Toxic Playground évoque le parcours puis les conséquences du transfert de déchets toxiques de Suède au Chili dans les années 1980, sous la dictature d’Augusto Pinochet. Il a reçu également les prix Jeunes et ESJ-Lille (1).
Le prix spécial du Jury est allé au film de Jean-Charles Deniau, Scientologie, la vérité sur un mensonge, une enquête sur le mouvement fondé en 1950 aux Etats-Unis par Ron Hubbard. Tandis que Françafrique : l’argent-roi, de Patrick Benquet, obtenait la mention spéciale du jury.
Celui de la catégorie Autrement vu a été décerné à Victime d’un pédophile, le combat d’une vie, documentaire de Vincent Kelner, Julien Mignot et Emmanuel Amara.
The dancing boys of Afghanistan, de Jamie Doran et Najibullah Quraischi, a reçu le prix Olivier Quemener/RSF, tandis que Sophie Le Gall était distinguée par le prix d l’Investigation pour son documentaire Du poison dans l’eau du robinet.
Tous ensemble, d’Eric Guéret et Emmanuelle Collinat, consacré au rôle des syndicats face aux fermetures d’usines et aux licenciements chez GoodYear, Molex et Total, emporte le prix de l’Image.
Ce Festival constitue une impressionnante ouverture sur les réalités de ce monde. Certains films présentés, tel « Notre poison quotidien » de Marie-Monique Robin, ont déjà été diffusés sur des chaînes françaises. Dans les mois à venir, les téléspectateurs pourront en découvrir d’autres tel Planète à vendre, d’Alexis Marant, Les derniers jours de l’URSS, de Jean-Charles Deniau, Abdelkrim et la guerre du Rif, de Daniel Cling, ou Bumidon, ces Français venus d’outre-mer, de Jackie Bastide.
Un débat sur les rapports pouvoirs/journalistes
Enfin, le débat "Pouvoirs et journalistes : Quelles connivences ?", a permis de faire entendre quelques vérités, de la part de Bruno Masure par exemple, assez mordant, certains souvenirs édifiants et savoureux de Pierre Bouteiller, ancien de France Inter, de Philippe Rheinart, réalisateur, avec l’apport de Christian Delporte, historien des médias à l’Université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines. Thomas Legrand, journaliste politique, a témoigné de son vécu à France Inter aujourd’hui et d’un service public qui a évolué vers plus d’indépendance selon lui, en dépit de la nomination de la direction par le président de la République… et des humoristes virés. Peter Avis, journaliste britannique, a témoigné de comportements différents de la part de ses confrères, plus incisifs vis-à-vis des dirigeants du pays mais eux aussi confrontés aux économies budgétaires, au poids de l’argent et à la voracité d’un certain Murdoch. Annoncé, Pierre Carle, journaliste et réalisateur était absent…
Cette mise sur la place publique des rapports entre journalisme et pouvoir, limitée à une heure trente, aurait mérité un partage plus approfondi avec le public par exemple. Peut on imaginer pareil débat avec des journalistes du « privé », absents de la tribune ? Par ailleurs, à quels « pouvoirs » obéit un traitement de l’actualité qui étouffe littéralement tout débat de fond à coup de sondages anticipant sur l’élection présidentielle, un suivisme (même en les critiquant) dans certaines communications gouvernementales à l’opposé des attentes des Français ? Enfin, comme l’a fait remarquer une dame dans le public, aucune représentante du sexe féminin n’était présente à la tribune.
M.D.
(1) Les prix Jeunes et ESJ étaient décernés par deux jurys composés de dix lycéens et apprentis de la région pour le premier, des étudiants de l’Ecole supérieure de journalisme pour le second. La rédaction du journal du Festival, Figr’actu, était assurée par une équipe d’étudiants de l’ESJ également..






































































