Mermet donne rencard à ses auditeurs le 21 janvier

Les Amis de « Là-bas si j’y suis » ne sont pas près de lâcher le mythique capitaine de l’émission tout autant mythique. Ceux de Lille, en partenariat avec le Club de la presse et l’ESJ, ont invité Daniel Mermet lundi 17 novembre. Avec la verve et la passion qu’on lui connaît, il a présenté son nouveau projet : un « Là-bas si j’y suis » sur le net, avec les habits d’un 7h-9h, mais en… neuf. Z’allez voir ce que vous allez entendre !

Daniel Mermet est venu au Club de la presse Nord - Pas de Calais le 17 novembre 2014 pour présenter son projet de site « Là-bas sur le net »

A la trappe, Mermet et son émission radiophonique de l’après-midi ? Après de nombreuses alertes, déplacements dans la grille, menaces de suppression, « Là-bas si j’y suis » a finalement été rayé des ondes de France Inter le 25 juin 2014. Les chiffres sont parfois cruellement ironiques. « Là-bas… » avait démarré en 1989. Elle a duré 25 ans. Tout de même. Mais pas assez.

« A l’époque, se souvient Daniel Mermet, je voulais consacrer une émission aux voyages ». Rapidement, celle-ci s’est transformée en rendez-vous de reportages, souvent décalés mais toujours connectés avec les gens dont on parle si peu et à qui l’on donne si peu la parole. Appelons-les «  le peuple ». Des « repaires », logés dans des bistrots, ont été créés un peu partout en France afin de réunir, autour de débats, les fans de l’émission : « Les amis de Là-bas si j’y suis », les « auditeurs modestes et géniaux », les AMG ainsi baptisés par Mermet. Chaque jour, ils s’exprimaient, ainsi que de nombreux autres auditeurs, sur le répondeur de « Là-bas… ». Et cela faisait l’introduction de chaque émission. 

Chirac a tenté, Sarkozy a essayé…

Ecolo, altermondialiste, alternative, populaire, dissidente, etc., les qualificatifs sont nombreux pour une émission qui a su diversifier ses sujets, s’adapter aux époques (un quart de siècle tout de même !), s’adapter aux contraintes (brimades ?) de la chaîne. Mais dans une époque qui sacrifie résolument au consensus et qui baigne dans la défense du néo-libéralisme, il fallait bien que la course s’arrête. Le coup d’arrêt fut net et sans bavure. En fin de saison, sans donner aucune chance à Mermet et à son équipe de s’amuser à lancer des pétitions et des appels à n’en pas finir au peuple radiophonique. Dame, on les connaît. Autant anticiper et faire efficace.

La dame en question n’est autre que l’actuelle directrice de France Inter, Laurence Bloch. Elle n’en est pas à son coup d’essai. Mermet commente en substance : « Des patrons comme Cavada ou Hess, qui ne sont pas particulièrement des amis, laissaient au moins dire. Mais Laurence Bloch souligne elle-même qu’elle n’est pas journaliste, mais gestionnaire ». Signe des temps, signe d’une époque. Il y a bien eu quelques arguments fallacieux : émission en perte de vitesse, limite d’âge pour son producteur…. Et ce dernier de répondre aussi sec : la perte d’audience de 2006, résultant du changement de case horaire (l’émission avait été ramenée dans le créneau 15h – 16h au lieu de 17h-18h) avait largement été compensée depuis. Quant à la limite d’âge, on apprendra que cela ne peut concerner quelqu’un qui est en CDD depuis 1976 ! Comme l’a écrit le Syndicat national des journalistes (SNJ) à la veille de la suppression de l’émission : « Chirac a tenté, Sarkozy en a rêvé puis a essayé. Ce serait un comble que Hollande réussisse à le faire ». Bingo.

7 000 abonnements

Aucun doute, l’émission n’a aucune chance de faire son retour sur les ondes radiophoniques du service public. Alors, dès le 27 août, Mermet annonce qu’il compte reprendre le collier sur le net. « De la trappe à la toile ». C’est le titre que porte une vidéo présentée l’autre soir devant un amphi où il fallut refuser du monde. C’est la super bande annonce de ce que devrait être le nouveau « Là-bas si j’y suis ». Mermet veut la placer en réaction des matinales que proposent les radios privées ou du service public. Ce sera un sept-neuf neuf.

Il y aura des plateaux, il y aura des reportages, il y aura des gens comme Frédéric Lordon, mais il y aura surtout l’esprit de « Là-bas ». C’est-à-dire, de la voix discordante avec les matinales qui ressassent souvent (toujours) les mêmes idées. C’est encore davantage le cas lorsqu’il s’agit de parler économie. Le libéralisme fait figure de pensée unique. Pas avec des gens comme Lordon ou Mordillat, soutien de la première heure, qui évoque une acte de « résistance ». Par exemple. Même s’il faudra faire plus bref, plus court, que le format connu de l’émission radiophonique.

A l’instar de Basta mag, d’Arrêt sur images ou de Nada Info, la plate-forme lancée par le documentariste nordiste Gilles Balbastre, « Là-bas » se veut une « nouveau média critique, indépendant et engagé », répète Mermet, qui se dit « journaliste » avant d’être « militant ». « Nous défendons un journalisme rigoureux, populaire, original et engagé », dit-il.

Reste à trouver les moyens. Depuis que Daniel Mermet a lancé sa campagne d’abonnement, à l’occasion de la Fête de l’Humanité, il a récolté 7.000 abonnements. A raison de 60 euros par an, le compte n’y est pas encore. Il en faudrait environ 20.000. Daniel Mermet se montre confiant et donne rendez-vous pour sa première : le 21 janvier 2015.

Philippe Allienne
Photos : Gérard Rouy
Vidéos : Philippe Bruyelle

L’antenne ouverte aux RG

« Là-bas » sur le net s’appuiera sur une équipe d’une dizaine de personnes, dont « cinq ou six journalistes ». Il sera aussi ouvert aux amis de « Là-bas si j’y suis ». « Comme Mediapart a son Club, nous aurons nos RG, nos "Renseignements généreux" : les auditeurs auront leurs pages », une idée inspirée du « Répondeur » de l’émission radio, sur lequel des auditeurs informaient d’autres de débats, manifestations ou faisaient part de leurs coups de gueule ou coups de chapeau.

Daniel Mermet, qui prévoit un ancrage renforcé sur le terrain, «  pour, par exemple, diffuser l’émission à partir d’une usine occupée », compte sur le réseau des Repaires des Amis pour « relayer, organiser tout cela ». « Voir les gens en vrai, c’est un luxe formidable », résume l’homme de radio.

MH

Daniel Mermet, entouré de Gérard Tellier, membre des « Amis de Là-bas » et Philippe Allienne, administrateur du Club de la presse et animateur du débat

 

 

 

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