Mediacités : "Le moment que nous vivons nous impose de nous renouveler et de nous adapter"

, par communication@clubdelapressenpdc.fr

Jacques Trentesaux, rédacteur en chef de Mediacités, journal en ligne consacré à l’investigation locale notamment à Lille, revient sur les adaptations et les initiatives originales de son média face à la crise sanitaire.

Comment votre média, qui fonctionne sans recettes publicitaires et qui repose sur les abonnements, s’est-il adapté à la crise et a réussi à publier plusieurs reportages sur le coronavirus ?

Comme la plupart des médias, nous nous sommes entièrement repositionnés, dès le mercredi 18 mars, pour traiter l’actualité du Covid-19 dans nos villes de présence (Lille, mais aussi Lyon, Toulouse et Nantes). Cela a pris la forme d’une plateforme dédiée. Cela repose aussi sur la conversion de notre outil de questions/réponses et de fact-checking « Véracités » sur le coronavirus (et non plus sur les municipales). Nous avons décidé de mettre « Véracités » en accès libre et nous avons ouvert un certain nombre de nos archives pour faire découvrir notre travail à un nouveau public.

Sur un plan pratique, nous avons fonctionné en téléconférence quotidienne pendant un mois, avant d’espacer nos réunions à deux par semaine. En temps normal, nous n’avons qu’une réunion de rédaction par semaine. Nous n’avons jamais imposé à un journaliste de sortir. Chacun était libre d’aller à l’extérieur ou pas pour effectuer des reportages.

Quelles sont les particularités de Mediacités qui lui ont permis de se différencier par rapport à ce que proposent les autres médias ?

Nous avons veillé à garder, autant que possible, notre spécificité de site d’investigations locales. Nous avons donc traité du Covid-19 avec cette focale locale et toujours à la faveur d’enquêtes approfondies. On s’est intéressé à la gestion de la crise par les collectivités et les hôpitaux, aux populations fragiles particulièrement exposées (étudiants en foyers, centre de rétention, prison, personnes handicapées, etc.) de chacune de nos villes et aux acteurs économiques locaux (Airbus à Toulouse, Rabot-Dutilleul à Lille etc.). Mais il a été plus difficile de se singulariser qu’à l’accoutumée car tous les confrères étaient sur le même sujet.

Nous avons aussi testé notre public sur le contenu publié et leurs souhaits. Notamment pour comprendre à partir de quand nous pouvions commencer à parler d’autre chose que de la crise sanitaire (c’est vraiment effectif depuis la dernière semaine d’avril). Les réponses à notre questionnaire nous ont incité à lancer des enquêtes « orientées solution » sur des initiatives vertueuses pour maintenir le lien en période de confinement.

Où en est le retour des abonnements après leur baisse au moment du pic de la crise ?

Il y a eu un arrêt brutal des nouveaux abonnements pendant une semaine avant, fort heureusement, une reprise assez soutenue - bien qu’à un rythme inférieur à la période pré-électorale. Nous allons réussir à faire les 2/3 de notre objectif de gain d’abonnés grand public en avril (en gros + 100 versus + 150). Ceci montre une belle résistance de Mediacités malgré le contexte. En revanche, la conquête d’abonnés professionnels est plus complexe. Fort heureusement, là encore, nos taux de réabonnement sont excellents.

Côté audience, le site a connu plus d’un doublement de fréquentation (375 000 visiteurs uniques en mars). Ceci s’explique en partie par les articles gratuits, mais aussi par un appétit plus prononcé du public pour de l’information en cette période trouble.

Quel est l’objectif du « nouveau chantier » sur les réponses locales à la crise sanitaire ? Quels sont les domaines concernés (environnement, social, économie, politique…) ?

Nous avons acquis la conviction que, après cette période de paralysie historique, nous ne pouvions pas repartir sur les mêmes bases qu’avant. C’est pourquoi nous avons mis en ligne, le 29 avril, une nouvelle plateforme centrée sur les solutions pour l’après. Beaucoup de médias ont initié des réflexions avec leurs lecteurs pour l’après-Covid. Nous essayons d’aller un peu plus loin en sollicitant notre communauté (abonnés ou non), afin de faire remonter des réponses locales concrètes à la crise. En clair, plutôt que les « il faudrait » ou « il n’y a qu’à » souvent incantatoires mais qui ne débouchent sur rien de concret, nous voulons cerner ce qu’il y a eu de bon dans la période pour extraire des solutions pour demain.

Notre communauté nous aide à repérer des initiatives sur lesquelles nous enquêterons afin de comprendre à quelles conditions elles pourraient être pérennisables et duplicables. Exemple : un groupe d’enseignants a mis en place une hot-line pour le soutien des élèves en difficulté en raison du confinement. Cette initiative peut-elle être maintenue après le déconfinement et si oui dans quelles conditions ? Quelles sont ses limites et ses points forts ? Je pense que nous ne nous sommes pas trompés car, en 24 heures, nous avons déjà recueilli plus de 70 contributions. Bref, c’est notre contribution journalistique, menée avec nos lecteurs, pour que la crise n’ait pas servi à rien.

Il est important de souligner que cette offre éditoriale ne remplace pas notre ligne habituelle : enquêter sur les pouvoirs locaux. Elle la complète opportunément. Le moment que nous vivons nous impose de sans cesse nous renouveler et de nous adapter.


 

 

 

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