« Elle est partie sereinement, comme soulagée », rapporte Grégory Fauquez, le rédacteur en chef de l’Echo de la Lys, l’un des titres auxquels elle avait collaboré. Pendant de nombreuses années, Laurence Verley a été administratrice du Club de la presse et siégeait dans le collège des communicants. Lorsqu’elle a rejoint l’association, au milieu des années 90, elle avait en effet embrassé une nouvelle carrière dans la communication en intégrant le service de communication interne du Crédit Mutuel du Nord, à Lille. Elle a ensuite créé, avec son mari, la société de communication Com’Scrib dont elle était directrice associée. Très investie dans son métier, elle ne l’était pas moins au sein du Club de la presse. Elle y avait par exemple pris en charge, dans le cadre de son bénévolat, la rubrique « Coin Com » de « La Lettre ». Elle a aussi apporté une aide précieuse pour la réalisation de cette publication. Bien plus tard, en 2005, elle a été permanente de l’association, le temps d’un remplacement professionnel à la tête de l’équipe.
Mais son métier de base était le journalisme qu’elle a commencé à exercer à la fin de la décennie 70. Elle a débuté sa carrière à La Voix du Nord. Lorsqu’elle a obtenu sa carte professionnelle, elle avait 19 ans. « J’ai été la plus jeune journaliste de France ! » dira-t-elle plus tard avec fierté et humour. Après sa parenthèse dans les métiers de la communication, Laurence a traversé une période difficile et a voulu revenir au journalisme. Elle l’a fait, avec talent et humilité en collaborant en tant que correspondante locale de presse, notamment pour la Voix du Nord de Béthune-Bruay et l’Echo de la Lys.
Humilité, humour et optimisme, les mots ne sont pas trop forts pour évoquer sa personnalité. Dans un forum internet consacré au statut de correspondant local de presse (CLP), elle écrivait ainsi : « pour ne pas sombrer dans la déprime du chômage et du divorce, je suis devenue CLP de mon ancien journal (La Voix du Nord). Avec toutes les satisfactions de 3 éditions locales et des équipes rédactionnelles. Et pour cause : toujours appelée à la dernière minute pour assurer à la place d’un(e) journaliste fatigué(e). » Incrédule, elle « hallucinait » sur les conditions de travail et les conditions financières qu’imposaient certains titres spécialisés et encourageait les CLP à créer une association tout en leur souhaitant de « bons chrysanthèmes ». Son billet avait été écrit en novembre 2008. Son optimisme réaliste teinté de drôlerie tranchait avec les messages souvent désespérés de ses collègues anonymes. Comme une envie d’espérer qu’elle aurait voulu transmettre à toutes celles et tous ceux qui étaient dans son cas.
Dernièrement, elle avait rebondi professionnellement en créant une micro société pour travailler avec un statut de rédactrice indépendante. Les jours sombres semblaient derrière. Elle est partie en chantant.
Salut Laurence. Toutes nos pensées vont à toi, à ton fils Vianney et à tous tes proches.
Philippe Allienne






































































