Presstalis placé en redressement judiciaire, ses filiales régionales liquidées

, par communication@clubdelapressenpdc.fr

Le tribunal de commerce de Paris a placé, le 15 mai, l’entreprise en redressement judiciaire avec poursuite d’activité. Cependant, ses filiales en régions qui emploient plus de 500 salariés seront liquidées. Les filiales de Presstalis devraient être cédées à la découpe, avec le risque de nombreux licenciements à la clé.

MAJ 3 :

Accablé de dettes, Presstalis, le premier distributeur de la presse française, traverse sa troisième crise majeure en dix ans. Le tribunal de commerce de Paris a placé, le 15 mai, l’entreprise en redressement judiciaire avec poursuite d’activité, liquidant cependant ses filiales en régions qui emploient plus de 500 salariés.

Après des semaines de discussions, les quotidiens et les magazines n’ont pas réussi à s’accorder sur une reprise commune de Presstalis. Finalement, les quotidiens ont décidé, seuls, de proposer un plan de sauvetage au tribunal de commerce. Emmenés par Louis Dreyfus, président de la Coopérative de distribution des quotidiens (CDQ) et du directoire du Monde, les quotidiens français, parmi lesquels Les Echos, Le Figaro et L’Equipe, ont proposé de reprendre 265 des 910 salariés que compte Presstalis.

Ventes à la découpe

La proposition des quotidiens « doit encore faire l’objet de discussions dans les prochains jours afin d’être complétée », précise Presstalis. Elle pourrait être « améliorée par la participation de certains éditeurs de magazines ».

« L’objectif est de bâtir une messagerie capable de répondre aux enjeux de la filière au cours des prochaines années et de préparer une refonte complète du système », indique Presstalis. Les filiales du distributeur devraient ainsi être cédées à la découpe, avec le risque de nombreux licenciements à la clé. L’idée serait de continuer à diminuer le nombre de dépôts sur le territoire et de réattribuer ces zones de distribution « à des dépositaires indépendants ou des nouveaux entrants », qui privilégieraient la reprise des anciens salariés.

De son coté, l’Etat encadre les discussions et porte à bout de bras le distributeur de presse. Un décret a officialisé un prêt de 35 millions d’euros supplémentaires, au titre du programme du Fonds de développement économique et social (FDES). Enfin, du côté des marchands de journaux, cette crise s’ajoute aux conséquences du mouvement des « gilets jaunes » et à un long confinement pour cause de coronavirus. « Nous avons besoin d’une solution rapide et pragmatique, qui permette un rétablissement normal de la distribution », a déclaré Daniel Panetto, en faisant appel « aux pouvoirs publics pour bénéficier d’un soutien fort, car les 22 000 marchands sont à nouveau menacés et poussés dans une situation précaire ».

MAJ 2 :

L’avenir de la presse papier se jouera en partie vendredi devant le tribunal de commerce de Paris, qui dira s’il accepte l’offre des quotidiens nationaux pour sauver de la liquidation le principal distributeur de presse français, Presstalis, qui s’est déclaré en cessation de paiement le 20 avril.

Ses actionnaires, les quotidiens et les magazines, se sont affrontés pendant plusieurs semaines autour de l’avenir du distributeur, sans trouver de compromis. Emmenés par Louis Dreyfus, président de la Coopérative de distribution des quotidiens et du directoire du Monde, les quotidiens français proposent concrètement de reprendre 265 des 910 salariés que compte Presstalis. Mais pas les équipes de la filiale SAD, qui distribuent les journaux hors de Paris.

Conséquence, les salariés de SAD ont bloqué des imprimeries empêchant la distribution des journaux sur une large partie du territoire. Les quotidiens nationaux et certains magazines n’ont pas été distribués ce mardi à Marseille ni à Lyon, mais ils étaient disponibles à Paris. "La lutte ne fait que commencer, on ne lâchera rien", a déclaré le Syndicat du Livre-CGT.

