Les journalistes publient...

« Le Brésil attend sa victoire à la maison »

Journaliste à La Voix du Nord et La Voix des Sports, David Delporte
s’est penché sur le phénomène football au Brésil. Pourquoi les
Brésiliens gagnent toujours au football (Enquête d’ailleurs
HikariEditions), un ouvrage pour mieux saisir les enjeux du moment.

Le Brésil et particulièrement le football brésilien vous intéressent
depuis longtemps ?

Le football brésilien m’intéresse comme tous les amoureux de football.
C’est une équipe mythique qui a gagné le plus de coupes du monde. Et
puis on a tous en tête des matchs du Brésil contre l’équipe de France.
Moi, le premier gros souvenir c’est 1986, avec la victoire aux tirs
aux buts lors de la coupe du monde au Mexique.
L’idée de faire un livre est davantage venue de mon éditeur, qui, année de coupe du monde oblige, voulait un livre qui ne soit pas un
simple livre de football mais une réflexion sur le succès du foot dans
ce pays, en essayant d’y trouver des raisons politiques, culturelles,
sociales, historiques. Il a fallu fouiller un peu dans l’histoire du
pays pour comprendre l’histoire du football brésilien

Alors pourquoi les Brésiliens sont très bons au football ?

Ça fait un peu cliché de dire que le football est l’ascenseur social
pour les gamins des favelas, mais en même temps c’est une réalité. Ce
n’est pas la seule. Pleins de joueurs parmi les meilleurs, les Pelé,
Neymar, Cafou, Ronaldinho, Ronaldo, qui sont issus des banlieues
pauvres de Rio, de Sao Paulo, de différentes grandes villes du Brésil.
Et dans un pays qui est très inégalitaire, où les minorités ethniques
ont eu longtemps du mal à avoir accès à des postes intéressants,
importants, le football était le seul moyen de se hisser socialement
et d’accéder à un niveau de vie sympathique.

Y’a aussi des raisons culturelles qui expliquent que le Brésil est
aussi un bon pays de football. Je fais des liens avec la danse, la
capoeira, la samba... Ils ont le Gingado, la culture du corps libre.
Cette souplesse de hanche qui explique que des dribbles de brésiliens
se rapprochent de mouvement de danse, qu’ils ont cette facilité à
enchaîner les dribbles.

Y’a des raisons historiques. La mixité ethnique est une force du
Brésil. Les Garrincha, les Pelé et ceux que j’ai cité qui sont des
métisses ou des noirs. Le Brésil qui était raciste a commencé à
intégrer les noirs via le football dans les années 1910-1920. Les
clubs ont fait jouer des noirs qui étaient doués en foot se rendant
compte que y’avait un vrai plus apporté par cette richesse, ce
brassage ethnique qu’ils ont eu.

Autant le football est vraiment sport national, autant les autres
sports en pâtissent un peu ?

Ils en souffrent. A deux ans des JO à Rio, y’a pas mal d’inquiétudes.
Ils ont lancé des programmes pour développer les autres sports. Le
Brésil a du gagner 17 médailles aux jeux d’été, ce qui est moitié
moins que les Français. C’est quand même un pays de 200 millions
d’habitants qui devrait, par son poids démographique, peser davantage
dans l’échiquier du sport mondial. Et non, puisque les jeunes
Brésiliens ne jurent que par le football. La Formule 1 a un peu réussi
à passer à travers les mailles des filets et quelques champions comme
Senna ont eu les faveurs du peuple. Pour les autres sports c’est très
limité. Les journalistes de sport là-bas me disaient que en France le
foot occupe 50% des pages de L’Equipe. Chez eux, c’est 90%. Il ne
reste que des miettes pour les autres sports.

« Les Brésiliens gagnent toujours au football » mais peuvent-ils prendre
le risque de ne pas gagner chez eux la coupe du monde ?

Je pense que ce serait un drame national. Ils l’ont déjà vécu en 1950
où ils étaient convaincus de gagner la finale et ils ont été battus
par l’Uruguay. A l’époque ils ont certainement payé un complexe de
supériorité. Le matin de la finale les journaux présentaient les
champions de monde. Le maire de Rio a fait un discours avant la finale
en félicitant les joueurs qui allaient être les premiers champions du
monde du pays et finalement le Brésil a perdu...

Le Brésil a gagné cinq coupes du monde, c’est le pays le plus titré.
Il a gagné deux fois dans un continent autre que le sien : en Europe
et en Asie. Il est le seul pays à l’avoir fait et il attend sa
victoire à la maison. S’il ne gagne pas cette année, ce sera très mal
vécu la-bas.

Propos recueillis pas Fanny Destombes

Journaliste à La Voix du Nord et La Voix des Sports, David Delporte s’est penché sur le phénomène football au Brésil

 

 

 

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