Photo : une manifestation contre des pratiques hors la loi

A l’appel de l’UPC, 200 photographes ont participé à une manifestation immobile, un « freeze », dans les allées du salon de la photo à Paris, ce dimanche 16 novembre. Leur objectif était de pointer les dérives et la précarisation que subit leur profession, notamment à cause des abus du « libre de droit » et de la mention « droits réservés ».

(photos : Renaud Wailliez)

Les visiteurs du salon de la photo, qui se tenait à Paris le dimanche 16 novembre, ont assisté à une scène étrange : deux cents photographes se sont immobilisés cinq minutes, comme figés sur une prise de vue, pour protester contre les abus auxquels doit faire face leur profession. Ils portaient des gilets de sécurité jaunes fluo sur lesquels étaient écrit « DR m’a tuer ». Cette manifestation originale avait lieu à l’appel de l’UPC (Union des Photographes Créateurs).

DR pour Droits Réservés, une mention que l’ont retrouve de plus en plus fréquemment en signature des photos. A l’origine, elle permettait à des organes de presse d’utiliser occasionnellement des illustrations dont l’auteur, après des recherches d’identité, restait inconnu tout en garantissant de le rémunérer s’il se manifestait. « C’est une signature que l’on voit de plus en plus dans l’ensemble des publications qui utilisent de la photographie avec des clichés provenant des mairies, des administrations, des services de presse des grandes entreprises, qui distribuent des photos pour leur propagande et sont signées DR » explique Pierre Clot, Vice-Président de l’UPC. Cette pratique était une tolérance mais elle est illégale au sens du Code de la propriété intellectuelle : l’auteur jouit d’un monopole d’exploitation sur ses oeuvres et la mention de son nom doit accompagner chaque utilisation qui en est faite.

D’autres problèmes étaient pointés par cette manifestation comme le « libre de droit », un autre usage qui, même si il se pratique couramment, reste illégal vis-à-vis du droit d’auteur français. Il permet, contre une somme souvent modique, d’acheter l’intégralité des droits d’utilisation d’une photo sans limite de temps : reproduction, modification, recadrage etc. Certaines agences photos et sites Internet dédiés (microstocks) cèdent l’ensemble des droits pour un euro, parfois moins.
D’autres pratiques sur Internet sont aussi pointées du doigt par l’UPC : l’utilisation des oeuvres sans l’accord de l’auteur (qui s’apparente à de la contrefaçon), l’omission des crédits photo, les offres amateurs qui ne respectent pas le cadre juridique, etc.

« Il y a une véritable crise de la photographie », poursuit Pierre Clot. « Il y a des groupes de magazines très spécialisés où il n’y a plus de budget photo : on a des iconographes en charge de trouver des documents photographiques auprès des offices du tourisme, de services de presse des grandes entreprises pour illustrer leur revue et ça ne leur coûte rien. C’est très dangereux car si les photographes n’ont plus de revenus, ils vont disparaître. »

SC

Voir le site internet de l’UPC


 

 

 

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