Soirée littéraire du Club de la Presse
L’aventure, le réel... et le suspense !

Jean-Louis Lafontaine, Marc Capelle et Donat Nobilé, journalistes, communicants, et adhérents du Club de la Presse, sont venus présenter leurs derniers ouvrages le lundi 24 février au Club de la Presse. Trois auteurs, trois expériences, trois genres... Mais une même passion de l’écriture.

Les trois auteurs invités ( Jean-Louis Lafontaine, Marc Capelle et Donat Nobilé) au coté d’Hervé Leroy, animateur de la soirée (photos Marc Dubois)
Jean-Louis Lafontaine

Jean-Louis Lafontaine ? Il se décrit comme « un onycophage et un placomusophobe invétéré ». Il cultive les mots rares pour titiller l’intérêt du lecteur. Ces mots retrouvés sont à l’image de son intrigue... Les sens du lecteur restent en éveil avec une pure fiction mêlée à de l’histoire réelle. On accoste sur une île imaginaire des Caraïbes. Un mythomane Inca raconte à un aventurier allemand que des villes mythiques existent, ce dernier partant vainement à leur recherche, ce qui causera sa perte. Cette liberté de ton est nécessaire pour un roman d’aventure fantastique. En guise de devise personnelle, Jean-Louis Lafontaine se réfère à cette citation de Dumas : « Avouez que j’ai violé l’Histoire mais je lui ai fait de beaux enfants. »

Le Bâton d’or est une suite indépendante de La Machine à rêves, livre initiatique pour la jeunesse. Dans le second ouvrage, on retrouve le personnage central, le jeune Walter, mais l’écrivain s’est accordé plus de liberté.

Le Bâton d’or appartient à la légende Inca. Il s’agit d’un mythe originel : Inti, le Dieu Soleil, a planté le bâton à l’endroit exact de la fondation de l’Empire. L’auteur s’accorde une grande souplesse dans la chronologie en jouant sur les époques : le prologue se passe en l’an 380, puis l’on bascule dans le présent. On y croise même Hitler et autres personnages historiques. Avec audace, l’auteur ne recule devant rien. Son roman d’aventures imaginaires n’a pas l’attention de délivrer quelconque message. Hormis peut être le fait qu’il faut relativiser l’Histoire car... « L’on peut toujours être le bourreau de quelqu’un ! »

Jean-Louis Lafontaine écrit au présent de narration. Le lecteur vit aux côtés des personnages. Ce style « croustillant » captive. Les images naissent comme dans un film d’animation. Il y a un véritable coté BD qui ressort de l’écriture. Jean-Louis Lafontaine s’amuse avec les mots. Le Bâton d’Or a été tiré à 1000 exemplaires pour son lancement aux éditions Airaim. Le roman s’adresse autant à de jeunes lecteurs exigeants qu’a des adultes ayant gardé leur âme d’aventurier.

Jours tranquilles à l’Est

Marc Capelle

Marc Capelle, journaliste, enseignant et consultant, fut directeur de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille. Jours tranquilles à l’Est est la chronique des années passées à Sarajevo ou à Bucarest. L’auteur tenait un journal de bord qui a fourni la matière de ce livre.

Le déclic date de 1999. Sur le mur de Berlin était tagué « Ostalgia ». Marc Capelle confie : «  Je préfère le grincement des vieux tramways poussifs au silence des trains à grande vitesse. » Le journaliste et écrivain a voulu témoigner de cette « Nostalgie de l’Est » que l’on retrouve dans les films comme Good Bye Lenin ! de Wolfgang Becker ou La vie des Autres de Florian Henckel von Donnersmarck. Sans porter de jugements de valeur, Marc Capelle fait le constat d’une époque. Il souligne la solidarité qui existait entre les gens, solidarité qui a laissé place aujourd’hui à l’individualisation.

Les chroniques de Marc Capelle sur « l’autre Europe » portent sur une période de 10 ans, entre 1989 et 2000. L’auteur récolte les témoignages. Il apporte un éclairage sur la vie, sur l’atmosphère d’une époque. Il évoque les hivers rudes de Bucarest. «  Les chasse-neige n’existaient pas. Les habitants se débrouillaient pour dégager les rues comme ils pouvaient, avec de simples pelles. » Etaient-ils plus malheureux qu’aujourd’hui ? Il y a une réelle difficulté des habitants de l’Est à s’adapter à ce que l’on présente comme le monde moderne.

Le cadre géographique ne se limite pas à l’ancienne Europe de l’Est. Dans ses bagages, le journaliste - formateur nous emmène jusqu’à Hanoï au Vietnam.
Marc Capelle décrit ces instants de parenthèses dans l’Histoire, ces moments quotidiens où tout se joue. L’incertitude, les lendemains incertains l’inspirent.

Il ne délivre pas de messages. Il écrit au ras du réel. Une manière de décrire l’humain dans sa vérité nue qui n’est pas sans faire penser à... Choses Vues de Victor Hugo.

Signes de Croix

Donat Nobilé

Un homme de chiffres qui se transforme en homme de lettres ? Donat Nobilé, consultant en management, communication et gestion, est fasciné par les polars et par leur construction. Deux solutions : ou l’assassin est dévoilé d’entrée de jeu et l’on opère un retour un arrière, ou le lecteur est emmené sur la piste d’un ou plusieurs suspects avant de découvrir le coupable. Initialement intitulé Kiosques, le titre de son premier roman – Signes de Croix - n’a nul rapport avec la religion. Juste un jeu de mots car l’action se déroule dans la ville de Croix où l’écrivain réside. Le choix du lieu n’est pas anodin. Donat Nobilé est fétichiste jusqu’au bout. Son ouvrage est découpé en 59 scènes, comme le chiffre du département du Nord. Le livre, le 150eme de la collection Polars en Nord, est paru à l’occasion des 150 ans d’existence de Ravet-Anceau.

« Tout est né d’une discussion avec un vendeur de journaux dans un kiosque » confie Donat Nobilé. Enigmatique, l’auteur n’en dit pas plus. L’histoire rebondit au fur et à mesure que l’on avance dans l’intrigue. Donat Nobilé a le souci du détail. Il s’est beaucoup documenté.

Episode amusant et cocasse : des habitants de Croix se sont reconnus dans certains traits de caractères des personnages, alors qu’il s’agit d’une pure fiction. L’intrigue aurait très bien pu se dérouler dans une autre ville, même si l’auteur concède s’être inspiré de certains personnages réels comme l’assistante du maire, ou du dépositaire de journaux qu’il observait dans la vie quotidienne.

D’une nature curieuse, Donat Nobilé aime découvrir le patrimoine de la région et les habitants des villes qu’il visite. Cela l’inspire pour planter un décor, une atmosphère. Il évoque, non sans un trait d’humour, le drame des quadra dans les années 80 qui ont du apprendre à se débrouiller, suite à la disparition des secrétaires dactylo- sténographes en conséquence de la numérisation. Avoir une secrétaire était comme un passage obligé dans l’élévation sociale d’un chef d’entreprise. Les qualités rédactionnelles de cette dernière étaient louées.

Donat Nobilé pimente son thriller par des moments de vie, des moments de vécu, des regards portés sur le monde et la société... De véritables tableaux brossés que l’on lit avec plaisir.

Astrid BELL

- Le Bâton d’Or. Jean-Louis Lafontaine. Airaim éditions. 13,90 euros.
- Jours tranquilles à l’Est. Marc Capelle. Préface : Enki Bilal. Riveneuve éditions. 15 euros.
- Signes de Croix. Donat Nobilé. Ravet-Anceau. 10 euros.


 

 

 

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