de Chaisemartin, le nouveau « patron » désigné par Hersant sur son testament.

ENTRE ROSSEL ET LA SOCPRESSE
Le 29 Septembre 1998, la Voix du Nord annonce « la création du premier groupe de presse francophone » et l’entrée de Rossel à hauteur de 38 % dans son capital. Tous les cadres de direction vendent l’essentiel de leurs parts. Quant à la société en Commandites par actions, elle sera abandonnée le 22 Mars 1999.
19 Mars 1999. Nouvelle assemblée générale .Les dirigeants reconnaissent que Rossel n’a fait que suspendre sa montée en puissance dans la Voix du Nord. Gérard Minard et Claude Burnod démissionnent. À ces dates, la participation est reconnue à 49 %.
Mars 2000. L’Intersyndicale qui a introduit un recours au Tribunal de Grande Instance se voit reconnaître la possibilité de recourir à la clause de cession. Le groupe Rossel détient 58,03 % des actions et 48,65 % des droits de vote dans V.N.I.
La clause de cession va provoquer le départ de 67 journalistes sur 280, soit près d’un quart des effectifs. Coût : 46 millions de francs (7 millions d’euros) auxquels il faut ajouter 5 millions (0,76 millions d’euros) pour les diverses filiales. Parmi les partants, 26 journalistes ayant entre 35 et 50 ans Certains réservent encore leurs droits et l’on fait valoir par lettre.
Au cours de ces années, l’action va passer de 300 F (45,73 euros) à 2.500 F (381,12 euros) pour atteindre 40.000 F (6097,96 euros) l’unité en fin de période (et même 50.000 F -7622,45 euros- pour le noyau des dirigeants qui ont permis de faire des bénéfices au cours de l’exercice) . Bienvenue aux heureux milliardaires !

À suivre....


 

 
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