Pourquoi donc se triturer les méninges quand l’information est livrée sous forme de prêt-à-recopier ? La première chaîne de télévision, par l’intermédiaire de ses correspondants Sébastien Hembert et Tanguy Joire, a repris le sujet dans sa quasi-intégralité, certes avec un peu moins d’exemples mais en tout cas avec le même esprit (voir le reportage diffusé). Et sans bien sûr ne serait-ce que citer ou contacter Dailynord... dont un des moyens de subsistance est bien évidemment la revente de contenus !
Pas plus tard que mercredi, c’est au tour de Libération de titrer "Des automates farcis de produits incongrus". On y retrouve le fameux distributeur de Maroilles que la France nous envie ou le Distripizza, installé notamment à Cambrai. Là, le journaliste Edouard Launet aura au moins fait l’effort de faire un tour d’horizon des distributeurs atypiques en France. On n’enquêtera pas pour savoir qui a copié l’autre. On n’en dira pas plus sur le statut des journalistes-pigistes, toujours obligés de donner le meilleur d’eux-mêmes et d’avoir les meilleurs idées que personne n’a jamais traitées pour une soixantaine d’euros du feuillet, congés payés compris. Mais la question de fond est : la plupart des journalistes ont-ils aussi peu d’idée que ça pour piller sans vergogne ce qui se fait ailleurs ? Qui criera au loup quand tous les titres se ressembleront ? Les lecteurs, téléspectateurs et auditeurs sont-ils restés dupes jusqu’à présent ? Pour l’impertinent DailyNord qui met un point d’honneur à proposer une information décalée, ce n’est pas la première fois que ce genre de "copillage" arrive. Peut-on espérer que cette fois ce soit le dernier ?
Gaëtane Deljurie
Une réaction de Sébastien Hembert« Suite à l’édito du 22 Février publié sur ce site, je veux exprimer ma surprise et mon mécontentement d’avoir été insulté et accusé de pillage médiatique…..Ah ! les grands mots !!! pour un reportage diffusé sur TF1 dans le JT de 20h et qui traite des distributeurs automatiques farfelus que l’on trouve aux quatre coins de notre belle région. C’est étonnant que le club de la presse n’ait pas d’autres sujets à nous proposer à l’heure où notre profession traverse un moment délicat quand il nous faut appréhender ce nouveau monde qu’est le 2.0. Mais revenons à nos moutons ou plutôt à nos distributeurs. Gaëtane Deljurie m’accuse ainsi que le JRI avec lequel je travaille de « pillage médiatique » parce que le site d’information Daylinord a publié un article traitant du même sujet quelques jours auparavant. La démocratie est ainsi faite que chacun peut commenter et critiquer le travail de l’autre et c’est tant mieux sauf lorsque l’on accuse quelqu’un de pratiques douteuses sans avoir la certitude de ce que l’on dit. Gaëtane Deljurie fait 2 erreurs majeures qui me poussent à lui répondre. La première, elle oublie de me téléphoner pour avoir mon sentiment et connaître les conditions de réalisation de ce reportage. Elle ignore que j’ai déjà traité de ce sujet a 2 reprises en 2009 et 2010. C’est tout de même le B.A BA de notre métier que de vérifier ce genre d’information. Mais il y a plus grave. Gaëtane Deljurie ne précise pas dans son édito que les journalistes de Dailynord ont écrit leur article sans jamais téléphoner aux commerçants concernés et sans jamais se rendre sur place pour vérifier leurs informations. Alors qui pille qui ? Les journalistes de Daylinord ont tout simplement pratiqué le journalisme bourgeois de bureau qui consiste à compiler les informations des autres et notamment des journalistes de la Voix du Nord. Plusieurs articles ont été publiés par le journal avant l’article de Daylinord. On peut donner des leçons de journalisme mais il faut être irréprochable pour ça. » Sébastien Hembert ndlr :« Dont acte. Dommage que ce texte ne reflète absolument pas le contenu de notre dernier échange téléphonique... C’est moi-même qui vous ai proposé de réagir. Pourquoi ne pas reprendre les arguments que vous m’aviez opposés ? Que les angles "n’appartiennent à personne" ? Que, de toute façon, les "pigistes de DailyNord ont été payés" (ce qui prouve que vous ne vous êtes pas intéressé à leur page "Qui sommes-nous") ? Que vous êtes légitime sur le sujet puisque vous aviez "déjà parlé du distributeur de Maroilles" (qui est quand même techniquement parlant complètement différent de l’angle du top des distributeurs les plus farfelus, admettez-le )... Qu’on remette en cause mon professionnalisme, qu’on pointe du doigt mes soi-disant erreurs (je pensais qu’un édito était un point de vue, pas une enquête) : passons. Mais qu’on remette en cause le contenu même de DailyNord, avec des mots comme "journalisme bourgeois", c’est quand même fort de café. Monsieur Hembert, les avez-vous seulement contactés ? Certes, j’avoue. Nous n’avons peut-être pas la même conception du métier. Vous êtes certainement la victime d’une malencontreuse coïncidence. TF1 trinque au final pour tous les autres. En tout cas, vos attaques (ou votre défense, je ne sais plus) ne répondent absolument pas à la question de fond. Jusqu’à quand le copillage et l’uniformité de ton ruineront notre profession, aux yeux des lecteurs comme des téléspectateurs, des auditeurs ou des internautes ? » G.D |






































































