« Noyés de la Deûle, La contre-enquête » par Gilles Durand

Un regard neuf sur l’affaire, un trait plein d’humanité

On oublie trop souvent l’illustrateur. Dans l’ouvrage « Noyés de la Deûle, la contre-enquête », il s’agit du dessinateur et auteur lillois, Frédéric Logez. C’est lui qui donne un visage, une présence à John Williams Ani, Thomas Ducroo, John-Mériadec Le Tarnec, Lloyd Andrieu ou Hervé Rybarczyk. Tous disparus alors qu’ils étaient dans la pleine expression de leur vie.

Il y a beaucoup de tendresse et d’humanité dans le trait de Frédéric Logez. Les bouts de vie et de paysage qu’il croque, rythment l’ouvrage, renforcent la proximité du lecteur avec les victimes et les lieux.

C’est ici, dans un espace de la ville où le tout monde court, respire, vit et se balade, que se passèrent les drames. Et cela explique sans doute le traumatisme, et... la rumeur, notamment celle du « pousseur ».

A l’époque, entre 2010 et 2011, le journaliste Gilles Durand n’avait pas couvert cette série de noyades suspectes dans la Deûle. Il n’a pas eu non plus accès à toutes les sources. Le procureur de la République de Lille, Frédéric Fèvre, qui s’exprime pourtant dans un numéro spécial de La Voix du Nord , n’a pas répondu à ses demandes d’entretien.

Alors, face à ce qu’il qualifie de monde du silence, Gilles Durand confie : « Il a fallu aussi regarder par le trou de la serrure. » Parfois, comme lorsqu’il évoque cet officier de police judiciaire, soumis au droit de réserve, et croisé « lors d’une soirée entre amis », on n’est pas obligé de suivre l’œil du journaliste.

Mais pour l’essentiel, en confrontant les points de vue des familles, des proches des victimes, des enquêteurs, des avocats, des sociologues et des médecins, Gille Durand réussit une contre-enquête qui, à défaut de révélations fracassantes, éclairent certaines zones d’ombre, et posent de vraies questions.

C’est le regard neuf qu’il porte sur l’affaire : le journaliste étend sa contre-enquête à des cas similaires de noyades qui se passèrent à Bordeaux, et surtout analyse avec justesse et profondeur les mécanismes de la rumeur. Tout en notant qu’une rumeur n’est pas forcément fausse, comme dans l’affaire des disparus de Mourmelon.

Pour Gilles Durand, la disparition qui pose le plus de questions est sans doute celle de Lloyd Andrieu dans la nuit du 22 au 23 septembre 2011. Le téléphone de la victime a continué à fonctionner quelque temps après la découverte du corps. Et les circonstances de la chute ne sont pas éclaircies. « Lloyd Andrieu était mort avant de couler comme l’autopsie l’a démontré » écrit le journaliste.

En recoupant les faits, en confrontant les témoignages, Gilles Durand mène au final une enquête sérieuse et documentée.

Comme le pense Guy Sapata, ancien patron du SRPJ de Lille, l’affaire des noyés de la Deûle, au moins, aura permis une prise de conscience des jeunes et des étudiants face aux dangers de l’alcoolisation massive.

Hervé LEROY

- Rencontre avec Gilles Durand, journaliste à 20 minutes et auteur de Noyés de la Deûle- La contre-enquête aux éditions Les Lumières de Lille.
Rendez-vous le lundi 21 septembre à 17h30 à l’espace Rencontres « Paul Callens » du Furet du Nord de Lille.
La rencontre sera animée par Frédéric Launay. Ouvert à tous.


 

 
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