Otages : Ne pas parler, c’est dangereux aussi pour les autres

Ce lundi soir, une soirée spéciale « Retours de Syrie » est organisée à la Maison de Radio France, à Paris, par le comité de soutien aux journalistes français retenus en otage depuis sept mois. Sa présidente, Florence Aubenas, rappelle, une fois encore, l’importance de parler. Pour eux et pour les autres.

Florence Aubenas au Press Club de Paris juste aprés sa libération en 2005 (photo Gérard Rouy)

La dernière preuve de vie des otages français Dominique François, Édouard Elias, Pierre Torres et Nicolas Hénin date du mois d’octobre. Le comité de soutien n’est pas près de relâcher la pression et encourage à parler des otages, à exiger leur libération et à parler de la situation en Syrie. Le père de Nicolas Hénin craint un « sentiment de saturation » autour de cette question. On parle beaucoup des otages, disait-il ce lundi matin (6 janvier) au « 13 h » de France Inter, et les libérations intervenues l’an dernier pourraient donner l’impression que, finalement, tout cela « finira par s’arranger ».

Egalement interrogée par France Inter, la journaliste grand reporter du journal « Le Monde », présidente du comité de soutien aux quatre journalistes français, a rappelé une fois encore qu’il est essentiel de parler des otages. Elle souligne d’ailleurs l’attitude « très particulière », qu’elle qualifie de « très glorieuse » de l’opinion française sur la défense des droits de l’homme et de la liberté de la presse. « Les gens veulent savoir », observe l’ex-otage en Irak.

20 otages

Mais elle poursuit en rappelant que vingt journalistes occidentaux (sept nationalités) sont actuellement otages, en Syrie. « Il faut le dire très fort car [cette situation] est très dangereuse pour les suivants. De nombreux journalistes veulent y aller. (…) Notre métier est d’y aller et non de dire [aux Syriens] : Continuez à vous battre, nous irons après ! Il faut dire au contraire ce qu’il se passe dans ce pays ». Il y a pour elle une « vraie logique à trouver » entre tous les médias occidentaux pour communiquer sur ces otages et pour réfléchir à la manière d’aller en Syrie et d’informer.

Sur le premier point, la journaliste estime que les choses commencent à bouger. Elle en veut pour preuve un pays comme l’Espagne qui « avait l’habitude de ne pas s’exprimer sur les otages mais qui commence à dire ». Sur le second point, elle souligne la complexification du conflit syrien. Au début, explique-t-elle, « c’était facile : il y avait les forces gouvernementales contre les rebelles ». Lorsqu’elle est allée pour la première fois en reportage sur ce conflit, à l’été 2012, une partie d’Alep venait de tomber aux mains des rebelles. « Notre présence était alors synonyme de liberté. Nous [les journalistes] étions invités partout. Six mois plus tard, à Noël 2012, à chaque fois que l’on réalisait une interview, cela commençait, de la part de nos interlocuteurs, par des reproches. ‘Vous, les occidentaux, vous nous avez laissé tomber’, entendions-nous ».

Une situation complexifiée
Qui sont les membres de l’Armée syrienne libre (ASL) ? Qui est djihadiste, qui est mafieux ? Des journalistes, comme Gilles Jacquet, ont été tués dans des «  conditions mystérieuses ». Il est désormais difficile de savoir à qui l’on a affaire. Les contacts que connaissait Florence Aubenas en 2012, et ceux que connaissaient les journalistes français actuellement otages, sont aujourd’hui soupçonnés d’être complices des enlèvements. Rien n’est sûr, mais cette seule suspicion, analyse Florence Aubenas, montre que «  la guerre fait partie de chacun des Syriens, et qu’elle est intégrée par chacun d’entre eux ».

Raison de plus pour essayer de comprendre et ne pas lâcher prise non seulement sur le sort des otages, mais aussi sur la nécessité de continuer à y aller. Même si les visas sont distribués au compte-goutte. Ce lundi 6 janvier, à la Maison de Radio France, quatre ex-otages en Syrie (un Italien, un Polonais, un Belge et un Franco-américain) devaient témoigner et amener des questions sur comment aller en Syrie, comment y travailler, comment réagissent les rédactions.

Philippe Allienne

Un lacher de ballons était organisé à Lille le 6 décembre, pour les 6 mois de captivité des journalistes otages en Syrie

 

 

 

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