Les kiosquiers, espèce en voie de disparition - La Lettre du Club n°70 - décembre 2005

Alors que les kiosques sont confrontés à de grosses difficultés, trois nouveaux points de vente de presse viennent d’apparaître à Lille.

Ces deux dernières années, le nombre de kiosquiers à Lille est passé de sept à trois. Celui de la place Richebé a fermé en novembre 2003, ceux de la rue Faidherbe et de la rue du Molinel, en mai et juin 2004. Quant à celui situé devant l’entrée du centre commercial Euralille, unique création depuis longtemps, il aura connu une première période d’existence assez éphémère. Son gérant a en effet jeté l’éponge depuis six mois. Il en reste un place Rihour, un deuxième place de la Nouvelle Aventure, à Wazemmes, et un dernier sur le boulevard de la Liberté. « Plus la fermeture dure, plus la reprise s’avère être difficile », précise Daniel Hottin, responsable de l’agence lilloise de la SAD (Société d’agences et de diffusion), filiale des NMPP (Nouvelles messageries de la presse parisienne). Même inutilisés, les édicules sont entretenus et l’affichage publicitaire est régulièrement renouvelé.

Une mise de 15 000 euros

Cependant, les conditions de diffusion en kiosque dissuadent plus d’un candidat. Le kiosque est fourni par l’Administration d’affichage publicitaire (AAP), qui s’acquitte d’une redevance d’occupation auprès de la ville. Leur gestion est confiée à des travailleurs indépendants (les kiosquiers), rémunérés à la commission par la SAD. « Ils n’ont pas de droit d’entrée à payer, souligne Daniel Hottin. Mais lorsqu’ils s’installent, ils ont besoin d’un fonds de roulement d’environ 15 000 euros ». Les invendus sont repris mais il faut financer le stock au démarrage de l’exploitation. Les horaires de travail sont très exigeants. La SAD n’impose rien, assure-t-elle, mais pour vendre, une très forte présence est nécessaire. La livraison des titres commence dès 6 heures et le kiosquier est à son poste durant 10 à 12 heures, six jours sur sept, dans un espace de 10 à 15 m2. Compte tenu de la rémunération qu’il verse à l’AAP et de ses propres cotisations sociales, son revenu mensuel s’établit entre 1 200 et 1 500 euros, avec parfois des pointes à 1 800 euros.

Les fermetures de kiosques et les difficultés à trouver des repreneurs sont d’autant plus préoccupantes que ce système permet de densifier le réseau de diffusion dans les centres-villes. Le succès de la presse gratuite, présente à Lille depuis deux ans, pose un souci supplémentaire aux diffuseurs. De nouveaux débouchés apparaissent cependant. Longtemps réticente, la grande distribution s’intéresse à la presse pour diversifier et fidéliser sa clientèle. En France, on compte environ 700 rayons presse derrière les caisses de supermarchés et hypermarchés. A Lille, le Champion de la rue Gambetta en fait partie. Depuis mi-octobre, on peut également acheter son journal ou sa revue dans un espace spécialisé (approvisionné par la SAD) de l’hypermarché Carrefour d’Euralille.

Le Furet du Nord inspire la Fnac

Le 1er mars dernier, avec le soutien de la SAD, la Fnac de Lille a également ouvert son espace presse de 80 m². Très inspiré par le succès de son concurrent voisin, le Furet du Nord, c’est le premier en France dans le réseau Fnac (groupe PPR). Au lieu de poursuivre l’activité du Fnac Café, la directrice du magasin, Christiane Belot, a défendu cette idée, approuvée par le Conseil supérieur des messageries de presse puis avalisé par la direction générale de la Fnac. Le projet lillois (50 000 euros d’investissement) a valeur de site pilote. « En moyenne, nous recevons 300 clients par jour, soit 6 500 à 7 000 passages en caisse par mois », confie Claude Louis, responsable du Fnac presse. Pour équilibrer le premier exercice, un chiffre d’affaires de 500 000 euros doit être atteint. A terme, la Fnac vise 800 000 euros par an. Autre nouveauté : l’ouverture par les Messageries lyonnaises de presse (MLP) d’un magasin Agora, le 8 avril, rue des Ponts de Comines. Les 100 m² du point de vente, qui vend aussi des livres, sont dédiés à 70% à la presse. Lille est le 5e de ce type après Lyon (deux magasins), Paris et dans un centre commercial d’Evry.

Philippe ALLIENNE


 

 
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