Liberté Hebdo en redressement judiciaire

Statuant ce lundi matin, 4 août, le tribunal de commerce de Lille Métropole a accepté une procédure de redressement judiciaire, avec mise en observation de 6 mois pour « Liberté Hebdo ». Six mois, c’est donc le délai dont dispose désormais la Société d’édition de presse et de communication du Nord (SEPECN) qui porte l’hebdomadaire communiste en difficulté.

La Une du numéro 1130, daté du 1er août, laissait pourtant peu de doute quant à l’avenir immédiat du titre. Barrée des deux mots interrogatifs « LA FIN ? », en lettres capitales, elle prévenait ainsi le lecteur : « C’est peut-être le dernier numéro de Liberté-Hebdo que vous tenez entre les mains. Faute de financements nouveaux, votre journal sera convoqué devant le tribunal de commerce ce lundi 4 août, quasiment 70 ans après la naissance du quotidien « Liberté ». Le tribunal pourrait décider l’arrêt pur et simple de la parution et la liquidation du titre (…). »

Or, ce lundi matin, c’est un coup de théâtre qui s’est joué entre 10h05 et 10h30. Alors que le nouveau gérant Franck Jakubek, qui vient de succéder à Michel Defrance, ne voyait pas d’issue en terme de financements et d’assainissement rapide de la dette, le tribunal s’est montré particulièrement intéressé par la présence des salariés et l’intervention de leur représentant Ludovic Finez. « Votre journal, a notamment dit le président de la séance, représente une véritable utilité sociale ». Une phrase qui a fait tilt au sein de l’équipe de Liberté Hebdo, bien résolue à se battre pour le maintien de l’hebdomadaire.

Faut-il dès lors parler de « sursis » ou de période transitoire sous perfusion ? Toujours est-il que chacun au sein de l’équipe, a bien conscience de la difficulté de l’enjeu. Mais la décision du tribunal permet à coup sûr d’éviter une décision brutale et définitive. Le versement des salaires pourra être soutenu par les AGS (avec suivi d’un juge-commissaire) et la dette est suspendue durant la période probatoire. Un autre juge commissaire suivra les évolutions de la société et un mandataire, Me Soinne, établira un rapport sur les possibilités et les perspectives d’avenir.

Si la Sepecn parvient à redresser la barre, et n’alourdit pas la dette, un étalement de cette dernière devrait être étudié à l’issue des six mois d’observation. En attendant, l’actuel gérant est maintenu dans sa mission et le journal continue son activité. Après la comparution devant le tribunal de commerce, l’équipe a regagné ses bureaux, rue Roger Salengro, à Lille- Hellemmes, pour préparer le numéro de vendredi.

Pour l’avocat du journal, le cabinet de Me Soland, « cette décision est une chance pour développer les projets imaginés par la rédaction ».

Créé fin 1992, « Liberté Hebdo » succède au quotidien « Liberté » disparu la même année. A l’époque, la Fédération nordiste du Parti communiste avait estimé nécessaire la relance d’un titre. « Liberté Hebdo » emploie 11 salariés dont 4 journalistes à temps plein et 3 pigistes et 4 personnes dans les services administratifs. Selon Franck Jakubek, il faut trouver 3000 abonnements nouveaux d’ici la fin de l’année. Prochain rendez-vous au tribunal, pour faire le point : 17 septembre.

Ph. A

Communiqué des salariés de Liberté-Hebdo

Liberté-Hebdo en redressement judiciaire : le combat continue !
Hellemmes,

le 4 août 2014

Ce matin, le tribunal de commerce de Lille Métropole examinait la situation de la SEPECN (Société d’édition de presse et de communication du Nord), qui édite Liberté-Hebdo, confronté à une situation économique très difficile depuis plusieurs mois.

Comme le titrait Liberté-Hebdo ce vendredi, on pouvait craindre une liquidation et une disparition pure et simple du titre, issu du quotidien communiste Liberté, lui-même fondé il y a presque 70 ans, au moment de la libération du Nord.

Le tribunal s’est montré sensible à la mobilisation des salariés, présents à l’audience, et à leur volonté de poursuivre le développement d’un journal qui met en avant les luttes progressistes menées dans le monde politique, social, associatif, culturel...

Le tribunal a décidé une mise en redressement judiciaire avec période d’observation de six mois. Les juges ont estimé que Liberté-Hebdo avait une « utilité sociale » et ont même encouragé les salariés dans ces termes : « Tenez bon, sans vous rien n’est possible. » Pour autant, rien n’est gagné et le risque de liquidation plane toujours. Une nouvelle audience est d’ailleurs programmée le 17 septembre au tribunal de commerce.

Les salariés poursuivront leur combat pour faire vivre un titre indispensable dans le paysage médiatique régional, qui tend de plus en plus à s’uniformiser. Liberté-Hebdo a besoin de plus de lecteurs, ce qui passera par des projets élaborés en commun par l’équipe, ses lecteurs, ses amis... Dans les jours à venir, des initiatives seront prises pour mobiliser toutes les énergies.

Blog de Liberté-Hebdo : libertehebdo.org
Contacts :
Bruno Cadez, rédacteur en chef, tél. 06 86 82 56 37
Ludovic Finez (SNJ-CGT), représentant des salariés, tél. 06 62 23 42 53


 

 

 

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