Dominique Dupilet a tenu d’entrée à désamorcer l’acrimonie supposée entre son département et le voisin du Nord : « Voici quelques années j’ai participé à l’engagement en faveur de la candidature lilloise pour les JO de 2004. Je suis donc heureux de me trouver à Lille aujourd’hui, même si je pense que les J.O. de Londres en 2012 sont d’abord une opportunité pour le département du Pas-de-Calais ».
Pas pour trois semaines seulement
« Cette opportunité ne concerne pas seulement les trois semaines que dureront les Jeux d’Eté. Cela va nous permettre aussi de combler notre important retard en matière d’équipements sportifs. Car, pendant très longtemps, il n’y en a eu que pour le stade Bollaert ou celui de Liévin. 2012, ce sont deux défis : sensibiliser la population au sport et faire passer le nombre de licenciés dans un club sportif de 300 000 à 400 000. Le sport est à la fois vecteur d’insertion sociale et vecteur de communication. Mais je dois aussi sensibiliser les élus aux nécessités du développement sportif : les équipements serviront aux entraînements olympiques (avant et pendant les Jeux) mais aussi après. Pour cela nous avons commencé par recenser l’existant et pris contact avec les différentes fédérations sportives afin d’intégrer notre département dans le calendrier des grands événements ».
« Lors des Jeux, nous présentons l’atout d’une acclimatation et d’un coût d’hébergement moins onéreux qu’à Londres ou ses environs. Nous avons donc la possibilité d’accueillir des équipes moins favorisées financièrement que celles des Etats-Unis ou de la Chine. Pour être encore plus proches des sites olympiques, nous avons négocié avec Eurotunnel, l’ouverture d’une ligne ferroviaire Lille-Calais-Ashford sans lien avec Eurostar. De même, doit-on recenser les capacités et inciter nos habitants à accroître les accueils en Bed and Breakfast. Car nous ne serons qu’à une heure des sites olympiques. Nous pouvons imaginer qu’après une journée passée aux Jeux, les gens puissent avoir envie de s’offrir une détente en soirée voire la nuit. Cela suppose de proposer des animations qui fassent goûter la french touch of life à nos visiteurs du moment ».
Au moins 20 millions d’euros
L’ensemble des programmes bénéficie déjà d’une ligne budgétaire de 20 millions d’euros. Mais ce montant pourra être abondé. C’est donc un premier engagement. Les intercommunalités du Pas-de-Calais devrait s’engager pour près de 100 millions d’euros. « Je serais très heureux que l’ensemble de nos partenaires s’engagent fermement sur les divers budgets (conseil régional, intercommunalités, Etat, Europe, voire parfois département du Nord) ». Pas forcément de maîtrise d’ouvrage car selon son président, le Département n’a pas pour objectif de devenir multipropriétaire des équipements sportifs. « Nous assumerons des maîtrises d’ouvrage par défaut. Nous préférons nous focaliser sur l’animation de ces équipements ». Les projets touchent de très nombreuses disciplines.
Il y a ainsi l’athlétisme, la lutte, le judo et la boxe, le tir à l’arc, à l’arbalète, le nautisme (course en ligne, course en eaux vives ou voile légère) le cyclisme (vélodrome ou piste de BMX), l’escrime, le basket, le beach-volley et le badminton, l’escrime, la gymnastique et l’haltérophilie, le football, le basket féminin, l’équitation, le tennis de table ou encore le rugby. Des projets qui couvrent tant la création ex-nihilo que la rénovation-extension. Bon nombre de ces équipements seront davantage orientés vers les Jeux Paralympiques où Berck-sur-Mer offre de superbes atouts. Ces projets maillent l’ensemble du territoire et certains bénéficient déjà du label CIO (Comité international olympique).
Une ouverture sur le monde
Si l’objectif poursuivi par le département est un développement via le sport et le tourisme, il en est un qui tient également au coeur de Dominique Dupilet : l’ouverture du département au reste du monde. Déjà, les J.O. sont une fenêtre sur le monde par le biais d’autres cultures ou d’autres langues. Ainsi des contacts ont-ils été noués avec plusieurs comités olympiques nationaux : Sénégal, Ouzbekistan, Pays Baltes, Afrique du Sud, Algérie, Egypte... « Nous devons accentuer nos efforts vers l’Amérique du Sud ». Selon son président, le Département du Pas-de-Calais devrait accueillir de nombreux gymnastes mais aussi des sportifs français en lutte, boxe, volley-ball ou rugby. Cette fenêtre sur le monde, cette ouverture doit être renforcée en collaboration avec le Kent County Council : la création d’un lycée international franco-britannique est programmée à Boulogne/Mer. Le tourisme chez l’habitant va être encouragé : « Ma maison sera ouverte pour des Beds and breakfast ». Le Pas-de-Calais entend dynamiser les échanges avec son partenaire anglais, le Kent. « Le lien transmanche permet aux Anglais de venir chez nous. Il doit aussi servir nos compatriotes et leur permettre plus de week-end ou de vacances en Grande Bretagne. Je nourris le projet d’ouvrir dans le Kent un centre d’hébergement pour adolescents ». A la remarque d’un confrère signalant l’absence de voiture voyageurs parmi les navettes hors Eurostar, Dominique Dupilet précise : « Eurotunnel et Eurostar vont bientôt renégocier leurs contrats avec les collectivités territoriales. Nous allons pouvoir exiger des navettes « piétons » dans les trains sous la mer ». Enfin, le président du Conseil général du Pas-de-Calais déplore un tourisme hôtelier qui ne s’oriente qu’au sud : « nous devons encourager une approche nordique du tourisme hôtelier. Quand la météo est défavorable, les hôteliers artésiens doivent être capables de proposer des animations propres à agrémenter le séjour de leurs clients ».
Questions d’actualitéA l’issue de la conférence liée aux J.O. 2012, Dominique Dupilet s’est soumis à quelques questions d’actualité. Avez-vous vu le film Welcome et qu’en pensez-vous ? Le comité Balladur vient de rendre son rapport. Pouvez-vous nous donner votre sentiment sur ce sujet ? Sur ce même sujet, alors qu’on parle de donner à Lille un statut de grande métropole, quels sont vos rapports avec le département du Nord et avec Lille ? Une réponse appuyée par Philippe Schröder, actuel président du Club de la presse Nord-Pas de Calais, originaire de Lens, qui affirme : « Notre Club se positionne en tant que club régional. J’ambitionne qu’il puisse disposer d’une adresse physique dans le Pas-de-Calais et qu’il serve davantage les collègues artésiens. De même, lors des J.O de 2012, je pense que les journalistes du Pas-de-Calais doivent se mobiliser pour développer un programme d’hospitalité en faveur des journalistes étrangers, notamment pigistes qui sont de plus en plus nombreux ailleurs comme ici ». |






































































