Après l’annonce de la disparition de Philippe Gildas le 28 octobre, souvenir d’une rencontre avec le journaliste et animateur et journaliste le 20 avril 2010 au Club de la presse.

Le Club de la presse reçoit Philippe Gildas pour son autobiographie.

Le Club de la presse a reçu une figure du PAF ce mardi 20 avril. La sortie de son livre a donné l’occasion d’évoquer avec Philippe Gildas un parcours impressionnant tant il colle avec l’évolution de la radio, de la télévision, de la presse et des médias en général au cours des 50 dernières années. Qui peut se vanter en effet d’avoir commencé sa carrière à Combat, pour ensuite passer par Radio Luxembourg, RMC, Europe 1, la première chaîne, Antenne 2, Canal Plus...

L’homme est simple, chaleureux, sympa. Fidèle à l’image que renvoie la petite lucarne, surtout depuis qu’il a sévit à Canal Plus, dans les années quatre-vingt et quatre-vingt dix. Le Top 50 et l’inoubliable « Nulle Part Ailleurs » avec son complice Antoine de Caunes. Sa démarche, lente et assurée, tranquille, emprunte à celle des navigateurs de sa Bretagne natale. Il prend solidement appui sur un pied avant de glisser l’autre. Sans doute pour mieux coller à la réalité comme les marins s’assurent de bien coller au pont du bateau.

Au bon endroit au bon moment

Il le reconnaît : il est bavard. Très bavard. C’est que, en cinquante ans de carrière, il en a des choses à raconter. Son livre, « Comment réussir à la télévision quand on est petit, breton, avec de grandes oreilles ? » n’a rien d’un mode d’emploi destiné à des étudiants en journalisme qui s’imaginent déjà sous les sunlights du prime-time. Pas du tout. Il fourmille d’anecdotes tout droit sorties d’une mémoire qui n’a pas défailli depuis l’enfance morbihannaise et, surtout, depuis ses débuts dans le métier, à l’aube des années soixante.

Rien pourtant ne le prédestinait au journalisme. C’est le hasard d’une rencontre avec Jean Gouyé (que l’on ne connaissait pas encore sous le nom de Jean Yanne) qui le conduit à quitter ses études de Lettres pour le CFJ. Il commence sa carrière à « Combat », quelques années après la disparition de Camus. Mais il n’est pas reporter tout de suite. Il est secrétaire de rédaction et joue à tout va du lignomètre. « C’est cela qui, plus tard, me permettra de devenir chef des infos à la radio puis à la télé »assure-t-il. En tout cas, cela ne l’empêchera pas de grimper au plus haut dans le métier et sa hiérarchie. Ni de côtoyer et de travailler avec Pierre Desgraupes, Etienne Mougeotte, Michel Péricard, Patrice Duhamel, Jacqueline Baudrier, Jacques Ourévitch, Zitrone, Drucker, etc, etc.

Mais Gildas est aussi un bourreau de travail et un pro exigeant et rigoureux. En mai 68, alors responsable du matin à Radio Luxembourg, il engueule les reporters qui, montés sur des motos, vont inventer « Radio Emeute » en exagérant, selon lui, la portée des manifestations. «  Avant les barricades, les étudiants et les policiers rentraient tranquillement chez eux tous les soirs. Vous parlez d’une situation insurrectionnelle ! », rigole-t-il.

C’est à cette époque qu’une rumeur voulant qu’il soit communiste le rattrape et lui coûte un poste à RMC. Plus tard, cela risquera de se reproduire à la télé. Une histoire de vengeance de la part de certains collègues. Une histoire d’incompétence des RG qui établissent une fiche erronée à partir de son militantisme étudiant à l’Unef.

Suivront ensuite 7 années à Europe 1 avant d’entamer la période qui lui vaut d’être connu même des plus jeunes aujourd’hui. Entré en 84 à Canal+, Philippe Gildas va vivre le début de la première télévision privée de France. Il va beaucoup apporter à la renommé de la chaîne cryptée en produisant le Top 50 puis en animant l’émission « Nulle Part Ailleurs ». Cette dernière est le programme le plus emblématique de la chaîne cryptée, celui qui a révélé Antoine de Caunes, Bruno Garcia, Les Nuls, Les Guignols de l’Info. « Les abonnés voulaient ce qu’on ne trouvaient pas ailleurs », c’est ainsi que l’animateur résume la ligne directrice de ses 11 ans à l’antenne sur Canal+. De son parcours il reconnaît qu’il a « eu la chance d’avoir été au bon moment au bon endroit plusieurs fois  ».

L’information aujourd’hui

« Cinquante ans passés à la diffuser m’autorisent à vous le dire : l’information ce n’est plus comme avant. Trop de communication, trop de facilité et de rapidité font qu’aujourd’hui la machine à informer, lancée à une vitesse folle sur les fameuses autoroutes de l’information, multiplie les embardées et semble devoir échapper bientôt à ses conducteurs » peut-on lire dans le livre. Philippe Gildas constate que la « course à l’échalote », qu’il condamnait déjà en 1968, n’a fait que prendre de l’ampleur. Même s’il reconnaît avoir contribuer à cette évolution il regrette un age d’or ou «  être exact était plus important que d’être rapide ».

Vu le nombre de trublions et d’irrévérencieux que l’on compte dans les rangs de ses partenaires, Coluche en tête, on ne peut s’empêcher de demander son avis à Philippe Gildas sur l’ « affaire » Stéphane Guillon. Selon lui : «  c’est un peu taper dans le dos, il est maladroit mais je ne l’aurais pas viré  ». La méchanceté revendiquée de certains chroniqueurs le fait d’ailleurs réagir, l’humour qui permettait de faire passer n’importe quoi à l’époque de NPA est souvent aujourd’hui, un regard sur ce que fait Canal+ aujourd’hui lui fait d’ailleurs avouer «  Si j’étais resté les Guignols ne seraient pas aussi méchants ».

Aujourd’hui Philippe Gildas continue l’aventure de la télévision sur la TNT, il a lancé la chaîne Vivolta en 2007, destinée en priorité aux femmes. Il y anime une émission hebdomadaire intitulée « Alors heureux ? ». L’animateur avoue de lui même en rigolant que le slogan de la chaîne à beau être « Le parti pris du bonheur », « c’est pas pour cela que ça marche ». Des grandes oreilles peut-être, mais absolument pas la grosse tête !

PhA – N.B
Photos et vidéo : Gérard Rouy


 

 

 

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