Pandémie : un premier bilan du traitement médiatique

, par communication@clubdelapressenpdc.fr

Selon l’historien Alexis Lévrier, la presse a globalement bien joué son rôle pédagogique et critique durant la pandémie.

Si la presse est économiquement fragilisée et la défiance toujours installée, les médias ont bien joué leur rôle de pédagogie pendant la pandémie, en expliquant d’emblée les gestes barrières, la gravité de la crise ou la nécessité du confinement. L’historien Alexis Lévrier estime ainsi que la presse a bien fait globalement son travail, « notamment cette presse locale qui a su reconstruire un lien avec son public en donnant des informations très pratiques ». 

« On a vu beaucoup d’avis de décès qui remplissaient les pages des journaux, notamment dans Grand Est. Or, les avis de décès sont une des fonctions anciennes de la presse, une fonction de proximité : dire la vie comme elle va avec ses naissances et ses mariages, ses morts, analyse-t-il à France Culture. On l’a vu aussi en Italie et on a assumé de donner toute la place nécessaire à cette rubrique "carnets", quitte à y consacrer parfois la moitié du journal. Et puis, il y a des informations pratiques, la liste des commerces ouverts. Certains, comme Le Parisien, ont donné des masques à leurs lecteurs au moment où il était si difficile d’en trouver, ils ont donné aussi des messages destinés aux soignants ».

De plus, l’historien souligne que la presse a aussi bien rempli son rôle critique, « c’est-à-dire qu’elle n’a pas succombé à cette tentation, au nom de l’unanimité et de l’union nationale, de relayer une parole officielle. Elle a joué son rôle critique sur la question des masques par exemple. Les propos d’Agnès Buzyn, mettant en cause le Premier ministre et le Président, ont aussi été relayés malgré les critiques qui ont visé l’autrice de l’article, Ariane Chemin. Certains pouvaient penser que ça n’était pas le moment mais ces journaux ont joué parfaitement leur rôle alors que dans des crises analogues ou en tout cas comparables dans les décennies précédentes - la Première Guerre mondiale, Tchernobyl, la première guerre du Golfe... - cela avait été absolument l’inverse. La presse avait suspendu cette fonction critique le temps de la crise ».

M.P


 

 

 

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