Le combat pour Nord Eclair (octobre 2000)

La restructuration de Nord Eclair a commencé avec la disparition de postes de travail et la fermeture de deux éditions du journal. De plus, l’avenir reste incertain quant aux éditions belges. Et pendant ce temps, on ne sait toujours pas vraiment qui mène la danse à La Voix du Nord.

À Nord Eclair, le C.E a donné un avis favorable au « projet d’entreprise avec plan social » qui lui été soumis le 19 juillet 2000. La CGT du Livre (Filpac), tout en acceptant l’engagement de négociations, n’a pas formellement signé le document. Ce dernier n’a pas été validé par la Direction générale du travail. Certains passages engageant financièrement l’État ne sont pas conformes à la législation, selon cette administration. Un nouveau texte devra donc être rédigé et soumis au Comité d’entreprise. Des discussions seraient en cours et des éléments nouveaux sont attendus.
Le projet adopté ne semble toutefois pas devoir être remis en cause dans son architecture globale. Il prévoyait la disparition de 241 postes de travail sur 527 sans licenciements « secs ». La répartition des 286 emplois restants, après départs FNE, reclassements et départs volontaires éventuels, se ferait dans deux sociétés distinctes. À Nord Eclair proprement dit, 144 postes sont maintenus dont 70 journalistes et un ensemble d’emplois administratifs (secrétaires), ce qui représente 96 personnes à la rédaction. Le journal gardera aussi une quarantaine de postes pour les autres services (publicité, ventes, administration), ces services faisant l’objet d’un rapprochement avec la Voix du Nord pour l’essentiel.
Une société-filiale est créée dans les locaux de l’actuelle imprimerie rue du Caire à Roubaix : 142 ouvriers du Livre et personnels technique et administratif y sont affectés. Cette filiale réalisera les « travaux extérieurs » (Financial Time, plusieurs quotidiens italiens, Liberté Hebdo et Nord Littoral, quotidien appartenant à la Voix du Nord), ainsi que les trois éditions belges de Nord Eclair.
Les éditions françaises, quant à elles, seront imprimées à la Pilaterie, sur les presses de la Voix du Nord où a été demandé le reclassement de 125 personnes venant de Nord Eclair.

Autonomie rédactionnelle

L’accord cadre signé prévoit l’autonomie rédactionnelle et une « identité éditoriale forte avec une rédaction dédiée et séparée de celle de la Voix du Nord ». Le texte ajoute que « les principes fondamentaux et la charte rédactionnelle de Nord Eclair, bâtis autour de ses valeurs culturelles d’origine (journal démocrate et d’inspiration chrétienne), demeurent inchangés  ».
Deux éditions du journal seront fermées : celles de Douai et de Valenciennes (qui viennent de Nord Matin). L’édition de la Vallée de la Lys (Halluin) est regroupée avec celle de Tourcoing. Il restera cinq éditions : à Lille, Roubaix, Tourcoing, Lens et Béthune-Bruay.
Au total l’effectif de la rédaction comportera 70 journalistes (contre 80 à 90 en période de « hautes eaux »). Quatorze reclassements à la Voix du Nord étaient officiellement prévus, mais ils ne seront sans doute pas nécessaires en raison des départs naturels qui ses sont déjà produits : la rédaction travaille actuellement en sous-effectif.

Projets non validés

Ce projet a été présenté, après examen par le Comité d’entreprise à la Direction régionale du travail et n’a pas reçu l’aval de cette dernière. Les désaccords concernent principalement des départs en FNE à 55 ans. Un certain nombre de dérogations demandées ne seraient pas prévues par la loi.
Surtout, le ministère dirigé par Martine Aubry, demanderait des engagements formels quant au maintien de Nord Eclair à long terme. Le ministère souhaite que les fonds de l’État ne soient pas engagés sans des garanties sur la pérennité de l’entreprise.