La direction de Presstalis soutient la proposition des quotidiens, qu’elle qualifie de "réaliste". Le Ciri (Comité interministériel de restructuration industrielle), qui encadrait les discussions, doit encore préciser dans quelle mesure il soutiendra le distributeur, qui traverse sa troisième crise majeure en moins de dix ans. "Une partie" de la presse magazine pourrait accompagner l’offre des quotidiens, a indiqué Frédérick Cassegrain, par ailleurs directeur des opérations de CMI France (Elle, Marianne...).

MAJ 1 :

L’audience au tribunal de commerce de Paris pour le distributeur Presstalis a été reportée au 12 mai, après le confinement. Principal distributeur de presse en France, Presstalis a déposé le bilan sur fond de désaccord persistant quant aux solutions de sauvetage entre ses grands actionnaires, les magazines et les quotidiens.

« Les discussions ont bien avancé, j’appelle les éditeurs à trouver avec Presstalis les dispositions qui permettront de bâtir un projet à la hauteur des attentes, a déclaré le ministre de la Culture Franck Riester. Il y a eu une cessation de paiement qui ne remet pas en cause la distribution de la presse à court terme, mais il y a urgence à inscrire la distribution de la presse dans un avenir, pour tous les acteurs de la chaîne de la presse. »

Des morts annoncés

Mais cette négociation reste compliquée du fait des disparités d’objectifs entre les quotidiens, les magazines, la CGT du Livre et l’Etat. « Presstalis doit 120 millions d’euros aux éditeurs de presse, pour beaucoup de titres, c’est la mort annoncée, la crise du Covid qui arrive en même temps accentue cette fragilité, a indiqué Frédérick Cassegrain, directeur de la publication de l’hebdomadaire Marianne et président de la coopérative de distribution des magazines. Je pense qu’on va avoir des dizaines et des dizaines de titres de presse qui vont devoir fermer du fait de l’incurie de Presstalis. »

De son côté, la coopérative des magazines et les MLP (Messageries lyonnaises de presse, concurrent de Presstalis), proposent une séparation des magazines et quotidiens, tandis que la direction de Presstalis défend le maintien d’une structure unique (qui continuerait à distribuer aussi bien les journaux quotidiens que la presse magazine), une option soutenue par les quotidiens.

Le distributeur de journaux Presstalis a déposé le bilan

Les magazines et les quotidiens, qui sont ses principaux actionnaires, n’arrivent pas à se mettre d’accord sur une solution de sauvetage de l’entreprise.

Le distributeur de journaux Presstalis a déposé le bilan alors que ses grands actionnaires, les magazines et les quotidiens, n’ont pas encore trouvé sur une solution de sauvetage. Presstalis, qui réunit 900 salariés, s’est déclaré en cessation de paiements auprès du tribunal de commerce de Paris. Mais les quotidiens comme les magazines pourront pour l’instant continuer à être acheminés sans interruption.

Il y a deux ans, Presstalis avait bénéficié d’un nouveau plan de sauvetage. Il doit aujourd’hui se restructurer. Deux plans s’affrontent : Presstalis défend avec les quotidiens le maintien d’une structure unique (qui continuerait à distribuer aussi bien les journaux quotidiens que la presse magazine), tandis que la coopérative des magazines et les MLP (Messageries lyonnaises de presse, concurrent de Presstalis), proposent une séparation des magazines et quotidiens.

Un schéma de financement

Les éditeurs de presse doivent se prononcer sur un schéma de financement qui leur éviterait les pertes liées au dépôt de bilan, évaluées autour de 120 millions d’euros au total. Le ministre de la Culture Franck Riester a précisé qu’il travaillait avec le ministre de l’Economie à un plan global pour la filière de la presse, qui prendrait en compte la question de Presstalis. Il a également assuré faire « tout pour qu’il n’y ait pas de rupture dans la distribution de la presse », s’engageant à verser aux marchands de journaux ce que leur devait Presstalis.

Les éditeurs doivent se prononcer sur un schéma de financement qui leur éviterait les pertes liées au dépôt de bilan, évaluées autour de 120 millions d’euros. La conciliatrice Hélène Bourbouloux a proposé que l’Etat finance une moitié de cette somme et en prête l’autre moitié aux éditeurs, en échange de leur investissement dans le futur système de distribution.

M.P


 

 

 

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