Autrement dit a changé pour ne pas disparaître.

, par communication@clubdelapressenpdc.fr

Le 16 novembre, le bi-mensuel Euro-régional Autrement Dit publiait son n°1058. Le chiffre impressionne, mais comment se porte le titre ? Invité du Club de la presse, Jean-Claude Branquart , directeur et rédacteur en chef, a partagé un constat sans appel « j’ai été obligé de me remettre en cause. C’était ça ou mourir », comprendre qu’une remise en question a été nécessaire pour assurer la survie du titre lancé en 1993.

Jean-Claude Branquart, directeur et rédacteur en chef d’Autrement Dit, Directeur de la publication de Sortir

Autrement dit à compté jusqu’à 8500 abonnés et 5000 ventes au numéro, une diffusion qui permettait d’accéder au marché lucratif des annonces légales, une spécificité française, « dernière ressource sur laquelle la presse peut s’appuyer ». Une équation payante qui fait dire au journaliste qu’à l’époque, Autrement Dit était « le journal le plus rentable de France ». De quoi attirer le Groupe La Voix du Nord qui aurait souhaité prendre une participation à hauteur de 40 % du journal, mais Jean-Claude Branquart a choisi de rester indépendant.
Quand la manne des annonces légales s’est tarie, avec en parallèle une baisse des abonnements et des ventes ressentie par tout le secteur, l’équilibre financier s’est rompu forçant le dirigeant à définir un nouveau modèle économique, « l’indépendance à un coût ».

Le titre a malgré tout surmonté ces difficultés. Le rédacteur en chef garde la conviction qu’« il y a une place pour la presse écrite si on a un contenu original, si on travaille le sens, le fond et que l’on sort des petites phrases et des réactions... Le vrai problème de la presse, c’est de retenir l’attention avec quelque chose de différent des réseaux sociaux et d’avoir un modèle économique viable ». Dans les faits, Autrement Dit s’est réinventé en choisissant de se focaliser sur des sujets de fonds retenus par la rédaction, plutôt que de se laisser dicter ses choix par l’actualité « chaude ». On retrouve donc dans les pages du journal : des entretiens longs, des enquêtes (pertinence du pôle robotique développé à Saint-Quentin, Rev3 - et après ?, devenir des pôles de compétitivité…), une rubrique innovation, des chroniques régulières (Thaddée Segard, Jean-Marie Toulisse, Francis Calcoen, Charles Gachelin) et l’édito du rédacteur en chef. En parallèle, le rythme de parution est passé d’hebdomadaire à bi-mensuel et le contenu a été resserré à 16 pages. Coté publicité, plutôt que de multiplier les encarts, on retrouve une unique insertion en pleine page sur la dernière de couverture.

Et le web ? À l’inverse de la tendance générale, Autrement dit s’en est retiré il y à quatre ans, considérant que l’investissement en temps était trop grand vu la taille de l’équipe de rédaction. « On regarde trop ce que font les autres, cela bride l’originalité » conclu Jean-Claude Branquart. En résumé, Autrement dit est toujours là, porté en partie par l’importance qu’accorde son fondateur à la liberté de parole, quitte à y laisser des plumes. « Ça a été compliqué, Citizen Kane ce n’est pas qu’aux Etats-Unis ! Sur l’éthique et le pluralisme, il y aurait beaucoup de choses à dire ».

Sortir développe son réseau

Jean-Claude Branquart était également l’invité du Club avec sa casquette de directeur des publications du gratuit Sortir. Repris en janvier 2003 à l’imprimerie Mordacque, l’hebdomadaire gratuit a connu une belle progression avec l’ambition de promouvoir la culture à tous les niveaux. Partant de l’édition de Lille, le réseau s’est étendu à Marseille, Toulouse, Nantes, Montpellier et toute la Wallonie pour un tirage total de 250 000 ex. Contrairement à Autrement Dit, Sortir a beaucoup misé sur sa présence en ligne où les possibilités d’étoffer un agenda culturel sont décuplées. « Il y a eu un gros investissement pour agréger les contenus » explique-t-il. Le site est donc enrichi par l’équipe de rédaction, mais aussi par les organisateurs qui peuvent eux-mêmes mettre en ligne des événements. La dernière grande évolution a été l’intégration des 32000 spectacles par an de la billetterie FNAC. Prochaine étape ? L’ajout d’un service de baby-sitting pour apporter un service encore plus complet

Aujourd’hui Sortir enregistre 1.9 millions de visiteurs mensuels, dont 500 000 pour les Hauts-de-France. Ses revenus viennent exclusivement de la publicité, sur le papier et en ligne. Le futur sera fait d’adaptation, pour rester le plus proche possible des besoins des internautes. Un défi pour Jean-Claude Branquart qui estime la « période riche et compliquée », une « école de l’humilité » pour une « génération de sachants », dans laquelle il s’inclut, « qui doit se remettre en cause ».

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