Refus du FNE Solidarité

Le plan présenté simultanément par la Voix du Nord et adopté en C.E a été lui aussi refusé, dans sa forme actuelle, avec plus de fermeté encore.
Les dérogations demandées sous l’appellation « FNE solidarité » destinées au reclassement des 125 salariés venant de Nord Eclair sont considérées comme « n’existant pas » par l’administration. Cette dernière ne peut pas, de plus, reconnaître la Voix du Nord comme une entreprise en difficulté, ce qui l’exclut du bénéfice d’éventuelles dérogations. Toutefois, le ministère « ne ferme pas la porte » et il semble que l’on puisse s’acheminer vers des compromis si des assurances suffisantes sont données.
Pour Nord Eclair, un engagement ferme sur l’avenir est demandé. Concernant la Voix du Nord, des solutions sont avancées : le journal financerait lui-même ses départs en préretraite avec une participation de l’État à négocier (par exemple 30 %), le Fonds national pour l’emploi pouvant prendre le relais à partir de l’âge légal du départ qui est actuellement de 56 ans et deux mois.
Les directions des deux journaux se trouvent donc dans l’obligation de revoir le texte de leurs propositions pour les soumettre une seconde fois à l’administration après retour devant les comités d’entreprise. Des négociations sont probablement en cours bien que rien ne transparaisse actuellement.

L’avenir des éditions belges

D’autres préoccupations subsistent. Ainsi, on peut s’interroger sur l’avenir des éditions belges de Nord Eclair. Celles-ci dépendent d’une société distincte installée en Belgique. Elles emploient une trentaine de journalistes à Mouscron, Tournai et Mons. L’hypothèse d’une cession au groupe Rossel (Le Soir de Bruxelles et Sud Presse, premier groupe de presse en Wallonie où il contrôle un grand nombre de titres) est le plus souvent avancée.
Des assurances ont toutefois été données à la rédaction de Nord Eclair, concernant, dans l’éventualité d’une cession, le maintien de liens et d’échanges d’informations qui serait concrétisé par la signature d’une Charte. La disparition d’une institution ancienne, témoignant des racines communes entre le Nord et la Belgique, serait en effet à déplorer.
De même, un silence « officiel » subsiste sur la réalité du pouvoir à la Voix du Nord. Le quotidien est juridiquement contrôlé par Rossel (dont le groupe Hersant possède 40 % des parts). Il y a lieu de penser que la Socpresse exerce désormais l’essentiel des responsabilités dans le quotidien nordiste avec la perspective d’une redistribution ultérieure des cartes. Les quatre millions d’habitants du Nord-Pas de Calais ne méritent-ils pas au moins deux quotidiens (il y en avait cinq il y a trente ans) ?
Le maintien du pluralisme de la presse de notre région reste un rude combat !
Claude Vincent

Thierry Becuwe, Directeur général de Nord Eclair

Au cours d’une réunion qui s ’est tenue mercredi 4 octobre 2000 à Roubaix, Yves de Chaisemartin, PDG de la Socpresse, a annoncé la nomination d’un directeur général à Nord Eclair. Il s’agit de Thierry Becuwe. Ce dernier était, jusqu’au printemps 2000, PDG de la Liberté de l’Est (Épinal). Il a occupé le même poste, il y a quelques années, à l’Aisne Nouvelle de Saint-Quentin et à Nord Littoral (Calais). Nord Littoral fait partie du groupe Voix du Nord. En revanche, la Liberté de l’Est et l’Aisne Nouvelle en sont sortis il y a peu de mois.
Originaire de Lille, Thierry Becuwe, 43 ans, est considéré par ses collaborateurs comme un homme ouvert qui « va sur le terrain » et s’intéresse particulièrement aux problèmes de la rédaction. À noter que Michel Prouvot reste PDG de Nord Eclair.
Par ailleurs, Yves de Chaisemartin a confirmé le plan d’entreprise et les discussions en cours à ce sujet avec l’administration du Travail.


 

 
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